Direction générale de la santé (DGS)

Réorganisation SSP – DGS

Dès le 1er janvier, le Service de la santé publique (SSP) est devenu la Direction générale de la santé (DGS). Celle-ci est organisée en trois Directions, un Office et un Centre : 

  • La Direction finances et affaires juridiques (DFAJ) assure toutes les adaptations nécessaires dans les domaines financiers et juridiques pour permettre le déploiement des politiques de santé publique. Elle conceptualise et initie les nouveaux modèles d’allocation de ressources pour gagner en efficience et développe les incitatifs qui permettent la transformation du système de santé.
  • La Direction santé communautaire (DSC) est en charge de repenser la prévention, les soins et l’accès aux soins dans la communauté. Ce domaine est essentiel et doit être renforcé pour permettre à la population de rester dans le meilleur état de santé possible et limiter une dégradation qui contraint au recours aux urgences, à l’hospitalisation ou à l’institutionnalisation. La DSC doit pour cela créer de nouveaux modèles de coordination des soins et d’implication des acteurs indépendants, hors institution.
  • La Direction hôpitaux et préhospitalier (DHP) est en charge de revoir la planification hospitalière dans le but de mettre en œuvre un véritable pilotage du secteur stationnaire et une anticipation des besoins. Cette planification complexe doit se faire en tenant compte des besoins futurs de la population, des avancées technologiques attendues et souhaitées dans le domaine biomédical et de l’expertise qui permettra davantage de prise en charge à domicile. Cette direction accompagne la mutation importante attendue tout en garantissant la disponibilité des ressources et la qualité des soins.
  • L’Office du Médecin cantonal (OMC) est organisé en deux domaines d’activité :
    • Un domaine de protection, avec en particulier une expertise sur l’analyse et la gestion des risques (crises sanitaires, épidémies), ainsi que la protection de populations vulnérables. Des enjeux majeurs de santé publique en termes d’éthique, de respect du droit  des patients et de l’autonomie sont concernés.
    • Un domaine de prestations avec la gestion des autorisations de pratiquer et d’exploiter, ainsi que la gestion des plaintes, du Conseil de santé et des activités de contrôle et d’audit en lien avec la sécurité de la prise en charge.

De plus, le Médecin cantonal œuvre au sein de la DGS comme autorité médicale et traite différents dossiers à la demande de la Cheffe de département ou du Conseil d’Etat. Il veille au respect des valeurs fondamentales individuelles et collectives et à garantir un système de santé protecteur envers l’individu et la société.

  • Le Centre qualité et systèmes (CQS) permet de déployer la stratégie qualité, construire toute l’urbanisation du système d’information dans le domaine de la santé et optimiser les capacités d’analyse et de monitoring en santé publique.

La création de la Direction générale de la santé constitue un repositionnement du Service de la santé publique vers une autorité forte, à même de conduire une nécessaire transformation du système de santé. La nouvelle direction, avec un axe stratégique renforcé, est dotée de compétences expertes étendues afin d’augmenter la capacité de réponse de l’Etat aux défis majeurs de santé publique.

En effet, le vieillissement démographique et les changements épidémiologiques attendus mettront largement sous tension le système de santé. En 2030, un vaudois sur cinq sera âgé de plus de 65 ans. D’ici 2040, le nombre de personnes âgées de 80 ans et plus devrait doubler, ce qui portera leur nombre dans le canton de Vaud de 35'000 à 72'000. Selon des projections démographiques de Statistiques Vaud, cela signifie qu’ il faudrait,  d’ici 2040, construire entre 3'500 et 4'600 lits de long séjour (en plus des 6'000 lits actuellement disponibles), augmenter de 2'100 unités les lits d’hôpitaux pour les plus de 65 ans (c’est-à-dire doubler le parc hospitalier) et augmenter de 76 % le volume des prestations d’aide et de soins à domicile (qui passerait de 12'500 à 22'000 clients/mois).

La création de la DGS est une mesure forte du Canton face à ces enjeux. Dans son plan de législature, le Conseil d’Etat a identifié, pour le système de santé, l’objectif principal suivant : «  préparer le système de soin au vieillissement de la population, tout en contenant l’évolution des coûts de la santé ». Les actions majeures qui en découlent sont déclinées dans le Rapport sur la Politique de santé publique 2018-2022 (PDF, 526 Ko).

Entrée en service de l’Hôpital Riviera Chablais (HRC)

Le projet de l’Hôpital Riviera Chablais (HRC), débuté il y a près de 20 ans, a abouti avec l’inauguration du nouvel hôpital intercantonal à Rennaz en août 2019, suivi du déménagement qui a représenté une prouesse logistique. La mise en service de ce nouvel établissement, en novembre, marque une étape essentielle dans le processus intercantonal de fusion et de concentration de cinq sites hospitaliers de soins aigus sur un seul site. Le nouvel HRC met au service de la population de la Riviera et du Chablais un outil performant et moderne, gage d’un gain pour la qualité de la prise en charge.

La dimension intercantonale est l’une des réussites du projet qui incarne la volonté de deux régions de travailler ensemble à la construction d’un hôpital moderne.

Le HRC, en quelques chiffres: 67'000 m2 de plancher, un bâtiment de 215 mètres de long et de 115 mètres de large, 500 km de câbles électriques et 2600 portes. Sa capacité peut monter jusqu’à 350 lits et places de traitement ambulatoires. Il contient un bloc opératoire de 10 salles d’opération, 6 salles d’accouchement et permet à plus de 1’500 collaborateurs professionnels de la santé d’exercer leur profession dans un environnement performant et moderne.

Pour compléter l’offre au public de la région, la nouvelle infrastructure sera complétée par deux cliniques de gériatrie et réadaptation à Vevey (site du Samaritain) et Monthey, dont la rénovation débutera en 2020. Ces cliniques disposeront chacune d’une capacité de 75 lits de gériatrie et réadaptation, de permanences médicales et d’une offre de consultations.

Création d’Unisanté

Depuis le 1er janvier, le projet " Alliance santé " a débouché sur la création d'Unisanté, Centre universitaire de médecine générale et santé publique. Ce nouveau centre permet à la Direction générale de la santé de renforcer le pilotage de la politique de santé publique. Unisanté compte 800 collaborateurs et collaboratrices et regroupe la PMU, l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), l'Institut romand de santé au travail (IST), Promotion santé Vaud (ProSV), le Programme cantonal diabète (PDC) et, depuis fin 2019, la Fondation vaudoise pour le dépistage du cancer (FVDC). Cet aboutissement est le résultat d'une collaboration de la Direction générale de la santé (DGS) avec le CHUV, la Policlinique médicale universitaire (PMU) et la faculté de biologie et médecine de l'Université de Lausanne. 

La création d’Unisanté participe au même constat qui a présidé à la réorganisation de la DGS : la nécessité d’utiliser de manière efficiente les ressources publiques pour maintenir la population en santé, développer les possibilités thérapeutiques et maîtriser dans le même temps les coûts du système de santé. Le concept de Centre universitaire de médecine générale et santé publique est novateur et unique en Suisse. 

Les défis que doit relever Unisanté sont nombreux et dans quatre domaines principaux. Le premier est la promotion de la santé et la prévention. Il s’agit de développer de nouveaux programmes proches des citoyens et de leurs préoccupations. Il s’agit également de renforcer l’analyse des liens entre l’environnement (physique, chimique, travail, etc.) et la santé. Le second est le renfort de la première ligne de soins et le développement des compétences des professionnels dans le domaine de la santé communautaire. Le troisième concerne l’accès aux soins et les réponses à donner aux besoins de santé de populations plus vulnérables. Enfin, le quatrième domaine concerne le développement des capacités d’analyse, de pilotage et de financement du système de santé. Ce centre a  par ailleurs une mission essentielle en termes d’enseignement et de recherche dans les domaines définis.

Revalorisation des salaires du secteur parapublic de la santé

En mai, le Conseil d’Etat s’est engagé à contribuer à hauteur de 13 millions à la revalorisation salariale des professionnels du secteur parapublic de la santé. Cette décision faisait suite aux discussions entamées depuis plusieurs années au sein de la Commission professionnelle paritaire (CPP) pour une revalorisation de ces professions, majoritairement féminines, et indispensables au système de soins et à l’accompagnement. Suite aux différents échanges menés entre les partenaires de la CCT San, avec l’accompagnement du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), un nouvel accord entre partenaires sociaux a été conclu en novembre permettant au secteur sanitaire parapublic de basculer de la grille salariale CCT San actuellement en vigueur à celle de la CCT HRC, plus favorable aux salariés. Cette revalorisation concernera l’ensemble des fonctions et sera mise en œuvre dès 2020 pour le secteur des EMS, des centres médico-sociaux (CMS) et des hôpitaux de la FHV grâce aux contributions de l’Etat et des institutions concernées.

Développement des Pôles santé pour les régions excentrées

Le DSAS a poursuivi un projet de Pôles Santé pour les régions excentrées. L’objectif est de créer des institutions qui contribuent au maintien de la santé de la population et garantissent des prestations de soins de proximité dans des régions excentrées dont le bassin de population est inférieur à 10'000 habitants. Trois projets sont en cours de réalisation. Le premier veut répondre aux besoins du Pays d’Enhaut, le second à ceux de la Vallée de Joux et le troisième est situé au Balcon du Jura.

Ces nouveaux dispositifs, dont la DGS suit le développement, visent à répondre aux besoins de la population locale  et entraînent la fusion entre l’hôpital, les soins à domicile et, quelquefois, des EMS.

2019 a permis la  mise en œuvre concrète du Pôle santé de la Vallée de Joux. Pour les trois pôles, les comités en place ont cherché à mutualiser les réponses aux problématiques communes. Les conditions permettant la reprise des activités des CMS ont été facilitées par la décision du Grand Conseil de garantir le coût du transfert des caisses de pensions du personnel concerné.

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