Lieux et pratiques après la mort
La mort est une fatalité, mais les façons d'honorer les défunts sont d'une grande diversité. Dans notre canton, de nombreux lieux de recueillement permettent aux proches de se souvenir.
Lieux post-mortem

Les lieux liés à la fin de vie, au décès et au souvenir jouent un rôle essentiel dans le parcours du deuil et la mémoire des personnes disparues. Ils sont à la fois des espaces de recueillement, de respect et de transmission.
Ce chapitre renseigne sur les différents lieux post-mortem et types de cimetières présents dans le canton de Vaud ainsi que les lieux de sépulture et de commémoration qui permettent aux proches et à la communauté de garder un lien avec les défunts. Ces espaces sont aussi le reflet des pratiques culturelles, religieuses et personnelles, offrant des possibilités variées d’accompagnement des rites funéraires et du souvenir.
- Une chambre mortuaire – dite aussi morgue – se situe la plupart du temps dans un établissement de santé (hôpitaux, EMS). Ce lieu propose une pièce réfrigérée permettant la conservation des corps et une pièce dédiée à l’accueil des proches.
- Une chambre funéraire se situe dans une entreprise privée, par exemple de pompes funèbres ou un funérarium/ centre funéraire. Ce lieu propose une pièce ou un lieu réfrigéré permettant la conservation des corps ainsi qu’une pièce dédiée à l’accueil des proches, comme un salon d’accueil.
Un institut médico-légal réalise des expertises (autopsies, analyses, etc.) sur demande des autorités judiciaires ou, parfois, des proches.
Les cimetières sont gérés par les communes et font partie du domaine public communal. Ils sont dédiés à l’inhumation des personnes décédées et constituent des lieux de sépulture et de mémoire où les proches peuvent venir se recueillir et honorer la mémoire des défunts.
Règles et gestion
La gestion des cimetières est encadrée par les communes qui sont compétentes et qui légifèrent en la matière, tout en respectant le cadre cantonal en vigueur imposé par le règlement du 12 septembre 2012 sur les décès, les sépultures et les pompes funèbres.
Accès et visite
Les cimetières sont des lieux ouverts au public durant des horaires définis, offrant un cadre paisible propice au recueillement. Certains sites proposent aussi des espaces dédiés à la méditation ou à la contemplation.
Au-delà des cimetières traditionnels, plusieurs autres lieux peuvent être choisis ou aménagés pour garder le souvenir des personnes décédées. Ces espaces :
- Reflètent la diversité des cultures, des croyances et des souhaits personnels.
- Permettent aux proches de trouver un espace pour exprimer leur deuil, se recueillir, organiser des cérémonies ou entretenir le souvenir.
- Peuvent aussi accueillir des rituels adaptés aux croyances religieuses ou spirituelles des familles.
Types de lieux
- Tombe à la ligne : l’inhumation d’un cercueil ou d’une urne cinéraire est généralement effectuée dans une tombe dite « à la ligne ». Les tombes sont creusées au fur et à mesure des enterrements, sans distinction et sans réservation préalable. La localisation de la tombe dans le cimetière est de fait imposée.
- Concession : une concession est un emplacement funéraire (cercueil) ou cinéraire (cendres) qui est réservée et payante, avant son décès ou post-mortem par les proches. Elle peut accueillir une ou plusieurs défunts.
- Colombarium : un columbarium – ou niche cinéraire – est une structure collective hors sol du cimetière permettant d’accueillir des urnes cinéraires individuelles. Elle peut également se trouver dans des chapelles ou des espaces dédiés.
- Caveau : le caveau est prévu pour une ou des inhumations funéraires (cercueils) ou cinéraires (urnes) ; cette pratique doit être soumise à autorisation du DSAS.
- Mémorial et monument commémoratif : lieux publics ou privés, destinés à honorer la mémoire de plusieurs personnes, parfois liés à des événements ou des communautés spécifiques.
- Site naturel : certains choisissent de disperser les cendres ou d’installer des lieux de mémoire dans la nature favorisant une connexion avec l’environnement.
- Jardin des souvenirs : espace collectif commun non nominatif et sans signe commémoratif pour la dispersion (sans urne et sans contenant) des cendres du défunt.
- Forêt cinéraire : les forêts cinéraires – ou cimetières forestiers, ou encore forêts du souvenir – consistent en un lieu préservé, réglementé et dédié à l’inhumation ou à la dispersion des cendres au pied d’un arbre individuel ou collectif. Le procédé est considéré comme une alternative « verte » et plus proche de la nature que le cimetière traditionnel.
- Dispersion des cendres : les cendres d’un défunt peuvent être conservées à domicile ou dispersées, selon les souhaits du défunt ou de ses proches. La dispersion peut avoir lieu dans différents lieux naturels (forêt, lac, montagne, etc.) et il est possible de ne répandre qu’une partie des cendres. En revanche, leur dispersion sur un terrain privé n’est autorisée que si les proches ou le défunt en sont propriétaires. Le transport des cendres est libre, conformément à l’article 26 du Règlement sur les décès, les sépultures et les pompes funèbres.
- Lieux virtuels : avec l’évolution des technologies, les espaces de mémoire numérique ou les sites internet commémoratifs prennent une place croissante dans la gestion du souvenir.
Cadre légal et règlementaire
Comme pour les cimetières, ces lieux sont soumis à des règles précises concernant leur création, leur entretien, et la sécurité. Les autorités cantonales veillent à ce que les pratiques respectent la dignité des défunts et les droits des familles.
Règlement sur les décès, les sépultures et les pompes funèbres
Pratiques post-mortem

Les pratiques entourant la fin de vie, le décès et le traitement des corps sont riches et diverses. Elles reflètent les dimensions culturelles, religieuses, sociales et individuelles qui accompagnent ces moments importants. Ce chapitre présente les différentes démarches, gestes et rituels qui concernent le soin et le respect du corps après la mort, ainsi que les options possibles dans le canton de Vaud.
Comment s’orienter ?
Les professionnels qui entourent les proches au moment du décès :
- Informent sur les choix possibles et les démarches.
- Assurent également le respect du corps, l’accompagnement des familles et la conformité aux règles.
- Voir les étapes et démarches en cas de décès.
Le traitement du corps après le décès est un moment clé qui conjugue respect, hygiène, et souvent des rituels symboliques. Il comprend plusieurs étapes et possibilités selon les volontés de la personne défunte, de sa famille, ainsi que les règles en vigueur.
- Les soins mortuaires – ou toilette mortuaire – consistent en des actes non-invasifs précédant la mise en bière, visant une présentation du corps aux proches dans le respect de leurs attentes et de la personne défunte. Le corps est dénudé, lavé, habillé et maquillé si besoin. Les yeux et la bouche sont fermés et les orifices obstrués par du coton. Les appareils médicaux sont retirés.
- La thanatopraxie - ou soins de conservation ou embaumement - consiste en des actes techniques sur le corps de la personne défunte qui permettent de ralentir le processus de décomposition, en plus des soins mortuaires. Ces soins sont réalisés par un thanatopracteur autorisé à exercer dans le canton de Vaud, le plus souvent dans les locaux des entreprises de pompes funèbres, à la demande et avec l’autorisation des proches. Voir informations sur le thanathopracteur.
L’autopsie consiste en l’examen externe du corps suivi de l’ouverture des cavités et de la dissection des organes principaux, dans le respect du ou de la personne défunte. Les incisions sont réalisées pour extraire les organes qui sont examinés avant d’être remis dans le corps. Des prélèvements sont également effectués pour des analyses complémentaires en laboratoire.
Le don du corps à la science est un acte volontaire et altruiste réalisé de son vivant. Il ne requiert pas l’autorisation des proches ou du médecin traitant, mais il est recommandé de les avertir et de leur transmettre une copie du formulaire signé (à la main) déposé auprès de l’UFAM (Unité facultaire d’anatomie et de morphologie) du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML).
Liens utiles
L’inhumation – ou ensevelissement – consiste en la mise en terre du corps du défunt ou de ses cendres dans une tombe à la ligne, une concession ou un caveau. Le corps ou les cendres doivent être respectivement inhumés dans un cercueil ou dans une urne.
Les prestations relatives au convoi funèbre, la fourniture d’une tombe à la ligne, le creusage et le comblement de la fosse ainsi que la fourniture et la pose d’un piquet de tombe sont fournis par la commune dans laquelle le décès a eu lieu ou la commune de domicile si le corps y a été ramené. Les frais inhérents à ces prestations incombent à la commune du dernier domicile fiscal de la personne décédée.
La crémation, appelée aussi incinération, consiste à brûler à très haute température (entre 850 et 1’000 degrés) le corps du défunt dans son cercueil jusqu’à réduire le corps et le cercueil en cendres. Cette pratique a lieu dans un crématoire. Dans le canton de Vaud, il existe deux centres de crémation, le Centre funéraire de Montoie à Lausanne et le Crématorium d’Aigle.
Les stimulateurs cardiaques ou éléments connectés sont retirés au préalable des corps ; les métaux (par exemple prothèse, plombage) sont recueillis après la crémation.
Sous certaines conditions, il est possible pour les proches d’assister à l’introduction du cercueil dans le four. Les cendres sont remises ensuite aux pompes funèbres 24-48h après la crémation. Les cendres sont libres de transport en Suisse, mais doivent être « plombées » pour un départ à l’étranger. En Suisse, le taux de crémation en environ de 85-90%, ce qui en fait l’un des plus hauts du monde.
Biocompostage funéraire : le biocompostage funéraire (ou humusation) s’inscrit dans une visée écologique des champs mortuaire et funéraire en se positionnant comme une alternative « verte » à l’inhumation et la crémation par le compostage du corps humain. Cela consiste en la décomposition et transformation du corps de la personne défunte par l’activité nécrophage de l’écologie du sol et du substrat végétal ajouté, en vue de l’obtention d’humus. Le CHUV a lancé en 2026 un projet pilote d’étude de la décomposition du corps humain, pour lequel il est possible de faire don de corps.
Aquamation : l’aquamation consiste en la transformation du corps par des procédés chimiques et mécaniques, notamment par la dissolution du corps par hydrolyse alcaline puis broyage des restes osseux, en vue de l’obtention de restes pulvérulents. Le processus est considéré comme plus écologique que l’inhumation ou la crémation.
Dans le canton de Vaud, les rituels liés à la fin de vie et au deuil sont marqués par une grande diversité, en lien avec les différentes traditions culturelles et religieuses qui y sont présentes. Les cérémonies peuvent être religieuses, souvent célébrées dans une église, ou laïques, organisées dans un funérarium ou un espace dédié. Elles sont conçues pour offrir un moment de recueillement, de partage et d’accompagnement pour les proches.
La crémation est une pratique largement répandue dans le canton. Après la cérémonie, les familles peuvent choisir d’inhumer le corps, de déposer les cendres dans un columbarium, ou de les disperser dans un lieu autorisé, conformément à la réglementation vaudoise.
Des gestes symboliques comme le dépôt de fleurs, l’allumage de bougies ou des hommages personnalisés viennent souvent ponctuer ces moments, permettant d’exprimer émotions et souvenirs.
- Bases légales
- Inhumations et pompes funèbres
- Disposition pour la fin de vie Pro Senectute
- Organiser une cérémonie d’adieu avec l’Eglise évangélique réformée
- Démarches deuil et funérailles avec l’Eglise catholique vaudoise
- Cimetières de la Communauté israélite de Lausanne et du canton de Vaud
- Sépulture musulmane avec l’Union vaudoise des Associations musulmanes
- Exemples pour concevoir une cérémonie (Luxembourg)
Respect des volontés et traditions
Le traitement du corps doit respecter les dernières volontés exprimées par la personne défunte, ainsi que les rites culturels ou religieux (ablutions rituelles, positionnement du corps, vêtements spécifiques).
Les familles peuvent demander des pratiques particulières, dans la limite des règles sanitaires et légales.
Liens utiles
Aspects légaux et réglementaires
Le transport et la manipulation des corps sont soumis à des normes strictes, notamment en matière de sécurité et de respect des délais légaux (mise en bière, déclaration de décès).
En Suisse, les soins du corps sont encadrés par des lois cantonales, qui précisent les responsabilités des différents acteurs (famille, pompes funèbres, autorités).
Un guide avec check-list pour les personnes confrontées à un décès dans le canton de Vaud

Les démarches administratives autour d’un décès peuvent être complexes, longues et pénibles. Un guide pratique, réalisé par la HETSL / HES-SO sur mandat de la Direction générale de la santé, apporte des réponses à de nombreuses questions avant, pendant et après le décès. Il est conçu comme une aide pour aiguiller les proches dans les démarches à entreprendre et les choix à effectuer. Il est assorti d’une checklist qui résume les points à ne pas oublier.
Télécharger le guide (pdf, 750 Ko)
Télécharger la checklist (pdf, 16.44 Ko)
Actions du Canton et ressources

Vous pouvez retrouver les actions du Canton, les bases légales et les liens utiles sont classées par thématique.