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Le recrutement en direct, occasion unique de trouver une place d’apprentissage

Engagé par recrutement direct lors de la Nuit de l’apprentissage 2019, Alessio Riccio compte obtenir son CFC d’employé de commerce cette année, à la satisfaction de Barbara Clerc, sa formatrice chez Carrel SA. PATRICK MARTIN

Avec l’appui des associations patronales, l’orientation favorise la rencontre
des entreprises et des jeunes à la recherche d’une place d’apprentissage. Témoignages.

Afin d’aider futurs apprentis et entreprises formatrices dans leurs démarches, les cantons organisent des événements portant des noms différents d’une région à l’autre. L’Office de la formation professionnelle et continue (OFPC), via sa Cité des métiers, offre chaque semaine à Genève une prestation de «recrutement en direct» au format digital, en plus du Printemps de l’apprentissage annuel, qui aura lieu début mars prochain. Dans le canton de Vaud, la Nuit de l’apprentissage – organisée par l’Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle (OCOSP) en visioconférence le 9 février prochain – donne également la possibilité aux jeunes d’entrer directement en contact avec des entreprises formatrices et de faire valoir leur intérêt motivé. À la satisfaction de tous, comme en témoigne Alessio Riccio, engagé dans une entreprise du Nord vaudois lors de la Nuit de l’apprentissage 2019. Alors en dernière année d’école, Alessio Riccio s’est posé la question de la suite de sa formation. Il lui manquait des points pour accéder à l’École de culture générale. Lui qui se voyait prof de sport a néanmoins choisi de privilégier la formation professionnelle. «C’était plus sage de chercher une place d’apprentissage», relève le jeune homme qui va terminer sa formation d’employé de commerce l’été prochain.

Postuler
Un stage auprès de son oncle employé de commerce aux impôts lui a «bien plu». Le jeune homme se souvient de cette période: «J’ai envoyé environ 200 dossiers de postulation. On a beau savoir qu’on a des atouts, le fait de recevoir très peu de réponses a été très dur.» Alessio Riccio raconte avoir obtenu une quinzaine de réponses, dont des convocations à passer des tests. Malheureusement, sa candidature n’a pas été retenue. C’est dans un moment de découragement qu’il a entendu parler, par ses parents, de la Nuit de l’apprentissage organisée en février 2019 par l’OCOSP-Vaud. «Cet événement, souligne Anne-Claude Künzi Hofmann, responsable de son organisation à l’OCOSP, permet à des jeunes qui n’auraient pas forcément postulé dans l’entreprise avec laquelle ils ont rendez-vous pendant la Nuit de faire preuve de leur motivation, et aux entreprises concernées de rencontrer des jeunes dont ils auraient peut-être écarté le dossier.» Alessio Riccio se souvient de cette période d’incertitude: «Au départ, je ne voulais pas en entendre parler, j’étais tellement dépité… Puis j’ai fini par m’inscrire, en me disant qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver.»

Un entretien supplémentaire
Sur place, le jour J, il a passé un entretien avec une entreprise de fournitures du bâtiment. «Sur les conseils de mon père qui m’a accompagné, je me suis renseigné sur la possibilité de passer un entretien avec d’autres entreprises.» Bien lui en a pris, puisqu’il a pu bénéficier du rendez-vous d’un autre candidat ayant fait faux bond. «J’ai reçu les réponses deux semaines plus tard, l’une négative, l’autre m’invitant à un second entretien plus approfondi. J’étais content!» Mais Alessio Riccio est resté sur ses gardes: «Je ne me suis pas emballé tout de suite, car j’avais déjà eu des entretiens, je savais que ce n’était pas gagné.» Il s’est préparé, a cherché des informations sur l’entreprise en surfant sur internet. Le moment venu, se souvient le jeune homme, «j’ai tout donné, j’ai montré que j’étais motivé». À l’école, les élèves sont préparés au recrutement par leur enseignant ou leur enseignante en approche du monde professionnel (AMP). «Nous avons par exemple travaillé le savoir-être, on a regardé des jeux de rôle, mais ce n’est pas la même chose quand on est soi-même devant le recruteur. Une erreur peut tout f… en l’air!» Une fois l’entretien passé, Alessio Riccio, en lice avec deux autres candidats, a été convoqué pour un stage de deux jours. Quelque temps plus tard, le jeune homme a enfin pu crier victoire: «Je sortais de l’école, j’avais reçu un appel en absence, c’était l’entreprise. Ils avaient choisi de m’engager. J’ai sauté de joie!» Alessio Riccio n’a pas hésité une seconde: «J’ai signé le contrat sans savoir si je pouvais aller ou non au gymnase.» Dès son engagement dans l’entreprise, il a apprécié son apprentissage. Il sait qu’il a fait le bon choix. «Le monde du travail ça change, les journées sont plus longues, on a des responsabilités. C’est gratifiant de pouvoir participer à des prises de décision.» Quant à Barbara Clerc, sa formatrice chez Carrel SA, elle apprécie particulièrement de pouvoir rencontrer les candidats et candidates en personne lors de la Nuit de l’apprentissage. «Ils peuvent se présenter et c’est bien plus avantageux pour l’employeur que de simplement lire un dossier. Alessio Riccio est le quatrième apprenti que j’ai engagé à cette occasion.» En plus de la Nuit de l’apprentissage, l’OCOSP prévoit d’organiser des après-midi de recrutement en direct, à l’instar de Genève. Actualités à suivre sur les sites internet des organisateurs.

Corinne Giroud
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24 heures du 27 janvier 2022

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