Une baguette magique appelée motivation

Marco Smacchia partage son temps entre son emploi dans un magasin de jouets et son activité indépendante de magicien.Vanessa Cardoso

La motivation est un puissant moteur de décision et d’adaptation aux tournants de la vie. Portrait d’un magicien qui l’a expérimenté.

À l’âge de 8 ans, Marco Smacchia a reçu un coffret de magie à Noël. Ce fut une révélation et le début d’une passion qui ne le quittera jamais: «Avec ma mère, nous avions un marché: chaque bonne note à l’école me valait un nouveau tour.» Un clin d’œil de la vie le conduira plus tard à vendre des articles de magie dans le magasin de jouets lausannois où, depuis ce fameux Noël, il se sent comme chez lui, à la recherche des nouveautés au rayon magie. «Le patron m’a vu grandir», se souvient-il aujourd’hui. En fin de scolarité obligatoire, le magicien en herbe fait plusieurs stages dans le domaine du bâtiment et de l’électricité, mais aucun métier ne le séduit. «J’avais d’autres centres d’intérêt», sourit-il avant de raconter que c’est le hasard qui l’a conduit à entrer dans un salon de coiffure de la place cherchant un apprenti masculin à cette formation où les filles sont majoritaires. Le voici apprenti coiffeur, le métier de sa mère. Cependant, au bout de deux ans d’apprentissage, des allergies sévères aux produits l’obligent à changer de voie.

D’un métier à l’autre
Un ami du milieu de la musique, que fréquente Marco Smacchia comme DJ, lui propose une place d’apprentissage de gestionnaire du commerce de détail dans un magasin de vêtements. «La musique et le monde de la nuit m’ont permis de connaître beaucoup de monde», commente le jeune homme. Son CFC en poche, Marco Smacchia trouve un emploi dans un magasin d’informatique à Genève où il se spécialise dans la maintenance et le helpdesk; ses connaissances du matériel de mixage ont joué en faveur de son dossier de postulation. Après avoir changé deux fois d’entreprise grâce à des relations et être revenu à Lausanne, il décide de passer à autre chose. «J’avais 25 ans, c’était une période difficile. Les trajets, la pression des clients et du patron ont fini par me peser. J’étais démotivé.»

Retrouver du sens
À la recherche d’un nouveau travail, Marco Smacchia croise par hasard un employé du magasin de jouets où il achète régulièrement des tours et fait des démonstrations de magie. Il apprend qu’une place de gestionnaire du commerce de détail va se libérer! Le patron, qui le connaît bien et l’apprécie, n’hésite pas une seconde à engager son fidèle client. Depuis quatre ans, le jeune homme peut ainsi valoriser à la fois ses compétences professionnelles et sa passion.
Au quotidien, les tâches ne manquent pas, de l’ouverture du magasin à la réception des arrivages, des commandes à l’accueil. «Lorsque des clients cherchent un coffret de magie, il m’arrive de raconter que j’ai commencé comme ça.» Formé dès l’âge de 12 ans auprès de grands noms de la magie, Marco Smacchia a toujours fait des tours devant son entourage, famille et amis, et affronté la critique des membres du Club de magie de Lausanne. «La magie, c’est un travail, des heures à tester les tours. Le miroir est le meilleur ami du magicien.» Il n’avait jamais imaginé sérieusement devenir magicien professionnel avant qu’on lui propose son premier mandat, il y a cinq ans. «Une connaissance m’a demandé d’animer la soirée de fin d’année de son entreprise. On me payait pour faire de tours!» À force d’entendre ses proches lui dire «Lance-toi!» Marco Smacchia s’est récemment décidé à proposer ses services de magicien – non sans soigner tous les détails, comme avant un spectacle. «J’ai créé mon site internet avec un ami photographe et webdesigner. Il faut accepter que certains font les choses mieux que vous.»

Formateur à son tour
Employé à temps partiel au magasin de jouets, Marco Smacchia «travaille à 300%» en période de fin d’année. Même si les demandes affluent depuis la mise en ligne de son site internet bien référencé, il reconnaît que «c’est difficile de vivre uniquement des spectacles». Alors, en plus de ses performances, il donne des cours, formant ainsi la relève de demain tout en gardant la main. Ce qu’il aime dans cette passion pour l’art de la magie, c’est «de pouvoir offrir du plaisir et sortir du monde réel». Tirant parti des expériences acquises dans ses deux apprentissages et ses différents emplois, Marco Smacchia réunit «le côté artiste du coiffeur» et «le côté relationnel du vendeur» dans le monde du spectacle. Il en est convaincu: «Il faut être prêt à quitter sa zone de confort pour changer et, surtout, croire en ses rêves.»

Corinne Giroud
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24Heures du 26 novembre 2020

Classes d’accueil

Dans le canton de Vaud, le secteur Accueil de l’Ecole de la transition offre aux jeunes de 15 à 20 ans récemment arrivés en Suisse et non francophones la possibilité d’être inscrits dans une classe d’accueil, en principe pour une durée de deux semestres. L’inscription se fait par le biais du Portail de la Migration (tél: 021 316 11 40). Le même type de classes d’accueil est également proposé à Genève par le Service de l’accueil de la scolarité postobligatoire (ACPO).

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