REP_690522 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Maurice Mischler et consorts – S'il y avait un lien entre biodiversité et épidémie ? (20_INT_474).

Séance du Grand Conseil du mardi 1er juin 2021, point 16 de l'ordre du jour

Document

20_INT_474_TexteCE

Transcriptions

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M. Maurice Mischler (VER) —

Je remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse à mon interpellation. Je partage ses constats concernant, par exemple, le fait que 75 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses, à savoir des propagations de maladies impliquant des transmissions par des animaux. Je salue aussi la création de la cellule « environnement et santé publique » et je remercie le Conseil d’Etat pour les réponses sérieuses données à mes questions.

Je regrette toutefois qu’il n’y ait pas plus de mesures concrètes. La problématique du moustique tigre est mentionnée, ainsi que celle des espèces envahissantes. C’est très bien et utile, mais ces problématiques sont déjà identifiées. Selon certains scientifiques, nous sommes entrés dans une ère pandémique. Ainsi, par mesure de précaution, il faudrait prendre des actions énergiques pour augmenter la biodiversité, car les mêmes scientifiques nous apprennent que nous vivons la sixième extinction de masse de toute l’histoire de la vie, la dernière étant celle des dinosaures. Si pour celle-ci, si la cause n’en est pas connue avec certitude, en revanche, nous savons que l’être humain est le principal responsable de cette sixième extinction qui est en cours. C’est donc une chose grave qui doit être prise en compte avec tout le sérieux qui s’impose pour notre espèce, mais pas uniquement.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est ouverte.

M. Pierre Zwahlen (VER) —

Le Conseil d’Etat reconnaît, à raison, que nous vivons des explosions épidémiques sans précédent depuis dix ans. L’humanité vit désormais en aire - en surface terrestre, et en ère - en tant que période historique, de pandémie. Le Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE) souligne que 75 % des maladies infectieuses émergentes - notamment le virus Ebola, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le syndrome respiratoire aigu soudain, la maladie virale de Zika et maintenant la maladie de la COVID-19 - sont des zoonoses, à savoir des maladies transmissibles des animaux à l’humain et inversement. Ce Programme pour l’environnement estime qu’il est urgent « de préserver l’intégrité des écosystèmes, ne serait-ce que pour réguler les maladies. » Pour cela, il convient de favoriser la diversité des espèces de sorte qu’il soit plus difficile, pour un pathogène, de se répandre, de s’amplifier ou de devenir dominant. Nous discutons donc bien aujourd’hui de la source des problèmes que nous avons connus avec la pandémie actuelle.

En Europe, les coûts annuels de l’inaction - c’est un des mérites de l’interpellation que de le rappeler - sont estimés à 7 % du Produit intérieur brut (PIB). Pour le canton, cela correspondra à des dépenses contraintes de 4 milliards de francs sur les 57 milliards du PIB. Si le gouvernement paraît conscient des nouvelles épidémies qui nous attendent, il ne se donne guère les moyens d’agir à la source. Certes, il prévient l’arrivée du moustique tigre dans nos contrées ; certes, il entend lutter contre les espèces invasives. Des études sont aussi à l’ordre du jour. Toutefois, le plan d’action publié en 2019 manque de ressources. Face à la perte considérable de diversité naturelle, face à la disparition d’écosystèmes indispensables aux équilibres de la vie, il faut changer d’échelle. C’est à peine 10 % du territoire vaudois qui jouit de mesures de protection, alors que, selon l’engagement pris par notre pays pour la décennie, nous devons protéger 17 % de nos surfaces. Pour assurer le maillage et les transitions nécessaires, il faut même viser 30 % d’infrastructures écologiques, selon les spécialistes. Il importe donc d’ouvrir sans tarder la deuxième génération du plan d’action biodiversité pour être à la hauteur des enjeux. Il en va de notre santé à toutes et tous ; il en va d’une vie équilibrée avec la nature pour les générations à venir.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est close.   

Ce point de l’ordre du jour est traité.

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