Point séance

Séance du Grand Conseil du mardi 3 mai 2022, point 4 de l'ordre du jour

Texte déposé

Nous vivons actuellement une modification durable de notre système d’approvisionnement, qui met en évidence la fragilité de notre économie. Nos aliments, nos sources d’énergie, la matière première nécessaire à l’élaboration de notre technologie, souvent même le savoir-faire d’élaboration de sous-produits, proviennent régulièrement du reste du monde. Mais, déjà auparavant, nous savions que les enjeux climatiques et la réduction de la biodiversité, qui engendrent une avancée du désert, vont forcément pérenniser le déficit d’approvisionnement.

 

Le premier réflexe, découlant du fait que nous vivons actuellement dans un pays riche, pourrait consister à vouloir assurer notre approvisionnement, en mettant encore plus de pression sur la production ou en réservant de quoi répondre à l’appétit d’une population habituée à une consommation excessive. L’exemple que l’on a observé avec la commande de vaccin durant la pandémie de COVID-19 a montré que cette manière de faire crée des inégalités sur le plan mondial, qui empêche la démarche d’être durable.

 

Il serait donc bien plus opportun de miser sur une augmentation de notre résilience interne, qu’il s’agisse du pays, des cantons et des régions. La réduction drastique de nos besoins énergétiques est indispensable, accompagnée d’une production durable et locale pour assurer les besoins de base de la population.

Dans le domaine des cultures alimentaires, une production reposant sur la santé du sol et des intrants pouvant être facilement produits localement doit être généralisée, tout comme la réduction des pollutions nécessitant des traitements des eaux énergivores. La difficulté, dans ce domaine, est qu’un terrain régulièrement traité avec des intrants de synthèse a besoin de temps pour retrouver ses capacités intrinsèques de production.

Dans le domaine de la santé, il existe de nombreuses solutions naturelles, qui, si elles étaient connues et utilisées dès les premiers symptômes, pourraient éviter des complications. Les facteurs de stress physique, émotionnel, psychique, réduisent le potentiel originellement fantastique du système immunitaire.

La question de l’alimentation est primordiale, car tout le monde doit manger. Si l’on doit se trouver dans une situation de manque, le premier recours pour la population, afin de ne pas accaparer la production étrangère, serait de connaître les principes d’une alimentation saine et sobre. Le raffinage, la cuisson, des mélanges inopportuns réduisent les apports nutritifs, impliquant une sensation de faim, alors que les calories sont déjà en excès. Tout comme pour la question de l’agriculture, le « sol » d’un organisme, à savoir son tube digestif, requiert du temps pour s’habituer à un changement d’alimentation.

 

Ce sont des questions de bases, mais d’autres viennent s’y ajouter, comme le traitement de l’eau de boisson, notre dépendance au plastique, nos besoins en textiles, en logement, …

 

Dans ce contexte, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

1. Dans quelle mesure le Conseil d’État est-il préoccupé par le manque de résilience dans les différents domaines de notre économie ?

2. Quelles mesures a-t-il d’ores et déjà prises pour les rendre plus résilients ?

3. Quels moyens est-il possible de mettre en place pour former la population à une consommation davantage qualitative que quantitative ?

4. Quels moyens peut-on mettre en place pour inclure la population dans les réflexions visant à la préparer à la réduction d’approvisionnement ?

5. Dans quelle mesure les autorités entendent-elles soutenir les initiatives individuelles et collectives contribuant à l’augmentation de la résilience de notre société ?

Conclusion

Souhaite développer

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Pierre FonjallazVER
Yannick MauryVER
Léonard Studer
Claude Nicole GrinVER
Jean-Marc Nicolet
Claude-Alain GebhardV'L
Taraneh AminianEP
Cédric EchenardSOC

Document

22_INT_54-Texte déposé

Transcriptions

Mme Sabine Glauser Krug (VER) —

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous donne trois ans pour changer et adopter une attitude et un mode de consommation compatible avec la survie même de notre espèce et de nombreuses autres. Trois ans, c’est extrêmement peu, quand on observe le temps que prend la révision d’une loi. Nous ne pouvons donc pas nous offrir le luxe de compter uniquement sur les mesures législatives pour induire les changements nécessaires. La population civile doit pouvoir s’engager pour la résilience de notre société, tout comme les pratiques administratives.

Or, il semble que notre manque de résilience, que certains brandissent depuis 40 ans, nous percute comme un coup que l’on n’aurait pas vu venir : manque de résilience énergétique, manque de résilience alimentaire, manque de résilience sanitaire ou immunitaire, manque de résilience numérique – eh oui...– manque de résilience économique ; et combien d’autres ?

Il existe des solutions. Nous avons par ailleurs des connaissances que nous n’avions pas auparavant. De nombreuses personnes ne demandent qu’à s’engager pour assurer la satisfaction des besoins de base de la population. Certaines le font déjà activement.

Cette interpellation interroge donc le Conseil d’Etat au sujet de cette vaste question, à savoir, ce qu’il a déjà entrepris et comment soutenir au mieux l’engagement civil.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

L’interpellation est renvoyée au Conseil d’Etat qui y répondra dans un délai de trois mois.

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