21_LEG_108 - EMPD accordant au Conseil d'Etat un crédit d’ouvrage de CHF 5'400'000.- pour financer les travaux de réhabilitation de la RC 299-C-S entre Echallens et Goumoens-la-Ville sur le territoire des communes d’Echallens et de Goumoëns...

Séance du Grand Conseil du mardi 30 novembre 2021, point 17 de l'ordre du jour

Documents

Rapport de la commission (21_LEG_108) - Jean-Francois Thuillard

Texte adopté par CE - EMPD - travaux de réhabilitation de la RC 299-C-S - publié

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Jean-François Thuillard (UDC) — Rapporteur-trice

Il s’agit d’un tronçon de route situé dans le Gros-de-Vaud qui a son importance et dont l’état général de la chaussée est endommagé. Il nécessite une déconstruction et reconstruction de la route. La Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) profite de l’intervention pour réaliser une solution de mobilité douce, bidirectionnelle, séparée de la chaussée par une bande herbeuse.

Concernant la manière de réaliser les travaux, outre les enjeux économiques des commerces situés dans Goumoëns, le Tour de Romandie passera dans ce secteur en avril 2022. Ainsi, les travaux commenceront en mai 2022. En effet, le 28 avril l’arrivée de cette étape en boucle sur Echallens se fera sur ce tronçon.

La chaussée est dégradée sur tout le tracé, avec un arrêt de bus qui n’est pas assez large, un réseau de canalisation qui n’est plus fonctionnel. Il y a des Hydrocarbures aromatiques polycliniques (HAP) ainsi que des métaux lourds dans les banquettes qui devront être assainies. Avec la gare d’Echallens à proximité, ainsi qu’un futur gymnase, la création d’une piste bidirectionnelle pour la mobilité douce a un potentiel important dans ce secteur. La commission a accepté le projet de décret à l’unanimité.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

La discussion sur l’entrée en matière est ouverte.

M. Blaise Vionnet (V'L) —

Je déclare mes intérêts comme habitant à Echallens et usager de cette route, mais rarement à vélo, car elle est trop dangereuse, et je préfère faire un détour de deux kilomètres pour ces mêmes deux kilomètres de parcours.

Le projet de décret proposé présente deux aspects : le premier concerne le renouvellement de la chaussée pour laquelle ces travaux sont absolument nécessaires, et le deuxième porte sur la mobilité douce ; le projet de ce jour est le résultat de véritables soulèvements populaires. Une première variante retenue par le canton comprenait deux bandes cyclables qui correspondaient à une emprise de trois mètres sur les surfaces d’assolement (SDA). Sous la pression de plus de 200 oppositions, cette solution considérée comme trop dangereuse, sur un trajet censé amener les écoliers jusqu’à la gare du LEB, a finalement été abandonnée pour adopter la variante riche d’une piste cyclable bidirectionnelle qui représente une bande de 3,7 m en tout sur les SDA. En tant que Challensois, je salue la variante adoptée dans ce projet de décret, car cette solution soutient un axe important de la mobilité douce pour notre région. En conclusion, je vous encourage à soutenir ce projet de décret.

Mme Anne-Laure Métraux-Botteron (VER) —

Les Verts vous encouragent à soutenir ce projet de décret, car cette route rencontre un urgent besoin de réfection, mais particulièrement parce que cette route entre Goumoëns et Echallens verra apparaître une piste cyclable bidirectionnelle : un signal fort adressé aux cyclistes. Les Verts espèrent que de nombreuses autres routes seront munies de pistes cyclables similaires dans un proche avenir.

M. Philippe Vuillemin (PLR) —

Personnellement, j’estime que ce signal n’est pas très fort, même si je veux bien croire les 200 personnes qui étaient défavorables au projet. Or, selon moi, il s’agissait d’un endroit franchement idéal pour mettre en place deux pistes cyclables pour une liaison directe entre Goumoëns et Echallens. Ainsi, je ne suis pas convaincu par une piste cyclable bidirectionnelle qui, à mon avis, augmente clairement le danger pour le cycliste. Par ailleurs, je note en consultant la carte que sans être totalement rectiligne, c’est une route qui une fois refaite permettra de belles performances, y compris en voiture électrique. Je ne suis absolument pas convaincu de l’aspect sécuritaire de la bande cycliste bidirectionnelle. A l’extrême limite, et si j’étais un peu provocateur, je dirais qu’il aurait fallu réserver cette route aux engins agricoles et aux vélos… et que les autres usagers fassent le détour. Enfin, je comprends que cela serait quand même terrible pour l’habitant de Goumoëns qui rejoint Echallens pour venir travailler à Lausanne. Enfin, je peux toujours suggérer au Conseil d’Etat de parsemer cette route d’un certain nombre de radars fixes qui ont quand même pour vertu de tempérer les ardeurs de chacun, y compris celles de vélos qui roulent parfois bien au-delà des 45km/h.

M. Stéphane Rezso (PLR) —

Le groupe PLR, dans sa grande majorité, soutient ce projet de décret et vous propose de voter cette amélioration de route et de nouvelles pistes cyclables.

M. Jean-Luc Bezençon (PLR) —

Je ne songeais pas à intervenir dans ce débat, car il est toujours difficile d’être juge et partie. Je déclare mes intérêts comme habitant de Goumoëns-la-ville, dont j’ai été syndic pendant des années. J’ai vu naître cette route. La route que nous avons créée en 1971 est bel et bien rectiligne, quoi qu’on en dise. Lorsque le remaniement parcellaire a eu lieu, nous avons transformé un grand « S » à travers la campagne en un tracé « rectiligne » qui a eu pour effet de rendre complètement impossible la pratique du vélo et même la marche, à moins d’être candidat au suicide.

J’ai bien aimé le principe exprimé par mon collègue Vuillemin consistant à dire qu’il faut aller voir sur place pour se rendre compte. Il est vrai que cette route est vraiment dangereuse, tout comme il est vrai que mes collègues de la commission connaissent ma position face aux bandes cyclables. A l’évidence, je ne m’exprime pas au sujet des villes – une problématique que je ne connais pas suffisamment – mais en campagne, et comme le sait la conseillère d’Etat, j’ai vu naître des bandes cyclables un peu partout, et je ne suis pas forcément acquis à cette solution, considérant que si nous voulons sécuriser des piétons et des cyclistes, cela implique de les sortir de la circulation.

En 1993, j’avais proposé de faire une piste cyclable entre Goumoëns et Echallens, mais cela fut impossible à réaliser vu les travaux. Je m’étais alors dit que le jour où il y aurait des travaux importants à effectuer, compte tenu du gabarit de la route, alors nous pourrions imaginer une piste cyclable. Par rapport à la Suisse allemande, nous accusons pas mal de retard, et je considère qu’il s’agit de se mettre à l’œuvre pour rendre une circulation sécurisée aux cyclistes. Ce sera le cas pour ce tronçon qui pourrait faire office de route pilote. Je suis convaincu qu’avec la construction du gymnase à Echallens, nous allons à nouveau donner la possibilité aux cyclistes de se déplacer sur ce tronçon en toute sécurité. Je vous invite à voter en faveur de ce projet de décret attendu par beaucoup, même si je reconnais que quelques collègues paysans n’y sont pas très favorables par le fait qu’un peu de surface agricole est prise. Cependant, je crois que les gens se sont maintenant faits à cette idée, et je vous encourage à aller dans ce sens et à accepter ce projet de décret.

M. Blaise Vionnet (V'L) —

Je ne suis pas complètement certain d’avoir compris l’intervention de notre collègue Vuillemin. Il s’agit d’une piste cyclable bidirectionnelle. Je ne vois pas où est le danger pour des vélos qui roulent en principe à environ 20 ou 30 km/h, sur une largeur de 3 mètres. J’ai plutôt le sentiment que mon collègue Vuillemin imaginait une bande cyclable bidirectionnelle sur la route. Or, ce n’est pas le cas, puisqu’il s’agit d’une piste cyclable.

M. Philippe Vuillemin (PLR) —

J’ai parfaitement compris ce qu’a dit le député Vionnet. Je pense que l’idée première que le département avait n’était pas sotte et renforçait cet aspect cyclable, parce qu’il me semble que le tronçon mérite une considération 50/50 plutôt qu’un tiers, deux tiers.

Mme Nuria Gorrite (C-DIRH) — Président-e du Conseil d’Etat

Je vous remercie de soutenir cette demande. Quant aux variantes visant à offrir une alternative, le Guichet vélo a évidemment examiné l’ensemble des possibilités, à savoir la création d’un trottoir mixte, de chaque côté de la chaussée, d’une bande cyclable ou d’une piste cyclable bidirectionnelle séparée du trafic. Nous avons opté pour la création de cette piste cyclable séparée du trafic. C’est évidemment la solution la plus avantageuse non seulement pour sécuriser les piétons et les cyclistes, mais aussi, comme l’a exprimé le député Bezençon, pour les automobilistes. Cette piste séparée de la chaussée est clairement la variante la plus avantageuse. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une mise à l’enquête, car elle nécessite également un empiétement sur les SDA.

Nous avons discuté avec la Direction générale du territoire et du logement (DGTL) qui a admis que l’on puise dans la réserve cantonale pour la compensation des SDA, et vous savez à quel point ces biens sont précieux. Néanmoins, compte tenu du faible trafic concerné, nous n’avons pas jugé pertinent de créer une double piste cyclable séparée du trafic qui aurait été non seulement plus coûteuse, plus gourmande en termes d’utilisation des deniers de l’Etat, mais surtout plus gourmande en termes de consommation des SDA. C’est dans cette pesée des intérêts entre la réalisation d’une infrastructure qui sécurise les cyclistes et les piétons ainsi que le trafic automobile, mais néanmoins économe des moyens de l’Etat et aussi des SDA, que nous avons amené cette proposition qui convient à tous les partenaires régionaux qui ont validé l’option retenue. C’est ainsi que nous vous remercions de soutenir la demande de crédit, telle qu’elle vous est proposée aujourd’hui.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

La discussion est close.

L’entrée en matière est admise à l’unanimité.

Le projet de décret est adopté en premier débat avec 1 abstention.

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Rapporteur-trice

Je demande le deuxième débat immédiat.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

Le deuxième débat immédiat est admis à la majorité des trois quarts (111 voix contre 7 et 5 abstentions.)

Deuxième débat

Il est passé à la discussion du projet de décret, article par article, en deuxième débat.

Art. 1 à 3.

M. Daniel Ruch (PLR) —

La consultation du projet de décret m’a appris que la route serait fermée au trafic pendant 18 mois… je vais régulièrement chercher du pain à la boulangerie de Goumoëns-la-Ville… une indemnité est-elle prévue pour les commerces du village ? (Rires)

M. Jean-Luc Chollet (UDC) —

La discussion que nous avons relative à l’opportunité qu’il y aurait de créer des pistes cyclables, nous l’aurons à l’avenir pour chaque correction de tronçon de routes reliant deux localités dans ce canton. Cela est inévitable ; et c’est bien ainsi. En effet, la venue des vélos – qu’ils soient électriques ou non – va continuer à se développer, et ils continueront d’être en danger, car ce n’est pas un marquage sur la route qui constitue une protection efficace. La clé de ce problème et sa solution ne sont pas chez nous, mais à la Berne fédérale. Il faudra que cette dernière lâche un peu de lest au nom de la Real Politik, en se disant que finalement la vie humaine est tout de même plus importante que quelques arpents de SDA et par rapport aux 75’700 hectares que nous avons, même si nous en consacrons une quarantaine à la sécurité et à la survie de nos cyclistes, il me semble que cela n’est pas cher payé par rapport aux miches de pain que cela représente.

Mme Nuria Gorrite (C-DIRH) — Président-e du Conseil d’Etat

Pour répondre à la question du député Ruch, vous le savez bien, aucune obligation n’est faite aux pouvoirs publics d’indemniser pour pertes éventuelles – et à démontrer – d’exploitation. Vous imaginez combien cela créerait un précédent terrible, puisque nous intervenons de manière assez lourde, notamment lorsque nous réalisons par exemple le tram entre Lausanne et Villars-Ste-Croix. Vous imaginez les prétentions auxquelles nous pourrions être confrontés pour perte d’exploitation. Cela signifierait aussi que nous devrions avoir accès à l’ensemble des comptes avant le chantier et quelques années après, et que les tribunaux ensuite devraient déterminer la part imputable au chantier. Vous imaginez évidemment la disproportion. Nous sommes néanmoins évidemment conscients de la perturbation que cela peut générer sur les exploitations, raison pour laquelle, en espèces, une alternative consistait à maintenir le trafic possible, mais cela aurait renchéri de plusieurs centaines de milliers de francs le chantier. Encore une fois, pour des motifs d’utilisation rationnelle des deniers de l’Etat, il a été jugé préférable d’y renoncer, d’autant plus que cette perturbation aurait aussi considérablement allongé la durée du chantier, ce qui n’est ni nécessaire ni souhaitable. C’est ainsi que cette variante a été jugée préférable.

Enfin, sur la question des SDA que M. Chollet souligne avec pertinence, la souveraineté alimentaire est une préoccupation importante. En effet, le canton de Vaud est l’un des greniers de l’Etat fédéral, s’il en est. Nous sommes donc souvent confrontés à ces limitations de construction en raison d’une utilisation demandée parcimonieuse des SDA et aussi de l’exigence de consommation à qualité égale. Ceci explique les raisons qui nous conduisent au principe de proportionnalité, à cette pesée des intérêts dans le choix des infrastructures que nous réalisons, notamment la question du député Vuillemin sur les pistes cyclables, car elles empiètent sur les SDA qu’il faut compenser et prendre sur la réserve cantonale. Vous savez que les débats au niveau fédéral plaident en ce moment plutôt pour un durcissement de l’utilisation des SDA et non pour un assouplissement de ces modalités de compensation.

M. Philippe Vuillemin (PLR) —

Pour nous changer un peu du variant sud-africain, procédons donc à une polémique sur le radar, car cela fait longtemps que nous n’en avons plus parlé. Toutes les polices du monde, la bouche en cœur, vous disent que le radar n’est pas du tout mis en place pour récolter de l’argent, mais sert la sécurité. Evidemment, personne n’y croit, mais on pense tout de même qu’elles sont de bonne foi lorsqu’ils le disent.

Par conséquent, madame la présidente du Conseil d’Etat, je vous répète – et vous le transmettrez à Mme Métraux – qu’il s’agit d’un tronçon particulièrement adapté à des contrôles radar fréquents, destinés à la sécurité et non pour encaisser l’argent pour se rendre à la boulangerie de Goumoëns-la-Ville… Une fois que la route sera faite, j’espère seulement qu’elle ne sera pas la plus accidentogène du canton. Je vous le dis comme je le pense… j’ai peut-être tort… ou peut-être raison, mais moi qui ne suis pourtant pas un grand fanatique du radar, je pense que s’il y a bien un endroit où il faudrait en installer un pour la sécurité des gens, c’est bien sur ce tronçon !

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

Les articles 1, 2 et 3, formule d’exécution, sont acceptés tels qu’admis en premier débat avec 2 abstentions.

Le projet de décret est adopté en deuxième débat et définitivement par 116 voix et 5 abstentions.

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