L'an dernier l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) a recensé plus de 80 cas de pilotes d'aéronefs visés par des détenteurs de pointeurs lasers (40 cas en 2009). Les utilisateurs malveillants, ou maladroits, de ces instruments sévissent aussi dans des enceintes sportives. Les lésions oculaires qu'ils provoquent peuvent être sévères. Les auteurs de ces actes sont susceptibles d'être dénoncés à la Police cantonale. Ils risquent des poursuites pénales.
Les pointeurs laser sont ces petits appareils le plus souvent utilisés à l'appui de présentations par des conférenciers. Leur faisceau très resserré sert à mettre en évidence l'un ou l'autre élément d'une projection sur écran. La plupart de ces instruments sont homologués. Leur puissance, selon une ordonnance de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), ne doit pas dépasser un milliwatt (mW) et ceci doit figurer sur l'étiquetage de l'appareil. Ces pointeurs, de 0,4 à 1 mW sont classés dans deux catégories (1 et 2). Cependant, notamment via Internet, il se trouve sur le marché des appareils hors normes atteignant de 5 à 2'000 mW. Ils sont très dangereux même à 20 ou 30 km de la source émettrice. Ces appareils exigent des mesures de protection supplémentaires et ne peuvent être exploités que sur des installations fixes (salles de spectacle par exemple).
Même les faisceaux classé 1 ou 2 (de 0,4 à 1 mW), dirigés, intentionnellement ou non, sur l'œil, peuvent complètement aveugler pendant quelques secondes une personne, pilote d'aéronef ou autres. Par mégarde une projection sur un miroir ou une autre surface réfléchissante peut, en outre, blesser l'utilisateur lui-même. Un rayon de seulement 1 mW est un million de fois plus lumineux qu'une ampoule de 100 watts. Plus puissants (entre 9 et 16 mW) ces faisceaux se propagent à des vitesses qui dépassent celle du réflexe de fermeture des paupières. C'est pourquoi il ne faut jamais viser un visage avec ces objets que personne ne doit confondre avec des jouets. Il en va de même pour les pointeurs plus puissants et illégaux puisque non homologués. A plus de 100 mW ces instruments vont engendrer des lésions sur l'épiderme (brûlures, cloques, cicatrices).
Dirigés vers des cockpits d'avions ou d'hélicoptères, ces faisceaux peuvent perturber le pilotage. En 2010 la Rega a enregistré 11 cas de ce type et déposé deux plaintes pénales, dont une a été retirée après discussion avec l'agresseur. L'OFAC a enregistré plus de 80 de ces projections lumineuses violentes sur des pilotes, contre 40 en 2009. Les auteurs de ces actes courent le risque d'une inculpation pour mise en danger de la vie d'autrui, lésions corporelles ou entrave à la circulation publique. Ils sont susceptibles d'être dénoncés aux Polices cantonales. Les témoins de tels actes peuvent aussi être appelés à collaborer avec les enquêteurs.
Voir aussi Internet:
- http://www.bag.admin.ch/themen/strahlung/03710/11216/index.html?lang=fr
- http://www.bazl.admin.ch/lasers