Entré à la Police cantonale le 1er mai 1980 comme juriste, Jacques-François Pradervand a occupé la fonction de remplaçant du Commandant de la Police cantonale de 1983 jusqu'au 1er juillet 1987, date à laquelle il a repris la direction de la Police de sûreté. Il part à la retraite après avoir consacré une grande partie de sa vie professionnelle à la Police de sûreté vaudoise, avec la reconnaissance profonde et unanime de sa hiérarchie.
Durant les 25 ans passés à la tête de la Police de Sûreté, Jacques-François Pradervand a été confronté à une évolution considérable de la criminalité, marquée notamment par une complexification des affaires et par l'avènement d'une criminalité se jouant des frontières. Il a aussi vécu le développement des nouveaux moyens de communication tels qu'Internet, qui améliorent à bien des niveaux la qualité de vie de la population mais qui ont, parallèlement, facilité le développement de nouveaux actes criminels. Pour affronter les problématiques naissantes, le Chef de la "secrète" a su adapter l'approche policière face à ces changements sociaux et mettre sur pied de nouvelles formations et de nouvelles unités spécialisées. Il a aussi pris l'initiative de développer des partenariats au niveau académique, en particulier avec l'École des sciences criminelles de l'Université de Lausanne et la Haute école d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud à Yverdon-les-Bains, afin de perfectionner les pratiques scientifiques et d'introduire de nouveaux outils.
Jacques-François Pradervand a été le moteur de bien d'autres changements au sein du Corps de la sûreté. Il a ainsi mis en place, dans les années 90, la Coordination judiciaire, anticipant à l'époque ce qui est devenu aujourd'hui un besoin fondamental, celui de transmettre les informations aux partenaires cantonaux et intercantonaux afin de lutter de manière méthodique contre la criminalité. Cette unité d'analyse et de coordination est devenue indispensable tant au niveau des mesures préventives qu'au niveau de la lutte contre la criminalité en général. Au début des années 2000, marquées par l'avènement de l'analyse ADN, permettant désormais d'identifier les récidivistes et d'effectuer des liens entre une scène de crime et un suspect, il a su maîtriser ce virage scientifique de l'activité policière. Il a enfin consacré une bonne partie des 3 dernières années de sa carrière à préparer la police à l'arrivée du nouveau Code de procédure pénale fédéral, ce qui n'était pas une mince affaire.
Jacques-François Pradervand quitte ses fonctions avec la reconnaissance unanime de sa hiérarchie, qui regrettera le départ d'un chef qui a su inspirer respect et amitié tant à l'intérieur de la Police de Sûreté qu'à l'extérieur de ce Corps par sa compétence, son honnêteté, son abnégation et sa conscience professionnelle jamais démenties.
Au 1er mars prochain Alexandre Girod, chef du service de l'identité judiciaire depuis 14 ans, prendra la tête de la Police de sûreté. Avec ce changement à la direction du Corps, de nouvelles missions marqueront l'année 2012, en particulier la mise en place de la nouvelle Loi sur l'Organisation Policière Vaudoise. Les restructurations qu'elle induira généreront passablement de conséquences qu' Alexandre Girod saura maîtriser. Un gros travail de transmission du savoir-faire aux Polices communales et intercommunales relativement au traitement des affaires judiciaires telles que l'enregistrement des plaintes et des constats doit notamment être effectué par la Police cantonale. Alexandre Girod prévoit d'ores et déjà non seulement "une réorganisation de certaines brigades" afin de mieux équilibrer les forces, mais tient également à renforcer l'encadrement des collaborateurs et des partenaires. Le nouveau Chef de la Police de Sûreté aime à parler de "changement dans la continuité" afin de mener à bien ses nouvelles fonctions.
Le Chef de la sûreté Jacques-François Pradervand part à la retraite
Le Chef de la sûreté Jacques-François Pradervand part à la retraite