Les procureurs généraux fribourgeois et vaudois sont convenus de la compétence des autorités de poursuite pénale vaudoises pour mener la procédure dirigée contre Claude D. suite aux actes commis par celui-ci dans la nuit du 13 au 14 mai 2013, au cours desquels Marie S. a été enlevée puis tuée. Les parquets cantonaux ont considéré que, quand bien même l'acte homicide avait été perpétré sur le territoire fribourgeois, des motifs pertinents exigeaient que le for de l'action pénale soit vaudois. En l'état, le prévenu n'a pas contesté la compétence du Ministère public du canton de Vaud, que la famille de la victime appelait par ailleurs de ses voeux.
Dès le début de l'enquête, les procureurs généraux des cantons de Fribourg et Vaud ont été en contact régulier. Il s'agissait notamment de déterminer le for de l'action pénale, soit le lieu auquel l'enquête serait menée et, partant, les autorités compétentes pour la diligenter. Alors même que c'est sur territoire fribourgeois, dans une forêt à proximité de Châtonnaye, que Claude D. semble avoir commis le plus grave des actes qui lui sont reprochés, en enlevant la vie à Marie S., les parquets cantonaux ont considéré que de nombreux éléments importants justifiaient la détermination du for dans le canton de Vaud. Les protagonistes du drame étaient tous deux domiciliés dans la Broye vaudoise, région dans laquelle ils avaient noué une relation quelques semaines avant les faits. Claude D. y avait son centre de vie, étant rappelé, sous l'angle de la situation personnelle, que ce dernier se trouvait sous l'autorité de l'Office d'exécution des peines vaudois et de la Fondation vaudoise de probation, entre autres. Du point de vue des actes reprochés, le premier d'entre eux, soit l'enlèvement de la victime, a eu lieu sur territoire vaudois, à proximité du golf de Payerne où, comme le prévenu le savait, la jeune femme travaillait. Cet enlèvement peut être considéré comme le point de départ du processus ayant conduit à la mort de Marie en un lieu qui, sis sur Fribourg, n'a aucunement résulté d'un choix délibéré de Claude D.
De plus, depuis maintenant six semaines, les actes d’instruction de la police et du parquet, auxquels la défense participe, se concentrent essentiellement sur le canton de Vaud, où réside la grande majorité des personnes déjà interrogées ou devant encore l'être. Il apparaît dès lors rationnel et conforme au principe de célérité que les autorités vaudoises continuent à assumer la direction de la procédure de manière définitive. Enfin, la défense n'a à ce stade jamais remis en cause la compétence du Ministère public du canton de Vaud qui correspond au surplus à la volonté exprimée par la famille de Marie S. L'enquête continuera dès lors à être instruite sous la direction du Procureur du Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois. Au fur et à mesure des développements de l'enquête, celui-ci en tient régulièrement informé le Procureur général en vue de la reprise de la procédure par ce dernier, en temps utile.