La cherté des primes de l'Assurance maladie est fonction de la "latinité" du canton et de la densité des médecins
Communiqué de presse
Publié le 13 février 2003
Partenaire(s)
Numerus No 1, février 2003
De 1996 à 2002, une famille vaudoise (deux adultes et deux enfants) a dépensé en moyenne près de 60'000 francs pour ses primes d'assurance maladie, contre environ 44'000 francs de moyenne suisse. Malgré une augmentation moins forte que dans d'autres cantons ces dernières années, les primes vaudoises de l'assurance maladie restent les plus élevées du pays après Genève et Bâle-Ville.
L'importante densité de médecins dans ces cantons semble être le principal facteur pour expliquer la cherté des primes.
En 1996, les primes moyennes des adultes vaudois étaient avec celles de Genève les plus élevées de Suisse (251 et 250 francs par mois). En 2003, les mêmes primes atteignent 339 et 390 francs respectivement, soit 51 francs de moins dans le canton de Vaud. Si ce dernier a enregistré en sept ans la plus faible augmentation relative (+35%) après le Valais, il demeure l'un des trois plus chers de Suisse. La plus forte progression en valeur absolue revient à Bâle-Ville, qui a subi une hausse de ses primes de 165 francs depuis 1996, et qui figure ainsi dans le trio de tête.
Comment peut-on expliquer des écarts aussi importants entre les cantons? Pourquoi les primes sont-elles 2,2 fois plus élevées à Genève qu'à Appenzel Rhodes-intérieures (390 francs contre 174)? Les cotisations étant fonction de la consommation de soins par définition, différentes variables on été avancées: la proportion de personnes âgées, celle des citadins, le taux de chômage, le revenu cantonal, la présence d'un hôpital universitaire, le nombre de lits d'hospitalisation, d'hébergement, ou encore la densité de pharmacies.
Aucun de ces facteurs n'a fourni d'explication satisfaisante. En particulier, les statisticiens ont constaté que la proportion des personnes âgées, souvent invoquée pourtant, n'explique pas le niveau des primes dans les cantons.
Finalement, le modèle le plus proche de la réalité fait intervenir deux variables déterminantes: le nombre de médecins par habitant, et le fait qu'il s'agisse d'un canton latin ou non. Ce dernier facteur traduit l'hypothèse selon laquelle Romands et Tessinois ont un comportement plus demandeur de soins que les Alémaniques. Quant à la densité des médecins, elle accrédite la thèse soutenue par la plupart des économistes de la santé, thèse qui veut que l'offre induise la demande dans ce secteur.
Bureau d'information et de communication de l'Etat de Vaud
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