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Section de recherche

Interpellation Séverine Graff et consorts - Suicide forcé, l’angle mort des chiffres sur la violence domestique ?

Auteur

Séverine Graff

Date du dépôt

18.08.2026

Département pilote

-

Département en appui

-

Identifiant

26_INT_98

Commission

-

Délais réponse du CE

23.11.2026

Dernière décision du GC

Transmise au CE, 25.08.2026

Texte déposé

Le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) publie depuis 2016 un rapport annuel de l’Observatoire de la violence domestique. Ce rapport constitue un outil essentiel pour comprendre les dynamiques de violence au sein de la famille, orienter les politiques publiques et renforcer les dispositifs de prévention. Il recense notamment les féminicides directs (8 depuis 2021) et les tentatives d’homicide (10 depuis 2021) dans le Canton de Vaud. Or, un pan entier de la violence conjugale reste aujourd’hui invisible : ces statistiques ne recensent pas les féminicides indirects, c’est‑à‑dire les suicides ou tentatives de suicide directement provoqués par des violences psychologiques, un harcèlement moral chronique ou un processus de destruction mentale au sein du couple, un phénomène que l’on nomme « suicide forcé ».

En France, seul pays européen à recenser et condamner le suicide forcé dans le cadre du couple, on compte près de neuf fois plus de suicides forcés ou de tentatives de suicide forcé que de féminicides directs[1]. Si l’on extrapole – avec toute la prudence nécessaire – les chiffres français recensant les suicides forcés  ou tentatives de suicide forcé, il est probable de penser qu’il y ait une vingtaine de victimes de violence conjugale par an dans notre Canton (homicides, suicides forcés et tentatives de suicide forcés)[2].

Le fait que les suicides forcés ne soient ni reconnus ni recensés crée une zone aveugle, qui sous‑évalue l’ampleur de la violence conjugale. Le suicide forcé constitue probablement un phénomène massif chez nous également, et cette absence de comptabilisation empêche un panorama complet de la violence dans le couple et limite la capacité du Canton à y répondre efficacement.

Afin de faire la lumière sur cette réalité méconnue des violences intrafamiliales, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

  1. Le Conseil d’État est‑il prêt à mettre en place un protocole d’autopsie psychologique dans les cas de suicide ou de tentative de suicide en contexte conjugal, afin de déterminer si ces actes sont liés à des violences psychologiques ou à un harcèlement moral ?
  2. Le Conseil d’État est-il prêt à intégrer cette forme de féminicide indirect dans les statistiques de la violence conjugale dans le canton de Vaud et d’élargir ainsi le périmètre de l’Observatoire de la violence domestique afin d’inclure les féminicides indirects, en cohérence avec les avancées européennes et françaises, dans les futures éditions du rapport?
  3. Le Conseil d’État envisage-t-il de proposer une formation spécifique aux professionnel·les (police, urgences, médecine de premier recours, psychiatrie, médecine légale) afin de détecter tout contexte de violence domestique en cas de prise en charge d’un·e patient·e suicidaire ?


 

[1]  En 2024 en France, la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) dénombre 107 homicides dans le cadre du couple, et 906 suicides ou tentatives de suicide (uniquement les cas déclarés).

[2] Le Canton de Vaud déplore 11 féminicides entre 2021 et 2025, soit 2,2 en moyenne par an. Si l’on ajoute à ce chiffre la même proportion de suicides ou de tentatives de suicide qu’en France, on aboutit à une vingtaine de cas par an dans le Canton. 

Conclusion

Souhaite développer

Documents

LienType
 26_INT_98-Texte déposé Intervention parlementaire

Séances dont l'objet a été à l'ODJ

DateDécision
25.08.2026 -
18.08.2026 -

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Céline Misiego EP
Claire Attinger Doepper SOC
Muriel Thalmann SOC
Eliane Desarzens SOC
Sylvie Pittet Blanchette SOC
Monique Ryf SOC
Cendrine Cachemaille SOC
Musa Kamenica SOC
Sébastien Kessler SOC
Sébastien Pedroli SOC
Cédric Echenard SOC
Alexandre Rydlo SOC
Géraldine Dubuis VER
Stéphane Balet SOC
Chloé Besse SOC
Patricia Spack Isenrich SOC
Laure Jaton SOC
Sandra Pasquier SOC
Yannick Maury VER
Amélie Cherbuin SOC
Virginie Pilault SOC

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