25_REP_231 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation David Raedler et consorts au nom Sébastien Humbert, Oriane Sarrasin, Elodie Lopez et Romain Pilloud - Le Conseil fédéral souhaite restreindre les possibilités à disposition des autorités locales pour lutter efficacement contre le bruit routier : à quels coûts pour les autorités publiques et avec quel effet sur la fréquence des travaux routiers ? (25_INT_118).
Séance du Grand Conseil du mardi 13 janvier 2026, point 15 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe vous invite vivement à lire la réponse du Conseil d’Etat à cette interpellation, qui est centrale dans la mesure où elle concerne à la fois des modifications législatives actuellement en discussion au niveau fédéral, mais aussi le porte-monnaie du canton et des communes. Pour rappel, le conseiller fédéral Rösti a mis en consultation un projet de modification d’une ordonnance visant à assurer la primauté à la pose de revêtements phonoabsorbants par rapport à la réduction de vitesse sur certains tronçons pour la réduction du bruit. Cette mesure, encore non définitive, a un impact réel pour le canton, pour les communes, et aussi pour les automobilistes eux-mêmes. En lisant la réponse à l’interpellation, notamment les réponses aux questions 1 à 4, on constate que la pose d’un revêtement phonoabsorbant coûte en moyenne 2 % de plus qu’un revêtement ordinaire. Certes, cela ne semble pas énorme, mais dans un budget de plus en plus serré, c’est déjà significatif.
Le point le plus important réside dans la durée de vie : le revêtement phonoabsorbant dure entre 10 et 15 ans, alors que le revêtement traditionnel bitumé a une durée de vie comprise entre 20 et 25 ans. Cela signifie que, si la pose de revêtement phonoabsorbant devait l’emporter sur la réduction de vitesse, cela impliquerait non seulement une augmentation des charges pour le canton et les communes d’environ 2 %, mais aussi un doublement des travaux. C’est un aspect à souligner, car il concerne directement tous les usagers de la route, en particulier les automobilistes. Si ce principe était appliqué, le nombre de travaux sur les routes doublerait chaque fois qu’un changement de revêtement serait nécessaire. Ce n’est pas négligeable, car plus de travaux entrainent davantage de perturbations pour la circulation, mais également plus de problèmes pour les commerces et toutes les personnes qui dépendent de ces voies de circulation.
Je remercie donc le Conseil d’Etat pour la rapidité de sa réponse, d’autant plus qu’elle intervenait dans le cadre d’une consultation. Cette réponse est vraiment importante et je vous invite à la lire en détail dès que la question des limitations de vitesse à 30 km/h sera abordée, que ce soit ici devant le Grand Conseil ou dans vos communes. En effet, cette réponse montre que toute position visant à contester le 30 km/h pour privilégier systématiquement les revêtements phonoabsorbants pourrait avoir des effets contre-productifs importants pour les automobilistes, notamment en termes de travaux. Dans ce contexte, je remercie la conseillère d’Etat et vous invite à nouveau à lire cette réponse.
La discussion est ouverte.
En complément de l’intervention de mon préopinant, permettez-moi de rompre une lance en faveur du 30 km/h. Comme le montre très bien le Conseil d’Etat dans sa réponse, le 30 km/h est un moyen particulièrement économique et efficace de réduction du bruit routier. Même sans recourir aux revêtements phonoabsorbants, cette limitation de vitesse produit déjà un effet équivalent à une réduction de moitié du volume du bruit par rapport à une vitesse de 50 km/h. Il ne faut pas oublier que le 30 km/h sauve des vies et réduit la gravité des accidents de la route, comme le rappelle régulièrement le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA). Cette mesure le fait sans imposer des sacrifices disproportionnés aux automobilistes. Elle n’affecte pas la fluidité du trafic ; au contraire, elle y contribue. La durée des trajets n’augmente que de quelques secondes et il n’y a pratiquement pas de report de trafic. La circulation des feux bleus, des véhicules prioritaires, n’est pas impactée, car elle dépend plutôt de la densité du trafic. Et surtout, cette mesure ne coûte rien. Le terme « efficience » est parfois utilisé dans l’hémicycle, mais si l’on devait retenir une mesure véritablement efficiente parmi toutes les mesures de politique publique possible, c’est bien le 30 km/h. C’est tout le mérite de l’excellente réponse du Conseil d’Etat que de nous rappeler cette évidence.
Retour à l'ordre du jourLa discussion est close.
Ce point de l’ordre du jour est traité.