26_INT_108 - Interpellation Mathilde Marendaz - Sécheresse et agriculture vaudoise : quelle gestion coordonnée et équitable de la ressource en eau? (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 25 août 2026, point 18 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le dérèglement climatique est devenu une réalité concrète qui a marqué de plein fouet notre Canton. La multiplication des canicules et l'intensification des périodes de sécheresse estivale a notamment mis cet été notre agriculture sous une pression inédite. Pour garantir la sécurité alimentaire et soutenir nos producteurs, l’accès à l’eau est devenu un enjeu stratégique majeur. La sécheresse estivale et les fortes canicules en Suisse ont provoqué cette été une crise fourragère majeure. L'arrêt de la croissance de l'herbe pour cause d’absence de précipitation force les éleveurs à puiser prématurément dans leurs réserves d'hiver dès le mois de juillet, entraînant une hausse des abattages de vaches laitières et une baisse de la production de lait. Comme l’évoque l’agriculteur Thierry Messer dans un article de Blick, « on bafoue la planète, on pollue, on fracasse tout, et voilà ce que ça donne. Les agriculteurs subissent ce changement climatique comme aucun autre métier, alors qu’on a pour mission de nourrir notre population, ce qui est essentiel à la vie. » [1] [2]
De nombreuses exploitations n'ont d'autre choix que d’adapter leurs pratiques et d’intensifier l’irrigation de leurs cultures. Cette baisse de la ressource en eau exacerbe les tensions entre les usagers. Les cours d'eau vaudois atteignent régulièrement des débits critiques en été, mettant en péril la faune et la flore. Dans ce contexte de rareté, la gestion équitable et coordonnée de la ressource est indispensable. Des questionnements grandissent quant à la multiplication de méthodes de pompage privé, par exemple dans les lacs, sans que la collectivité n'ait toujours une vision claire des volumes réellement prélevés. L'absence de coordination par l’État de l’alimentation en eau et du soutien à l’agriculture fait naitre des projets individuels, au détriment d'une gestion coordonnée et solidaire.
Le cadre légal cantonal et fédéral exige une protection stricte des eaux et une planification rigoureuse des concessions. Il est de la responsabilité de l'État d'anticiper les crises à venir, de planifier les infrastructures nécessaires à notre agriculture et de garantir un monitorage des prélèvements. J’ai l’honneur d’interpeller le Conseil d’État sur les dimensions suivantes de cette responsabilité :
- Quelle est la stratégie à moyen et long-terme du Conseil d’État pour garantir l'accès à l'eau des agriculteurs vaudois face à la multiplication des canicules et des périodes de sécheresse ?
- Le Conseil d’État a-t-il recensé des cas ou des projets de pompages privés directs dans les lacs et cours d'eau, et de quels outils précis dispose la Direction générale de l'environnement (DGE) pour monitorer ces volumes en temps réel ?
- En cas de pénurie d'eau avérée, quel est l'ordre de priorité strict établi par le canton entre l'eau potable, le maintien des débits écologiques des rivières, l'irrigation agricole et les usages industriels ou de loisir ?
- Le canton compte-t-il piloter des projets d'approvisionnement solidaires et régionaux – à l'image du réseau interconnecté Arrobroye lié au lac de Neuchâtel – pour sécuriser l'accès à l'eau des producteurs de manière planifiée et collective ?
- Quelles mesures incitatives et aides financières le Conseil d’État déploie-t-il pour accompagner les agriculteurs qui souhaitent diversifier ou transformer leurs cultures traditionnelles (comme la pomme de terre ou la betterave, fortement éprouvées) vers des variétés ou des espèces structurellement moins gourmandes en eau et plus résilientes au stress thermique ?
- Le canton finance-t-il des projets pilotes de cultures d'avenir adaptées aux nouveaux étés caniculaires, afin de fournir des solutions pour la profession ?
- Quel est le nombre de concessions de pompage (privé ou agricole) actuellement actives dans les lacs majeurs du canton (Léman, Neuchâtel, Joux), et quelles sont les limites de volume imposées en période de crise hydrique ?
Conclusion
Souhaite développer