26_INT_71 - Interpellation Yannick Maury - Réduire l’empreinte du béton : vers une stratégie cohérente avec les objectifs climatiques vaudois ? (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 9 juin 2026, point 4 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le béton constitue aujourd’hui l’un des principaux enjeux des politiques climatiques cantonales, puisqu’il s’agit d’un matériau omniprésent dans la construction, notamment en raison de la production de ciment. Dans le canton de Vaud, le seul site de production d’Eclépens génère à lui seul environ 340’000 tonnes de CO₂ par an, soit près de 9 % des émissions cantonales. Si l’on considère l’ensemble du secteur de la construction, sa part dans les émissions avoisine les 30 %, un chiffre qui mérite certes d’être précisé mais qui illustre l’ampleur de l’enjeu.
Dans ce contexte, les objectifs du Plan climat vaudois 2024, qui vise une réduction de 70 % des émissions de CO₂ d’ici 2040, impliquent nécessairement une action forte sur ce secteur. Ce point a notamment été souligné par l’audit du plan climat vaudois commandité par le canton auprès de l’EPFL qui recommande une réduction de 70 % d’utilisation du ciment d’ici à 2050. Or le Programme de gestion des carrières (PGCar) dans sa version de 2024 ne prévoit, dans ses scénarios, qu’une réduction de 0 à 20 % de l’utilisation du béton. Ce décalage interroge quant à la cohérence des politiques publiques et à leur capacité à répondre aux exigences climatiques.
Au-delà de la question des émissions, l’extraction des matériaux nécessaires à la fabrication du béton exerce une pression croissante sur les ressources du sol vaudois, avec des impacts importants sur les paysages, la biodiversité et les terres agricoles. Une réflexion globale sur la sobriété matérielle, le recours à des alternatives et l’optimisation de l’existant apparaît dès lors indispensable.
Face à ces constats, il semble nécessaire de clarifier la stratégie du Conseil d’État afin d’assurer une véritable compatibilité entre les politiques d’aménagement, d’approvisionnement en matériaux et les objectifs climatiques du canton.
Dans ce contexte, je pose les questions suivantes :
- Le bilan du plan climat vaudois n’offre pas de chiffres consolidés pour le secteur de la construction. Que représente les émissions CO₂ consolidées du secteur de la construction incluant gravières et carrières, transport, fabrication du béton ainsi que les autres matériels intermédiaires et les chantiers ?
- Quelle stratégie le Conseil d'État entend-il mettre en place en matière de réduction du béton de façon à ce que l'utilisation de ce matériau soit compatible avec les objectifs du plan climat vaudois ?
- Comment modifier et/ou réduire la voilure du PGCar pour atteindre ces objectifs ainsi qu'une utilisation modérée des ressources du sol vaudois ?
- Plus globalement, comment le Conseil d’État entend-il promouvoir d’autres matériaux de construction, afin d’entamer un nécessaire changement de paradigme ?
Conclusion
Souhaite développer