23_REP_117 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Maurice Neyroud et consorts au nom Groupe PLR - Lavaux à jamais sous les projecteurs ? (23_INT_75).
Séance du Grand Conseil du mardi 13 janvier 2026, point 12 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe remercie tout d’abord le Conseil d’Etat pour sa réponse qui, vous l’imaginez bien, a beaucoup de peine à me convaincre. La région de Lavaux est soumise, comme tout le canton, à la nouvelle Loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPNP) qui stipule que l’éclairage public est conçu, aménagé et utilisé de manière à limiter les impacts sur la faune et favoriser le paysage nocturne naturel. Le Guide Paysage – réalisé par la Commission intercommunale de Lavaux, adopté par toutes les communes et souvent cité par le canton – donne, à son chapitre 2.34, de précieuses indications sur les pistes à suivre en matière d’éclairage public. A son article 10, le Plan d’affectation cantonal (PAC) Lavaux parle également de la pollution lumineuse.
Ce projet a été soumis à l’enquête publique et présenté à la commune. Le plan mis à l’enquête présentait de manière parfaite la nouvelle géométrie de la chaussée, la mise en place de trottoirs et de pistes cyclables, mais on constate également que les simples points qui représentaient les lampadaires étaient difficiles à identifier, preuve en est que ni la commune ni la commission consultative de Lavaux n’ont relevé quoi que ce soit. Quant aux critères techniques retenus pour le dimensionnement des candélabres, on apprend que le nombre a été déterminé dans le cadre d’une étude conduite par les Services industriels de Lausanne et que leur hauteur a été calculée en fonction de la largeur et de différentes normes. On cite évidemment les normes VSS, une directive relative à l’éclairage public, mais jamais la Loi sur la protection du patrimoine, ni la Loi sur le plan de protection de Lavaux, ni le fait que ce projet se situe en plein centre d’un patrimoine inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La sécurité est essentielle, je le conçois, mais une pesée d’intérêts aurait pu – aurait dû – être faite, ce qui n’a visiblement pas été le cas. La réponse signale que le nombre, l’emplacement et l’ensemble du projet respectent scrupuleusement les normes et la Loi sur les routes. Certes ! Toutefois, quinze lampadaires de plus de 10 mètres de haut ont un impact très important sur le paysage, pour sécuriser une seule exploitation viticole – c’est Lausanne évidemment. Il suffit de se rendre sur place un soir pour se rendre compte que cette installation est totalement disproportionnée et inacceptable. Nous sommes au cœur de Lavaux, qui est aujourd’hui marqué très fortement par ces installations qui contreviennent à tout ce que l’on veut apporter à ce vignoble inscrit au patrimoine. Je dois tout de même le relever : une amélioration non négligeable a été apportée, avec une baisse progressive de la puissance au cours de la nuit. La réponse laisse également entendre que des essais seront entrepris en 2026 pour étudier la mise en place des capteurs de piétons, ce qui devrait probablement diminuer l’impact de ces lampadaires. Vous l’avez compris, je suis déçu de cette réponse et resterai très attentif aux améliorations promises. Enfin, je me réserve évidemment la possibilité de revenir avec une autre intervention.
La discussion est ouverte.
Je déclare mes intérêts : je suis municipal à Puidoux. Lors de la mise à l’enquête – il y a un certain nombre d’années – il n’y a pas eu de remarques particulières. Il est vrai, comme l’a relevé mon collègue Maurice Neyroud, que l’éclairage n’était pas particulièrement marquant : il s’agissait de simples points situés sur la chaussée et d’autres travaux retenaient notre attention. Comme l’a dit Maurice Neyroud, le dispositif paraît totalement démesuré. La hauteur de ces candélabres, à cet endroit précis, interroge : personne ne comprend pourquoi de tels mâts ont été installés, et ce, pour un passage qui voit peut-être deux piétons par jour.
Je me réjouis d’apprendre que des essais seront menés avec des détecteurs afin que l’éclairage ne fonctionne qu’en cas de besoin. Toutefois, dans le cadre de cette étude visant à évaluer l’installation de détecteurs, ne pourrait-on pas éventuellement recalculer la hauteur de ces mâts ? Est-il vraiment nécessaire qu’ils soient à une telle hauteur ? Ces mâts sont exactement les mêmes que ceux qui ont été installés sur l’autoroute, pour des largeurs de chaussée nettement supérieures à celles des voies de roulement sous le Dézaley. Je ne suis donc pas très satisfait de ces réponses.
Je comprends que ce projet puisse ne pas vous convenir, mais la réponse relève le processus ; elle ne pouvait pas être différente, puisqu’elle expose les faits. Néanmoins, le projet est en évolution, comme cela a déjà été expliqué. Il convient d’abord de rappeler que la responsabilité de l’éclairage public à cet endroit incombe à la Ville de Lausanne. Rétrospectivement, une concertation plus étroite, notamment avec les acteurs locaux, aurait sans doute été souhaitable.
Aujourd’hui, si le nombre de lampadaires ne peut pas être diminué, l’intensité de l’éclairage et leur inclinaison ont néanmoins été adaptées. De plus, l’installation d’un système de détection des piétons, permettant un allumage automatique à leur passage et une extinction en l’absence de mouvement, est à l’étude. Cette analyse sera menée par la Ville de Lausanne, en collaboration avec la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR), dans le courant de 2026. Un essai pour une détection de piétons dans ce secteur des deux traversées sera effectué dans le courant de cette année. On espère ainsi pouvoir tirer les enseignements des insatisfactions et apporter des correctifs où il est possible de le faire, pour répondre aux remarques adressées à la suite de la réalisation de ce projet qui, par ailleurs, donne satisfaction – à l’exception de ces éclairages, évidemment.
Retour à l'ordre du jourLa discussion est close.
Ce point de l’ordre du jour est traité.