25_HQU_135 - Question orale Isabelle Freymond - Problème des formations utilisant Konvink.
Séance du Grand Conseil du mardi 9 décembre 2025 (sans fin, si nécessaire), point 3.1 de l'ordre du jour
Texte déposé
La formation des apprentis CFC d’agents d’exploitation rencontre actuellement de graves difficultés, notamment au CEPM de Morges, dans le cadre du passage à la nouvelle ordonnance fédérale et à la plateforme Konvink. D’autres formations connaissent des problèmes similaires.
Lors des cours interentreprises, des apprentis vaudois ont constaté que leurs homologues d’autres cantons disposent de supports pédagogiques structurés, d’un meilleur encadrement et d’un volume de matière plus conséquent. De plus, certaines compétences exigées aux examens ne sont ni enseignées durant les cours ni abordées en entreprise.
Dès lors, il est demandé au Conseil d’État quelles mesures il entend prendre, pour l’ensemble des formations utilisant Konvink, afin de garantir aux apprentis les conditions nécessaires à la réussite de leurs examens.
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourDépartement de l’enseignement et de la formation professionnelle
Question orale Isabelle Freymond - Problème des formations utilisant Konvink (HQU_136)
Depuis le début de cette réforme, les apprentis se retrouvent plongés dans une formation devenue largement autodidacte, avec un soutien pédagogique fortement réduit. Plusieurs problèmes graves se cumulent. Le premier problème a été l’introduction de cet outil, sans que les enseignants n’aient forcément été formés. Les élèves expliquent qu’il n’est pas rare que les enseignants découvrent la plateforme en même temps qu’ils donnent les cours aux élèves.
Le deuxième problème vient du fait que les cours sont vraiment limités à de simples lectures, compte tenu du peu de connaissances des professionnels sur ce programme. Lors des cours interentreprises, les élèves ont relevé des différences avec des apprentis venant d’autres cantons. Le constat est quand même inquiétant. Cela veut dire que, dans les autres cantons, les apprentis disposent de nombreux supports annexes, de cours structurés et d’une prise en charge pédagogique complète, ce qui n’est pas le cas dans le canton de Vaud. Ils voient beaucoup plus de matière que les apprentis du canton et, apparemment, ils ont été choqués du peu de choses que les élèves du canton connaissaient de leur support. Par rapport aux examens, également, cela pose problème, car certaines pratiques ne sont pas dans le programme Konvink, alors que les thèmes seront utilisés lors des examens. Dès lors, les apprentis vaudois se retrouveront à passer des examens avec de nombreuses matières qu’ils n’auront jamais eu l’occasion de découvrir dans leur système d’apprentissage. Je demande donc au Conseil d’Etat quelles solutions il pourrait apporter à ses apprentis.
Le développement de la question n’est pas tout à fait le même que la question que j’ai reçue ; beaucoup d’éléments complémentaires ont été ajoutés. Toutefois, je vais de répondre à la question qui m’a été posée. La nouvelle Organisation régionale de formation (ORF) pour les agents d’exploitation est passée d’un enseignement structuré par matière à un enseignement par compétence opérationnelle. Cette évolution pédagogique correspond au standard actuel de la formation professionnelle. Elle peut parfois déstabiliser apprentis et enseignants. En parallèle, l’Organisation du monde du travail (OrTra) concernée de l’association suisse des agents d’exploitation a décidé de doter l’ensemble des trois lieux de formation – écoles professionnelles, entreprises formatrices et cours interentreprises – d’un support numérique commun appelé la plateforme Konvink. Le canton n’a pas été partie prenante dans ce choix ni dans le calendrier de son développement. Il est exact que la transition simultanée vers la nouvelle ordonnance et vers cette plateforme Konvink a généré des difficultés, accentuées par le fait que les enseignants du métier n’ont reçu un accès complet à la plateforme que tardivement.
Après une année d’utilisation, le Centre d’enseignement professionnel de Morges (CEPM) a transmis à l’OrTra concernée un retour d’expérience avec des constats clairs : contenus incomplets ou insuffisamment structurés, couverture partielle des compétences attendues et ergonomie peu intuitive. A ce stade, ces retours n’ont malheureusement pas été pris en compte. Face à ces lacunes, les équipes du CEPM ont fourni un travail considérable pour garantir la qualité de la formation en compensant les manques constatés de la plateforme Konvink. S’agissant plus particulièrement des préoccupations relatives à la préparation aux examens, le Conseil d’Etat souhaite rassurer les députés : le plan de formation Ecole mis en place par le CEPM respecte rigoureusement l’Ordonnance fédérale sur le plan d’études cadre. Enfin, les difficultés rencontrées dans ce métier ne sont pas isolées. En conclusion, le Conseil d’Etat reconnaît pleinement les difficultés rencontrées, ainsi que le travail considérable accompli par les enseignants pour y répondre, et salue leur engagement.
Je remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse. Vous avez eu les informations, étant donné que je vous ai transmis, il y a plus de deux semaines, la pétition dont j’ai tiré mon texte ; vous saviez donc que cela figurerait dans ma question. En revanche, sachant les lacunes qu’il y a, qu’est-ce qui sera mis en place pour garantir aux élèves une formation sur les sujets qui ne figurent pas dans le système, afin d’assurer que nos élèves de troisième année puissent réussir leurs examens ?
Retour à l'ordre du jourCe sera du « fait maison » : les éléments manquants seront repris et réorganisés pour être directement accessibles aux élèves via l’enseignant.