26_INT_104 - Interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Les Vert-e-s - Changement climatique et coût de la vie : les ménages les plus modestes seront-ils les premiers à en subir les conséquences ? (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 25 août 2026, point 14 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le changement climatique est souvent abordé sous l’angle environnemental. Ses conséquences économiques et sociales sont pourtant déjà perceptibles et pourraient prendre de l’ampleur dans les prochaines années.
La sécheresse et les fortes chaleurs en donnent un exemple concret. Elles peuvent affecter les rendements agricoles, l’approvisionnement en eau et certaines productions. Lorsque la production diminue, le risque est de voir les prix augmenter. Ce sont alors les consommateurs qui en supportent une partie des conséquences.
Cette situation pose une question particulière pour les personnes et les familles qui disposent déjà de peu de marge financière. Une augmentation du prix de l’alimentation ou de l’énergie ne représente pas le même effort pour tous les ménages.
Or, ces dépenses s’ajoutent à d’autres charges qui ont déjà fortement augmenté ces dernières années. Les loyers et les primes d’assurance-maladie en sont un exemple. Dans le canton de Vaud, ces dernières ont augmenté en moyenne de 4,9 % en 2026. Pour les ménages qui rencontrent déjà des difficultés à boucler leur budget, ces différentes hausses peuvent rapidement devenir difficiles à absorber.
Lorsque les dépenses contraintes prennent une part toujours plus importante du budget, le risque est aussi de devoir vivre « au rabais » : renoncer à certains aliments, repousser des soins, limiter le chauffage ou le refroidissement du logement, ou renoncer à d’autres dépenses pourtant importantes.
Ces choix ne sont pas sans conséquences sur la qualité de vie et peuvent, à terme, avoir des répercussions sur la santé.
Le changement climatique pourrait ainsi ajouter une nouvelle pression à des budgets qui sont déjà fortement sollicités. Il pourrait également entraîner de nouvelles dépenses, par exemple pour faire face aux fortes chaleurs, adapter les logements ou répondre à une augmentation du coût de certains biens.
Il y a donc un risque que les conséquences du changement climatique touchent davantage les personnes qui ont le moins de moyens pour y faire face.
Le Grand Conseil s’est déjà penché sur la question de la justice sociale dans la politique climatique, notamment avec l’interpellation 24_INT_127 de Pierre Zwahlen et consorts, « Plan climat vaudois : la transition est-elle juste et sociale ? ». La présente interpellation se veut complémentaire. Elle ne porte pas sur la répartition des coûts de la transition climatique, mais sur les conséquences économiques du changement climatique lui-même et sur leur impact potentiel sur les ménages.
Il paraît dès lors important de savoir si le Canton dispose déjà d’une vision de ces évolutions et s’il les prend en compte dans ses politiques sociales.
Dès lors, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :
- Le Conseil d’État dispose-t-il d’une analyse des conséquences possibles du changement climatique sur le prix des biens et services essentiels dans le canton, notamment l’alimentation et l’énergie ?
- A-t-il identifié les catégories de ménages qui seraient les plus exposées à ces éventuelles augmentations ?
- Les conséquences économiques du changement climatique sont-elles prises en compte dans l’évaluation de la précarité et du pouvoir d’achat des ménages vaudois ?
- Le Conseil d’État dispose-t-il d’une analyse des secteurs dans lesquels les sécheresses, les canicules ou d’autres événements climatiques pourraient avoir des conséquences importantes sur les prix ou l’approvisionnement ?
- Les dispositifs cantonaux d’aide aux personnes et aux familles en situation de précarité permettent-ils de tenir compte d’une augmentation importante du coût de certains besoins essentiels liée à des événements climatiques ?
- Le Conseil d’État envisage-t-il d’intégrer davantage cette dimension dans les politiques d’adaptation au changement climatique ?
- Comment entend-il éviter que les conséquences économiques du changement climatique ne viennent aggraver les inégalités existantes et ne touchent en premier lieu les ménages disposant des revenus les plus faibles ?
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| David Raedler | VER |
| Yolanda Müller Chabloz | VER |
| Valérie Zonca | VER |
| Laurent Balsiger | SOC |
| Claire Attinger Doepper | SOC |
| Théophile Schenker | VER |
| Ariane Morin | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Isabelle Freymond | IND |
| Kilian Duggan | VER |
| Muriel Thalmann | SOC |
| Pierre Zwahlen | VER |
| Jean Valentin de Saussure | VER |
| Stéphane Balet | SOC |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Martine Gerber | VER |
| Sylvie Podio | VER |
| Sébastien Humbert | V'L |
| Oriane Sarrasin | SOC |
| Séverine Graff | SOC |
| Yves Paccaud | SOC |
| Anna Perret | VER |
| Géraldine Dubuis | VER |
| Sylvie Pittet Blanchette | SOC |
| Alberto Mocchi | VER |
| Rebecca Joly | VER |