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Section de recherche

26_INT_125 - Interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Les Vert.e.s - Réchauffement des eaux : quelle adaptation du canton face aux effets cumulés du changement climatique ?.

Séance du Grand Conseil du mardi 8 septembre 2026, point 2.7 de l'ordre du jour

Texte déposé

Le changement climatique ne se traduit pas uniquement par une augmentation des températures de l’air. Les lacs et les cours d’eau sont eux aussi concernés par cette évolution, avec des conséquences sur leur fonctionnement, leur qualité et les écosystèmes qu’ils abritent.

Dans le canton de Vaud, les rivières situées à basse altitude ont vu leur température augmenter d’environ 2 °C depuis les années 1960. Le Canton relève que ce réchauffement a des conséquences sur les processus chimiques et biologiques des cours d’eau ainsi que sur la croissance et la survie de plusieurs organismes aquatiques et espèces piscicoles.

Le Grand Conseil s’est déjà intéressé à cette problématique, notamment au travers de l’interpellation 24_INT_42 de Pierre Zwahlen et consorts, « Préserver les équilibres naturels du Léman qui surchauffe ». Cette intervention portait spécifiquement sur le réchauffement du Léman et ses conséquences sur l’oxygénation des eaux profondes, la qualité de l’eau et l’écosystème lacustre. Le Conseil d’État a reconnu l’importance de ces enjeux et relevé que, selon les projections disponibles, la température moyenne de l’eau à la surface du Léman pourrait encore augmenter de 3 à 4 °C d’ici à la fin du siècle en raison du changement climatique.

La présente interpellation se veut complémentaire. Elle ne porte pas spécifiquement sur le Léman, mais s’intéresse plus largement à l’adaptation de la gestion cantonale des eaux face à l’augmentation des températures des cours d’eau et des lacs, ainsi qu’aux effets cumulés de cette évolution avec les autres pressions exercées sur les milieux aquatiques.

Le réchauffement des eaux peut en effet modifier profondément le fonctionnement des écosystèmes. Une eau plus chaude contient moins d’oxygène dissous et peut favoriser certaines espèces au détriment d’autres, notamment celles qui dépendent d’eaux fraîches. Les périodes de fortes chaleurs peuvent ainsi accentuer la vulnérabilité de certains milieux et espèces déjà soumis à des conditions défavorables.

Ces effets peuvent être renforcés lorsque les températures élevées coïncident avec des périodes d’étiage. La diminution du débit d’un cours d’eau peut contribuer à une élévation plus rapide de sa température et réduire sa capacité à absorber certaines pressions. Il apparaît dès lors important de considérer ces phénomènes de manière cumulée plutôt que séparément.

À ces évolutions peuvent également s’ajouter les usages thermiques de l’eau. Certaines installations prélèvent de l’eau dans les lacs, les cours d’eau ou les nappes afin de produire du froid ou de la chaleur et peuvent restituer dans le milieu une eau dont la température a été modifiée. Ces rejets peuvent avoir des effets localisés sur des milieux déjà soumis à des températures élevées.

Cette question pourrait prendre une importance croissante avec l’augmentation des épisodes de chaleur. Les besoins de refroidissement des bâtiments et de certaines installations sont susceptibles d’augmenter précisément durant les périodes où les milieux aquatiques sont eux-mêmes les plus chauds.

Se pose alors une question d’anticipation : comment éviter que l’adaptation nécessaire aux fortes chaleurs ne crée, à son tour, une pression supplémentaire sur des milieux aquatiques déjà fragilisés par le changement climatique ?

La question n’est donc pas uniquement celle de l’évolution de la température des eaux prise isolément. Elle est celle de la capacité de nos cours d’eau et de nos lacs à faire face simultanément à plusieurs pressions : hausse des températures, périodes d’étiage, prélèvements à des fins thermiques et rejets susceptibles de modifier localement les conditions thermiques du milieu.

Le Canton dispose déjà de dispositifs de surveillance et de gestion des eaux. La question se pose toutefois de savoir si les critères actuels de gestion et d’autorisation sont suffisamment adaptés à un contexte dans lequel les températures augmentent et où les épisodes de fortes chaleurs pourraient devenir plus fréquents et plus intenses.

 

Dès lors, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

  1. Quelle est l’évolution observée des températures des principaux cours d’eau et lacs vaudois et quelles sont les projections disponibles pour les prochaines décennies, notamment concernant les températures estivales ?
  2. Quelles sont les conséquences observées et attendues de cette hausse des températures sur la biodiversité aquatique, l’oxygénation des milieux, la qualité de l’eau et les espèces particulièrement sensibles aux températures élevées, notamment lorsque cette hausse coïncide avec des périodes d’étiage ?
  3. Le Canton dispose-t-il d’une analyse permettant d’identifier les cours d’eau et les milieux aquatiques les plus vulnérables à la combinaison du réchauffement des eaux et des périodes d’étiage ?
  4. Combien d’installations prélèvent actuellement de l’eau dans les lacs, les cours d’eau ou les nappes à des fins de refroidissement ou d’utilisation thermique, quels volumes sont concernés et quelle quantité de chaleur est restituée dans les milieux aquatiques ?
  5. Dans quelle mesure les autorisations de prélèvement et de rejet à des fins thermiques tiennent-elles compte de l’évolution future des températures et des conditions d’étiage, notamment lors des périodes de canicule, et quelles mesures sont prévues lorsque les conditions deviennent particulièrement défavorables aux milieux aquatiques ?
  6. Alors que l’augmentation des températures pourrait entraîner une hausse des besoins de refroidissement des bâtiments et des installations, le Conseil d’État dispose-t-il d’une stratégie visant à limiter les effets de cette évolution sur les milieux aquatiques, notamment en favorisant des solutions de refroidissement limitant les prélèvements et les rejets thermiques ?
  7. Plus largement, le Conseil d’État envisage-t-il d’adapter les critères de gestion et d’autorisation afin de mieux prendre en compte l’évolution des températures des eaux et leurs effets cumulés sur les écosystèmes aquatiques, notamment lors des périodes de fortes chaleurs et d’étiage ?

 

Conclusion

Souhaite développer

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Alexandre RydloSOC
Jean Valentin de SaussureVER
Patricia Spack IsenrichSOC
Sébastien HumbertV'L
Valérie ZoncaVER
Claire Attinger DoepperSOC
Colin WahliVER
Muriel ThalmannSOC
Felix StürnerVER
Nathalie VezVER
Claude Nicole GrinVER
Sabine Glauser KrugVER
Martine GerberVER
Thanh-My Tran-NhuSOC
Marc VuilleumierEP
Yannick MauryVER
Géraldine DubuisVER
Vincent JaquesSOC
Théophile SchenkerVER
Pierre FonjallazVER
Oleg GafnerVER
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