25_POS_66 - Postulat Nathalie Jaccard et consorts - Agir face à la détresse croissante des élèves : demande d’une concertation cantonale (Développement et demande de renvoi à commission avec au moins 20 signatures).
Séance du Grand Conseil du mardi 13 janvier 2026, point 4 de l'ordre du jour
Texte déposé
Depuis plusieurs mois, de très nombreux professionnels de l’éducation, des parents, ainsi que des enfants eux-mêmes alertent sur la dégradation préoccupante de la santé mentale en milieu scolaire. Les témoignages se multiplient : enfants en détresse, crises d’angoisse, phobies scolaires, violences en hausse, harcèlement plus fréquent et plus grave.
Ces situations ne sont plus marginales. Elles sont décrites avec constance dans les écoles, dans les cabinets de pédopsychiatrie, dans les services sociaux et à travers les récits des familles. Les articles récents de la presse romande et nationale relaient des histoires qui devraient tous et toutes nous alerter :
- Des élèves menacés ou harcelés dès le plus jeune âge,
- Des enfants qui ne peuvent plus franchir la porte de l’école tant leur anxiété est forte,
- Des parents et des enseignant-e-s qui témoignent d’un profond sentiment d’impuissance,
- Des pétitions dénonçant l’épuisement croissant des élèves et la pression qui pèse sur eux.
Ces signaux forment un appel au secours clair, massif et désormais impossible à ignorer.
Ces dernières années, plusieurs objets parlementaires (postulats, interpellations, questions) ont été déposés pour attirer l’attention sur cette dégradation préoccupante. Le Conseil d’État y a répondu en annonçant ou en mettant en œuvre diverses mesures, témoignant d’une prise de conscience. Toutefois, force est de constater que ces réponses, bien qu’utiles, demeurent insuffisantes face à l’ampleur, à la rapidité et à la complexité du phénomène qui touche nos élèves. Les familles comme les professionnels expriment de manière récurrente que les dispositifs actuels ne répondent pas encore de manière adéquate à la situation.
Il semble dès lors urgent de proposer une réponse collective. Les familles comme les professionnels demandent à être entendus, associés et soutenus. Ils demandent qu’on dépasse les réactions ponctuelles ou les réponses fragmentées pour entrer dans une compréhension globale du problème et dans la construction de solutions durables.
Face à ces constats et pour répondre à ce qu’il apparaît nécessaire et désormais indispensable, le présent postulat demande au Conseil d'Etat d'étudier l'opportunité d’organiser des assises de la Santé Mentale des Enfants à l’École, ou toute autre forme de rencontre inclusive permettant :
- L’écoute croisée des élèves, des parents, des enseignants, des directions et des professionnels de la santé ;
- L’analyse partagée des causes (pression scolaire, surcharge, climat de classe, encadrement, organisation, besoins particuliers, numérique, harcèlement, etc.) ;
- L’identification de mesures concrètes, réalistes et co-construites ;
- La mise en place d’un plan d’action qui protège réellement le bien-être des enfants et soutienne les adultes qui les accompagnent.
D’avance je remercie le Conseil d’État pour l’attention porté à ce postulat.
Conclusion
Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Géraldine Dubuis | VER |
| Sabine Glauser Krug | VER |
| Stéphane Balet | SOC |
| Jean Valentin de Saussure | VER |
| Sylvie Pittet Blanchette | SOC |
| Claire Attinger Doepper | SOC |
| Didier Lohri | VER |
| Felix Stürner | VER |
| Jean-Claude Favre | V'L |
| Alberto Mocchi | VER |
| Martine Gerber | VER |
| Vincent Bonvin | VER |
| Laure Jaton | SOC |
| Anna Perret | VER |
| Joëlle Minacci | EP |
| Yves Paccaud | SOC |
| Sandra Pasquier | SOC |
| Thanh-My Tran-Nhu | SOC |
| David Raedler | VER |
| Muriel Thalmann | SOC |
| Séverine Graff | SOC |
| Alexandre Rydlo | SOC |
| Yannick Maury | VER |
| Cédric Echenard | SOC |
| Eliane Desarzens | SOC |
| Vincent Jaques | SOC |
| Sylvie Podio | VER |
| Laurent Balsiger | SOC |
| Cendrine Cachemaille | SOC |
| Monique Ryf | SOC |
Documents
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourLa détresse croissante des élèves est une réalité que nous ne pouvons plus ignorer. Anxiété, décrochage, perte de motivation ou difficultés relationnelles touchent un nombre toujours plus important de jeunes et présentent un impact direct sur leur parcours scolaire. Les équipes éducatives sont fortement engagées et font preuve d’un grand professionnalisme. Toutefois, elles sont de plus en plus confrontées à des situations complexes qui dépassent le seul cadre scolaire et leur formation. Cela montre non pas une défaillance des acteurs, mais la nécessité d’une approche plus large et mieux coordonnée. Cette préoccupation est largement partagée par la population. Pour preuve, la pétition lancée par M. Stéphane Wyss, habitant comme moi Renens – relayée dans 24heures du 5 décembre 2025 – a recueilli près de 2000 signatures en quelques jours : un signal vraiment clair. Elle exprime une attente forte que la question du bien-être et de la santé mentale des élèves soit abordée de manière collective et structurée.
Pour rappel, ce postulat demande au Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité d’organiser des Assises de la santé mentale des enfants à l’école ou toute autre forme de rencontre inclusive permettant l’écoute croisée des élèves, des parents, des enseignants, des directions et des professionnels de la santé, une analyse partagée des causes, l’encadrement, l’organisation, les pressions scolaires, etc., l’identification de mesures concrètes, réalistes et coconstruites, la mise en place d’un plan d’action qui protège réellement le bien-être des enfants et soutient les adultes qui les accompagnent. Ainsi, des professionnels de l’éducation, de la santé, du social, les autorités des parents et d’autres acteurs concernés pourraient y partager leurs constats, confronter leurs expériences et dégager ensemble des pistes d’action. Ces assises ne visent pas à désigner des responsabilités, mais à créer un espace de dialogue et de coordination indispensable pour mieux comprendre les besoins des élèves et renforcer la cohérence des réponses.
Retour à l'ordre du jourLe postulat, cosigné par 20 membres, est renvoyé à l’examen d’une commission.