26_INT_110 - Interpellation Mathilde Marendaz - Gravières dans le Canton : pour un meilleur suivi des milieux favorables aux amphibiens pionniers selon la Loi fédérale sur la protection de la nature.
Séance du Grand Conseil du mardi 18 août 2026, point 2.18 de l'ordre du jour
Texte déposé
Comme le problématisait un article de Camille Belsoeur dans la Revue de la Salamandre (août 2026), l'extraction de granulats – processus destructeur de la biodiversité et du climat, par la destruction d'écosystèmes et l'émission conséquente de gaz à effet de serre – crée, dans certaines conditions, des milieux favorables à la reproduction d'espèces menacées, dont certaines espèces d'amphibiens dites "pionnières", que l'artificialisation des cours d'eau a fait progressivement disparaître.
Dans les lieux d'extraction des graviers, des conditions de zones alluvionnaires sont recréées. Pourtant, un autre business lucratif des entreprises de gravières met des limites à cet ambivalent enthousiasme pour ce que génère malgré elle l’activité des gravières. En effet, le remplissage des carrières et gravières par les déchets de chantier permet aux entreprises de doubler leurs revenus. Par conséquent, si le bilan écologique lourd (émissions de CO2, perte de la biodiversité) des gravières semblait être légèrement compensé par le phénomène des nouveaux milieux, ces milieux sont aussitôt rebouchés. Selon un biologiste employé dans un bureau d’étude interviewé par la journaliste, les gravières rebouchées ne sont qu’un sous-sol qui a perdu en qualité. Pour lui, la renaturation réelle serait de laisser ouverts les trous où résident des milieux intéressants.
Selon la journaliste, une piste – dans l’attente d’une réelle revitalisation globale des rivières vaudoises – serait d'assurer un meilleur suivi dans le cas ou des amphibiens pionniers s'installent sur un site en cours d'exploitation : les entreprises devraient veiller à maintenir leurs points d'eau en période de reproduction, et compenser les milieux favorables qu'elles rebouchent en fin de chantier, ce qui serait par ailleurs obligatoire selon la Loi fédérale sur la protection de la nature (LPN). Dans ce contexte, il convient d'interroger le Conseil d'État sur sa gestion de la protection des amphibiens pionniers :
- Comment le Conseil d’État s’assure-t-il que l’obligation légale de protéger les espèces menacées (LPN) est strictement respectée par les exploitants de gravières en activité dans le canton ?
- Quels contrôles réguliers la DGE effectue-t-elle sur les sites d'extraction pour vérifier la présence d'amphibiens pionniers avant d'autoriser un remblayage ?
- Quelles mesures sont imposées aux exploitants pour maintenir les points d'eau essentiels à la reproduction des amphibiens durant toute la période de frais ?
- Existe-t-il des directives contraignantes obligeant les entreprises à adapter leur rythme d'extraction ou de remblayage en présence d'espèces protégées ?
- Le Conseil d’État envisage-t-il d'imposer, dans les plans de zone ou les autorisations d'exploiter, la conservation définitive d'une partie des "trous" ou excavations pour pérenniser ces milieux alluvionnaires reconstitués ?
- En attendant une revitalisation globale et plus rapide des rivières vaudoises, comment le Conseil d’État compte-t-il utiliser le réseau des gravières comme "biotopes passerelles" pour sauver les populations d'amphibiens en déclin ?
Conclusion
Souhaite développer
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