26_INT_31 - Interpellation Valérie Zonca et consorts - Recherche scientifique & Test de nage forcée: une science qui prend l’eau.
Séance du Grand Conseil du mardi 17 mars 2026, point 2.7 de l'ordre du jour
Texte déposé
Bien que le nombre d’animaux utilisés dans les laboratoires soit à la baisse en Suisse, les expériences les plus douloureuses et les plus contraignantes – classées degré de contrainte 3 – atteignent leur niveau le plus élevé depuis 25 ans. Parmi elles figure le « Test de Nage Forcée » (TNF), encore pratiqué dans certaines institutions suisses, notamment à l’Université de Lausanne et à l’EPFL1.
Le Test de Nage Forcée (TNF) consiste à plonger un rat ou une souris dans un cylindre rempli d’eau, sans issue. L’animal nage frénétiquement pour tenter de s’échapper, puis finit par s’immobiliser, épuisé, en gardant juste la tête hors de l’eau. Les chercheur-euses observent alors son comportement afin d’évaluer un supposé « désespoir » ou « manque de motivation », dans l’espoir de mieux comprendre la dépression humaine. Les animaux utilisés lors de ces tests sont ensuite euthanasiés. Selon l’OSAV, 6 projets de recherche utilisaient ce test en 2023, impliquant environ 2’000 souris. Le test dure 5 à 6 minutes, peut être répété plusieurs fois, et tous les animaux sont euthanasiés à la fin des expériences.
Depuis des décennies, de nombreux scientifiques remettent en cause la validité du TNF. Les résultats varient fortement selon les protocoles et les caractéristiques des animaux. Plus fondamentalement, ce test ne permet pas de mesurer la dépression humaine ni de prédire l’efficacité des antidépresseurs. Aucune agence réglementaire n’exige d’ailleurs ce test pour l’autorisation de nouveaux médicaments. Selon l’experte Emily Trunnell, aucun antidépresseur n’a jamais été mis sur le marché grâce aux résultats obtenus par le TNF2.
Malgré ces critiques, le test continue d’être utilisé. Pourtant, des alternatives modernes existent : organoïdes cérébraux humains, neuroimagerie avancée, modèles issus de cellules de patients, simulations informatiques basées sur l’IA ou encore collecte de données cliniques en temps réel3. Ces approches reposent sur la biologie humaine, et offrent des perspectives bien plus pertinentes pour comprendre la dépression et développer de nouveaux traitements, sans recourir à l’exploitation d’animaux.
Dans plusieurs pays, le TNF est déjà fortement restreint ou interdit. Que ce soit aux USA, au Royaume-Uni, en Inde ou en Colombie, de plus en plus d’institutions ou de régions se passent de ce test. Des dizaines d’universités de renommée dans le monde ont déjà renoncé à ce test, tout comme plusieurs grandes entreprises pharmaceutiques.
Dans ce contexte, je pose les questions suivantes au Conseil d’Etat :
- Quelles sont les statistiques d’application du Test de nage Forcée (TNF) dans les institutions de recherche du Canton de Vaud ?
- Quelles sont les règles et les protocoles en vigueur pour les cas de recherche impliquant le TNF ?
- Quelles sont les résultats qui justifient de poursuivre l'application du TNF ?
- Quelle est la position du Conseil d’Etat en matière d’interdiction du TNF dans les institutions de recherches vaudoises ?
- https://www.lscv.ch/test-de-nage-forcee-etat-des-lieux-en-suisse/
- https://www.peta.org/media/news-releases/peta-scientist-publishes-paper-showing-why-agencies-should-sink-the-forced-swim-test/
- https://www.24heures.ch/experimentation-demande-dinterdiction-dun-test-sur-des-souris-400035939521
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Felix Stürner | VER |
| Martine Gerber | VER |
| Isabelle Freymond | IND |
| Alberto Mocchi | VER |
| Théophile Schenker | VER |
| Stéphane Balet | SOC |
| Pierre Zwahlen | VER |
| Jean-Louis Radice | V'L |
| Oleg Gafner | VER |
| Pierre Fonjallaz | VER |
| Yves Paccaud | SOC |
| Céline Misiego | EP |
| Yannick Maury | VER |
| Hadrien Buclin | EP |
| Sylvie Podio | VER |
| Romain Pilloud | SOC |
| Sébastien Kessler | SOC |
| Laure Jaton | SOC |