25_HQU_103 - Question orale Valérie Zonca - Pollution dans le Léman au 1,2,4-triazole.
Séance du Grand Conseil du mardi 7 octobre 2025, point 3.4 de l'ordre du jour
Texte déposé
Des analyses récentes ont révélé la présence de 1,2,4-triazole dans le lac Léman et, par conséquent, dans l’eau potable. Cette contamination a été attribuée au site chimique de Monthey, plus précisément à l’entreprise Syngenta, qui fabrique notamment des pesticides1. Le 1,2,4-triazole est toxique pour les poissons, les crustacés et l’écosystème aquatique en général. Il peut également représenter un risque pour la santé humaine, en particulier pour les femmes enceintes, pouvant avoir des effets significatifs sur le développement du fœtus2.
Quelles sont les mesures prises en termes de décontamination suite à cette pollution?
- https://www.rts.ch/info/regions/valais/2025/article/des-substances-chimiques-contaminent-l-eau-potable-du-leman-29009910.html
- https://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/economie_emploi/protection_consommateur/fichiers_pdf/FAQ_Triazole_web.pdf
Transcriptions
Département de la jeunesse, de l'environnement et de la sécurité (DJES)
Question orale Valérie Zonca - Pollution dans le Léman au 1,2,4-triazole (25_HQU_103)
La semaine dernière, les médias et le canton annonçaient la présence de 1,2,4-triazole dans le lac Léman et, par conséquent, dans l’eau potable. Cette contamination a été attribuée au site chimique de Monthey, plus précisément à l’entreprise Syngenta. A la suite de cette pollution, quelles sont les mesures prises en termes de décontamination des eaux ?
Les analyses effectuées dans le Léman et dans certaines eaux potables alimentées par le lac ont révélé la présence de 1,2,4-triazole à des concentrations supérieures à la valeur maximale admise par l’Ordonnance fédérale sur l’eau potable. Cette valeur, qui est applicable à l’eau potable pour l’ensemble des pesticides et métabolites pertinents, relève d’un principe de précaution qui est appliqué par la Confédération. Elle ne repose pas sur des bases toxicologiques ni sur des preuves d’impact sur la santé humaine.
Depuis la détection de cette substance dans le Léman et dans les eaux potables, les cantons du Valais, de Genève et de Vaud se coordonnent pour en limiter la présence dans le lac. Toutefois, selon les informations disponibles, les rejets industriels à l’origine de cette contamination proviennent d’industries situées sur le territoire valaisan. Dans ce contexte, les Conseils d’Etat vaudois et genevois ont écrit au Conseil d’Etat valaisan pour lui faire part de leurs vives préoccupations et lui demander de prendre sans délai les mesures correctives nécessaires afin de faire cesser ces rejets. En effet, il serait vain d’investir dans des dispositifs coûteux de traitement de l’eau potable si la source industrielle responsable demeure active. Le Canton du Valais a indiqué avoir pris contact avec les entreprises à l’origine des rejets de 1,2,4-triazole et avec celles susceptibles de générer cette substance afin qu’elles mettent en œuvre des mesures immédiates de réduction. Il appartiendra désormais aux autorités valaisannes de veiller à l’efficacité de ces mesures et d’en informer leurs homologues.
En parallèle, le Canton de Vaud s’est assuré auprès des entreprises susceptibles d’utiliser cette substance qu’elles n’en rejetaient pas, ce qu’elles ont confirmé. La Direction générale de l’environnement (DGE) a par ailleurs établi un plan de prélèvement des eaux superficielles destiné à l’analyse du 1,2,4-triazole. 20 prélèvements sont prévus d’ici au 9 octobre dans les principales rivières du bassin versant lémanique, dont 4 le long du Rhône. Même si la source de la pollution devait être rapidement supprimée par le Canton du Valais, la lenteur du renouvellement des eaux du Léman – plus de 10 ans en moyenne – impliquera plusieurs années avant une diminution significative des concentrations. Ce processus pourra en outre être influencé par le brassage hivernal du lac. Un monitoring régulier de cette substance sera donc maintenu ces prochaines années.
Enfin, s’il n’existe actuellement aucune solution technique simple pour garantir le respect de la limite fixée par l’Ordonnance fédérale pour l’eau potable, les trois cantons collaborent afin de définir et mettre en œuvre des mesures efficaces pour améliorer la qualité des eaux du Léman et de l’eau distribuée à la population de son bassin versant. Toutefois, toute solution nécessitera des investissements importants et plusieurs années de mise en œuvre.
Retour à l'ordre du jourJe remercie le Conseil d’Etat pour ses réponses, en particulier sur les détails des mesures prises et de la collaboration entre cantons. Je n’ai pas de questions complémentaires à ce stade.