25_HQU_108 - Question orale Hadrien Buclin - Le droit de manifester contre le génocide à Gaza mis en cause ?.
Séance du Grand Conseil du mardi 7 octobre 2025, point 3.5 de l'ordre du jour
Texte déposé
La manifestation du 18 septembre dernier visant à dénoncer le génocide à Gaza a été durement réprimée par la police, y compris la gendarmerie. Des manifestant·es pacifiques, dont des enfants et personnes âgées, ont été aspergées de gaz lacrymogène, une manifestante a reçu du spray au poivre dans les yeux et a été blessée à la cornée, etc. Cette répression a été dénoncée par Amnesty International. Si on comprend le souci des autorités d’éviter le contact direct avec les manifestants pro-israéliens rassemblés à Ouchy, une telle répression contre des personnes manifestant pacifiquement au centre-ville est en revanche incompréhensible. Comment le Conseil d’État entend-il garantir le droit de manifester pacifiquement sans répression policière ?
Transcriptions
Question orale Hadrien Buclin - Le droit de manifester contre le génocide à Gaza mis en cause ? (25_HQU_108)
La manifestation du 18 septembre dernier visant à dénoncer le génocide à Gaza a été durement réprimée par la police, y compris la gendarmerie. Des manifestant·e∙s pacifiques, dont des enfants et personnes âgées, ont été aspergés de gaz lacrymogènes, une manifestante a reçu du spray au poivre dans les yeux et a été blessée à la cornée, etc. Cette répression a été dénoncée par Amnesty International. Si l’on comprend le souci des autorités d’éviter le contact direct avec les manifestants pro-israéliens rassemblés à Ouchy, une telle répression contre des personnes manifestant pacifiquement au centre-ville est en revanche incompréhensible. Comment le Conseil d’Etat entend-il garantir le droit de manifester pacifiquement sans répression policière ?
En préambule, je tiens à rappeler que la liberté de manifester constitue l’un des fondements de nos principes démocratiques garantis par la Constitution. En ces temps troublés et polarisés, où le droit humanitaire et les droits humains sont bafoués aux quatre coins du monde, il me semble essentiel de rappeler que les droits fondamentaux forment notre communauté de valeurs, et la liberté d’expression en fait partie. Il faut aussi rappeler que la liberté de manifester n’est pas un droit absolu et qu’elle peut être restreinte, notamment pour éviter des confrontations ou des débordements potentiellement dangereux. La police a alors non seulement la possibilité, mais l’obligation, de prendre les mesures nécessaires de façon proportionnée pour garantir l’ordre et la sécurité publique et écarter un risque pour la population.
Concernant les manifestations auxquelles vous faites référence, monsieur le député, il faut préciser qu’elles se sont déroulées sur le territoire de la ville de Lausanne et que leur autorisation et la gestion de ces dernières se sont faites avant tout par la ville et par la police lausannoise, avec l’appui de la Police cantonale. Si des mesures de contrainte après plusieurs sommations ont été mobilisées par les forces de l’ordre ce jour-ci, cela a été fait pour éviter qu’une très faible minorité de militants et militantes cagoulés et violents ne s’en prennent à d’autres personnes faisant usage de leur droit à manifester ainsi qu’à la police. L’utilisation des mesures de contrainte ne doit jamais être faite à la légère, de surcroît dans le cadre de manifestations politiques.
Je tiens également à rappeler que de nombreuses manifestations en faveur de la Palestine ont été autorisées et se sont déroulées de manière pacifiste ces derniers mois, sans qu’aucune violence n’ait été constatée. Ainsi, les autorisations n’ont pas pour but de contrôler la légitimité ou le bien-fondé des revendications, mais bien de veiller au bon déroulement des manifestations, tant pour la sécurité des manifestations pacifistes que pour le reste de la population.
Retour à l'ordre du jourJe vous remercie, monsieur le conseiller d’Etat, pour votre réponse. Si la première partie m’a tout à fait convaincu, la deuxième un peu moins, car à ma connaissance, il n’y avait pas de violence de la part des manifestants, et je pense que cette escalade aurait pu être évitée. Amnesty International est en train de recueillir des témoignages sur les évènements en vue de publier un petit compte rendu afin d’y voir plus clair. Enfin, je prends note d’une volonté de désescalade de la part des autorités lausannoises pour que ce type d’incident se reproduise le moins possible.