Communications
Séance du Grand Conseil du mardi 28 mai 2024, point 1 de l'ordre du jour
Transcriptions
Intervention personnelle de M. David Vogel sur le climat actuel à l'Université de Lausanne
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, un député demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 membres, le président lui donne la parole ultérieurement.
J’aimerais revenir sur le rapport qui est sorti ces derniers jours et qui s’appelle « Rapport sur les liens entre l’Université de Lausanne, les universités israéliennes et le régime israélien ». Je m’inquiète de la démarche et des motivations qui ont mené à la publication de ce rapport. Ce rapport dénonce les membres de l’UNIL qui ont pour principale tare d’avoir collaboré avec des universités israéliennes ; le titre qui dit « le régime israélien » en dit long sur les présupposés politiques des délateurs à la petite semaine.
Je m’inquiète pour plusieurs raisons : je m’inquiète de l’importation en terre vaudoise du conflit israélo-palestinien ; je m’inquiète des relais politiques de ces courageux délateurs des temps modernes et que ces courageux délateurs trouvent des relais au Grand Conseil ; je m’inquiète de slogans et de publications qui cachent de plus en plus mal leur antisémitisme derrière le petit doigt de leurs supposées bonnes intentions ; je m’inquiète d’un collectif qui prône la transparence à un tel point qu’il est courageusement anonyme ; je m’inquiète du procédé de délation qui n’est qu’un bâillon pour les chercheurs et chercheuses de l’Université ; je m’inquiète de la dénonciation interne de collaborateurs qui ont pour principal crime de faire leur travail sans se préoccuper de la couleur de peau, du sexe, de l’opinion politique ou du passeport de leur partenaire ; je m’inquiète de la délation pensée, organisée, revendiquée qui met une cible dans le dos des collaborateurs de l’UNIL ; je m’inquiète de l’ambiance de travail délétère qu’une telle démarche risque de faire régner au sein de l’Université ; je m’inquiète des dérives de doctorants universitaires qui sont incapables de comprendre que liker des publications de Khamenei ou des publications antisémites n’est pas une erreur passagère, mais une faute morale ; je m’inquiète du procédé totalitaire du name and shame cher au plus haut niveau des universités américaines – c’est un procédé qui consiste à dénoncer toutes celles et tous ceux qui ne pensent pas comme vous, justement parce qu’ils ne pensent pas comme vous – ; je m’inquiète du procédé qui a commencé par un simple boycott individuel et qui se termine en boycott de toutes les universités israéliennes ; je m’inquiète de la faiblesse, de la complaisance ou de la complicité du rectorat qui pense qu’en cédant dès le début sur presque tout, il ne sera tenu responsable de rien ; je m’inquiète d’un rectorat qui veut croire qu’il a fait preuve de courage, alors qu’il fait preuve d’impuissance ; je m’inquiète et m’interroge sur l’action, ou plutôt sur l’inaction coupable du rectorat et me demande si ce rectorat a encore une quelconque utilité ; je m’inquiète du réflexe qui veut que l’on fasse des listes en nommant ses ennemis, car dans le passé, lorsqu’un groupe ou un régime a fait des listes avec des ennemis à nommer, cela s’est généralement mal terminé pour les gens qui étaient sur les listes – mais notons également que ceux qui rédigeaient les listes étaient rarement du bon côté de l’Histoire – je m’inquiète d’un climat qui ne favorise pas la recherche scientifique ; je m’inquiète d’un climat qui ne favorise pas la recherche de solutions, un climat qui n’est ni neutre ni serein, un climat qui est politiquement et humainement toxique, un climat qui est indigne de notre Université.
Demande de modification de l’ordre du jour
Selon l’article 84 de la Loi sur le Grand Conseil, j’aimerais demander une modification de l’ordre du jour afin de pouvoir traiter rapidement une résolution interpartis au sujet de Vetropack.
La demande de modification de l’ordre du jour est acceptée avec quelques avis contraires.
Madame la députée, nous traiterons de cet objet en début d’après-midi, puisque Mme la conseillère d’Etat Isabelle Moret sera présente parmi nous.
Réponses du Conseil d’Etat aux simples questions, résolutions, déterminations et pétitions
Durant la semaine écoulée, le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil les réponses suivantes :
- Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à la simple question Yannick Maury – Étudier sans compter (ses kilomètres) au lieu de se former dans sa région ? (24_QUE_12)
- Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à la simple question Fabrice Moscheni – Evolution de la facturation du CHUV aux assureurs maladie pour l'AOS non ambulatoire depuis 2012 (24 _QUE_31)
- Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à la simple question Fabrice Moscheni – Evolution de la facturation du CHUV aux assureurs maladie pour l'AOS ambulatoire depuis 2012 (24_QUE_32)
Intervention personnelle du président sur la Journée du dépassement
Il y a quelques semaines, Mme la députée Elodie Lopez m’a demandé si je prévoyais de prendre la parole, à titre personnel, pour marquer le passage du jour du dépassement des ressources régénératrices de la Terre si toutes les nations consommaient comme la Suisse. Après réflexion, j’ai volontiers accepté de le faire. Sans être redondant avec le développement que notre collègue Elodie Lopez fera dans un prochain point de l’ordre du jour, j’ai souhaité marquer ce passage en rappelant l’importance de construire ensemble un monde durable. Cela comprend deux aspects : premièrement, l’aspect humain consiste à assurer à toutes et tous la vie la meilleure et la plus saine possible. Nos ancêtres ont réussi à constamment améliorer la vie et la santé des générations qui les ont suivis. La mortalité infantile, celle des femmes donnant naissance, l’espérance de vie, la faim, la malnutrition, l’accès à des ressources basiques telles que l’eau, l’énergie, les conditions sanitaires n’ont cessé d’évoluer vers un monde plus sain, offrant aux générations suivantes une vie meilleure et plus longue. Je suis moi-même un miraculé dont la vie ne tenait qu’à un fil, à ma naissance, et une génération avant la mienne, je n’aurais probablement pas survécu. Ces avancées absolument remarquables ont cependant été faites alors que nos ancêtres, dans leur ensemble, ont négligé le deuxième aspect d’un monde durable, qui consiste à préserver les ressources limitées de notre planète.
Aujourd’hui, nous poursuivons sur cette mauvaise voie, comme le démontre notamment ce jour du dépassement qui intervient toujours un peu plus tôt dans l’année. Nous sommes arrivés à un stade où, si elle n’est pas renversée, la surexploitation des ressources terrestres impactera négativement la qualité de vie des générations futures, réduisant progressivement à néant le travail et les efforts de nos ancêtres. Si nous voulons continuer à assurer que nos générations futures puissent vivre une vie au moins aussi bonne et saine que la nôtre, nous devons cesser la dilapidation des ressources dont nous disposons et ses funestes conséquences. Nous pouvons le faire et ainsi devenir les générations qui, pour la première fois, réaliseront un monde réellement durable. Une chance unique se présente à nous, comme le démontre Anna Ricci dans son livre récemment paru intitulé Not the end of the world. Pour cela, il faut se focaliser sur les actions qui ont un réel impact, et en particulier sur la pollution de l’air, le changement climatique, la déforestation, l’accès à la nourriture, la perte de biodiversité, la pollution des océans par le plastique et la surpêche. Il faut également renforcer notre économie circulaire, comme vient de le faire notre Parlement national en donnant une part importante de compétences aux cantons. Cette opportunité est devant nous, ne la manquons pas !
Journées nationales d’action pour l’inclusion
Je souhaite attirer votre attention sur un événement qui aura lieu aujourd’hui au Parlement et qui commencera juste après notre séance. Comme vous l’avez probablement vu, nous aurons l’occasion d’accueillir dans nos murs une exposition organisée dans le cadre des 10 ans de la ratification de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes en situation de handicap, mais aussi dans le cadre des Journées nationales d’action pour l’inclusion. Nous aurons aussi le plaisir d’accueillir Mme la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz qui nous fera une allocution à 17 heures, celle-ci sera suivie d’un film qui sera projeté dans cette salle, avant de pouvoir passer, pour celles et ceux qui le souhaitent, au vernissage de l’exposition et à un apéritif durant lequel nous serons servis par des personnes en situation de handicap. Je vous encourage toutes et tous à participer à ces présentations.
Retour à l'ordre du jourDépart à la retraite – M. Denis Cueni, assistant de sécurité
Je souhaite prendre un peu de votre temps pour une annonce importante, puisque nous devons dire au revoir à M. Cueni qui va nous quitter, l’activité d’un retraité ne pouvant excéder 70 ans révolus au sein de l’administration cantonale. J’aimerais remercier M. Cueni pour son engagement au sein du Grand Conseil. M. Denis Cueni est assistant de sécurité au service du Grand Conseil depuis le 1er novembre 2015, après une carrière de sergent à la gendarmerie. Ses connaissances acquises tout au long de sa carrière lui ont permis d’être un assistant de sécurité toujours au fait et efficace dans les missions qui lui ont été confiées.
Parmi les nombreuses activités qui occupent son temps libre, on peut notamment citer la pâtisserie. Au nom du Grand Conseil, j’aimerais d’abord remercier M. Cueni pour les échanges que j’ai eu le plaisir d’avoir avec lui, y compris lors d’une fameuse fondue que nous avons partagée à Noël. J’avais eu le plaisir de pouvoir m’asseoir à ses côtés et je l’ai trouvé très attachant. J’aimerais le signaler, parce que derrière son aspect imposant, il y a aussi quelqu’un de très attachant. Je peux vous dire que vous allez me manquer, parce que votre figure à l’entrée du Parlement les mardis a toujours fait partie du protocole. Je vous propose d’applaudir M. Cueni et je vais lui remettre quelques bouteilles de vin blanc. (Applaudissements.)