26_HQU_5 - Question orale Graziella Schaller - Comment faire mieux connaitre le travail de la pédiatrie et du personnel soignant de l'Hôpital des Enfants?.
Séance du Grand Conseil du mardi 20 janvier 2026, point 3.3 de l'ordre du jour
Texte déposé
Membre du conseil d'une fondation soutenant les enfants hospitalisés, je côtoie des médecins engagés quotidiennement à l’Hôpital des Enfants.
Suite au drame de Crans-Montana, 9 adolescents gravement brûlés sont hospitalisés en pédiatrie. Ils nécessiteront encore pendant des semaines des soins intensifs prolongés.
En 2025, l'ouverture de cet hôpital moderne a bénéficié d’une large communication.
Aujourd’hui, silence radio, malgré son rôle primordial dans les soins apportés à ces adolescents grands brûlés. On parle toujours du CHUV, mais pas de la pédiatrie.
Dans cette situation de crise, les prises en charge et les soins demandent une réorganisation constante du personnel. Le personnel soignant est confronté à des situations lourdes et dramatiques, et son engagement mérite d'être reconnu.
Serait-il envisageable de communiquer sur le travail actuel et futur de l’Hôpital des Enfants, en reconnaissance des efforts du personnel soignant et afin de le soutenir, lui aussi, dans ce drame ?
Transcriptions
Département de la santé et de l’action sociale
Question orale Graziella Schaller – Comment faire mieux connaître le travail de la pédiatrie et du personnel soignant de l’Hôpital des enfants ? (26_HQU_5)
Membre d’un conseil de fondation qui soutient les enfants hospitalisés, je côtoie des médecins engagés quotidiennement à l’Hôpital des enfants. Suite au drame de Crans-Montana, neuf adolescents gravement brûlés sont hospitalisés en pédiatrie. Ils nécessiteront encore pendant plusieurs semaines des soins intensifs prolongés. En 2025, l’ouverture de l’Hôpital des enfants moderne a bénéficié d’une large communication. Aujourd’hui, malheureusement, on n’en parle plus du tout. En effet, c’est silence radio, malgré son rôle primordial dans les soins apportés à ces adolescents grands brûlés ; on parle toujours du CHUV, mais jamais de la pédiatrie. Dans cette situation de crise, les prises en charge et les soins demandent une réorganisation constante du personnel. Ce personnel soignant est confronté à des situations très lourdes et dramatiques, et son engagement mériterait d’être reconnu.
Ma question est donc la suivante : serait-il envisageable de communiquer sur le travail actuel et futur à l’Hôpital des enfants, en reconnaissance des efforts du personnel soignant afin de le soutenir, lui aussi, dans ce drame ?
Tout comme les habitantes et habitants de notre canton, de Suisse et de bien au-delà, le Conseil d’Etat a été durement affecté par les événements tragiques survenus la nuit du Nouvel An à Crans-Montana. Il réitère sa profonde solidarité envers la population valaisanne et ses autorités, ainsi qu’envers les familles, amis, camarades et collègues directement touchés par le deuil et la perte d’êtres chers. Ses pensées vont également aux victimes blessées, marquées dans leur chair et dans leur âme. Parmi les victimes, beaucoup sont vaudoises ; notre canton figure parmi les plus touchés par ce drame. Le Conseil d’Etat tient à exprimer son immense gratitude envers l’ensemble des personnes impliquées dans la prise en charge des victimes de l’incendie. Il salue l’élan de solidarité au sein du canton, entre les cantons, au niveau suisse et européen. Ces actions solidaires et collectives démontrent la force et la résilience de notre système de santé.
Au niveau vaudois, les services préhospitaliers et d’urgence du Canton de Vaud ont été fortement sollicités dès les premières heures après l’incendie. Le transport en urgence de patients, parmi les plus gravement brûlés, s’est organisé dans des temps records. Au matin du 1er janvier, 22 patients ont été accueillis au CHUV, qui dispose d’un des deux centres de grands brûlés de Suisse avec Zurich. Entre le 2 et le 4 janvier, le CHUV a organisé le transfert de 13 patients vers des hôpitaux spécialisés européens, en étroite collaboration avec le Réseau national de médecine de catastrophe de l’Office fédéral de la protection de la population, et dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne.
Il reste donc à ce jour 9 patients pris en charge au sein du CHUV : 3 en soins intensifs pédiatriques, 1 en soins intermédiaires pédiatriques, 4 en services de médecine intensive adulte, et 1 en chirurgie plastique. Ces 9 patients sont soignés selon une approche holistique, nécessaire lors de la prise en charge des grands brûlés. Au vu du nombre important de blessés, ils sont répartis entre les équipes adultes et pédiatriques, mais bénéficient indépendamment du service où ils pris en charge de façon adaptée à leur âge et par l’expertise particulière du CHUV en matière de soins aux grands brûlés.
En effet, les soins aux personnes brûlées sont particulièrement complexes. Ils nécessitent à la fois des compétences spécialisées très spécifiques à la prise en charge des brûlures, assurées au sein des équipes du Centre des Brûlés du CHUV et une forte transversalité entre les disciplines médico-soignantes, adultes et pédiatriques. La logistique hospitalière – de même que le service de pharmacie – est également fortement mobilisée pour assurer la prise en charge de ces patients complexes. Si les patients brûlés de Crans-Montana sont pris en charge dans le bâtiment hospitalier principal, où se situent les soins intensifs adultes et pédiatriques, il va de soi que l’Hôpital des enfants, inauguré en 2025, joue un rôle essentiel dans le dispositif pédiatrique global du CHUV. Cependant, vu l’implication d’un grand nombre de services au CHUV dans la prise en charge des victimes de ce drame et l’énorme solidarité montrée par l’ensemble du personnel afin de permettre au CHUV de faire face, une communication plus globale a été privilégiée. Le Conseil d’Etat remercie une nouvelle fois l’ensemble des professionnels qui œuvrent au quotidien, dès les premiers instants, pour la prise en soins des patients brûlés le 1er janvier 2026.
Retour à l'ordre du jourMadame la présidente du Conseil d’Etat, je vous remercie pour cette explication très détaillée de cette prise en charge. En effet, je pense que le travail qui a été fait est magnifique. Je me suis permis de relayer un sentiment d’invisibilisation de l’Hôpital des enfants qui a été très sollicité, puisque la plupart de ces victimes sont des enfants et des adolescents. Nous avons beaucoup parlé tout à l’heure de la souffrance du personnel, je pense que les équipes de l’Hôpital des enfants souffrent elles aussi de ces prises en charge. Malgré la communication choisie, j’estime que mettre un peu plus en avant le travail de ce nouvel hôpital – qui est magnifique et qui fonctionne très bien – serait tout à fait apprécié par ces équipes soignantes.