Communications
Séance du Grand Conseil du mardi 21 mai 2024, point 1 de l'ordre du jour
Transcriptions
Semaine de la citoyenneté
Je vous informe que nous sommes dans une semaine particulière – la semaine de la citoyenneté – qui se déroule à partir d’aujourd’hui jusqu’à vendredi. Des visites du parlement sont prévues jeudi après-midi et des votations organisées pour les élèves. Vous trouverez les informations détaillées sur le site internet du canton. Je vous encourage à le consulter, car je trouve le programme intéressant.
Réponses du Conseil d’Etat aux simples questions, résolutions, déterminations et pétitions
Durant la semaine écoulée, le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil les réponses suivantes
- Réponse du Conseil d’Etat au Grand Conseil à la simple question Aude Billard au nom du PS – Courriers échangés avec l’Office fédéral de la culture (OFC) concernant le PAC Lavaux et son inscription au patrimoine de l’UNESCO (24_QUE_23)
- Réponse du Conseil d’Etat au Grand Conseil à la simple question Jacques-André Haury – La lutte pour l’égalité ne justifie-t-elle pas la masculinisation de certains substantifs féminins ? (24_QUE_27)
Intervention personnelle de Mme Joëlle Minacci sur l'occupation de l'Unil
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, une députée demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 membres, le président lui donne la parole ultérieurement.
Retour à l'ordre du jourDurant 13 jours, des étudiants ont occupé le hall du bâtiment Géopolis de l’Université de Lausanne (Unil). Le collectif a fait usage du droit fondamental de manifester de manière pacifique, un droit inscrit dans les articles 16 et 22 de notre Constitution. Ce droit existe pour permettre à la société civile d’avoir une voix et un poids lorsqu’elle considère que les décideurs politiques ont failli à leur devoir. En effet, les autorités politiques suisses participent au silence assourdissant des pays occidentaux face au massacre à large échelle du gouvernement israélien à Gaza, alors même que le procureur de la Cour internationale de justice vient de demander à la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou, Yoav Gallant et des dirigeants du Hamas pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La Suisse doit s’engager activement, sans distinction, pour un cessez-le-feu à Gaza, l’accès à l’aide humanitaire, la libération des otages israéliens, la libération des prisonniers politiques palestiniens et la fin de l’occupation des territoires palestiniens.
Dans ce contexte, le collectif de Géopolis a produit un rapport de recherche de 30 pages qui détaille la manière dont les universités israéliennes, qui ont un partenariat avec l’Unil, jouent un rôle dans le conflit armé en cours. Le rapport cite, par exemple, l’Université hébraïque de Jérusalem installée sur les territoires palestiniens occupés de Jérusalem-Est en violation du droit international, qui forme entre autres des membres du renseignement israélien ou encore de l’Ashkelon Academic College, qui collabore avec des entreprises militaires privées. Personne ne s’était emparé de ce sujet crucial, alors que ces informations étaient disponibles depuis longtemps et l’Unil n’avait jamais dénoncé les crimes et violations des droits humains à l’encontre des académiques palestiniens. Qui donc aurait effectué ce travail si les étudiants ne l’avaient pas fait ? Par leur demande de boycott institutionnel des universités israéliennes – et non des chercheurs et des individus israéliens – le collectif est venu questionner l’Unil sur sa responsabilité en regard de sa charte et sur ses collaborations universitaires dans des contextes de conflits armés.
Durant l’occupation, le collectif a développé une auto-organisation et un fonctionnement démocratique remarquables en un temps record. Il a veillé à la continuation des cours, à la sécurité du lieu, en maintenant le dialogue ouvert avec la direction de l’Unil. Une charte éthique qui dénonce tout comportement violent, raciste et sexiste a été mise en place. Le collectif a en outre respecté les conditions posées par le Rectorat – que l’on peut saluer pour la manière dont il a dialogué avec ce collectif. Nous relevons aussi les pressions politiques de certains partis. Dans ce contexte, M. le conseiller d’Etat Borloz a déploré « des messages entendus ou lus qu’on nous a rapportés, des messages injurieux, voire racistes, et qui incitent à la haine », justifiant ainsi son appel à la fin de l’occupation de Géopolis. Or, lorsqu’il lui a été demandé des exemples, ici même ou par des journalistes, M. Borloz a refusé de répondre. Ce procédé est plus que discutable dans un contexte où le camp bourgeois et une partie de la presse ont diabolisé le mouvement en cherchant à le délégitimer. Les étudiants sont en droit de savoir exactement ce qui leur est reproché. Nous attendons dès lors des explications du Conseil d’Etat sur les propos tenus par M. le conseiller d’Etat Borloz.