26_INT_3 - Interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Les Vert.e.s - Le syndrome de stress post-traumatique chez les enfants : une urgence éducative et sociale (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 20 janvier 2026, point 6 de l'ordre du jour
Texte déposé
De nombreux enfants scolarisés aujourd’hui ont été confrontés à des situations traumatiques majeures et à des stress sévères liés à des événements extraordinaires. Cette réalité ne concerne pas uniquement les enfants issus de la migration, mais tous les enfants ayant vécu des expériences profondément marquantes, telles que la maltraitance, les violences physiques ou sexuelles, la négligence grave, ou encore la mort violente ou soudaine d’un proche.
Parmi eux figurent également des enfants migrants — réfugiés, demandeurs d’asile ou déplacés — qui ont souvent été exposés à des violences extrêmes : conflits armés, persécutions, parcours migratoires périlleux, séparations familiales ou pertes de proches.
À leur arrivée, ces enfants ne trouvent pas nécessairement un apaisement immédiat et doivent souvent faire face à une précarité persistante, à une instabilité du logement, à une incertitude administrative, à des barrières linguistiques, à l’isolement social, ainsi qu’aux difficultés de parents eux-mêmes fragilisés par le stress et le traumatisme.
Tout cela expose ces enfants à un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) sévère, souvent non diagnostiqué ou pris en charge tardivement ce qui souvent impacte directement leur intégration, leur comportement et/ou leur réussite scolaire et entraînant très souvent des conséquences concrètes à l’école.
Les enfants souffrant de stress post-traumatique peuvent notamment manifester :
- des troubles de l’attention et de la concentration,
- une anxiété intense, des crises d’angoisse et des troubles du sommeil,
- des comportements agressifs ou, au contraire, un repli sur soi,
- des difficultés à s’intégrer socialement et à établir des relations avec leurs pairs et avec les enseignants.
Ces symptômes sont souvent mal compris, les équipes éducatives n’étant pas toujours formées pour les identifier ou les accompagner. Cela peut conduire à des incompréhensions, à une stigmatisation involontaire, voire à des mesures d’exclusion scolaire, alors que ces comportements relèvent avant tout d’une problématique de santé mentale.
Cette situation met en évidence une urgence éducative et sociale.
Dès lors, la présente interpellation soulève les questions suivantes :
- Quelles mesures concrètes sont actuellement en place pour repérer, accompagner et soigner les enfants souffrant de stress post-traumatique, ?
- Dans quels délais ces enfants peuvent-ils accéder à un suivi psychologique adapté, et le réseau de professionnels formés — psychologues, éducateurs spécialisés, médiateurs interculturels — est-il suffisant ?
- Quelle aide spécifique est apportée aux établissements scolaires afin de leur permettre de faire face à ces situations, notamment en matière de formation, de renforts humains et de partenariats avec les structures médico-sociales ?
- Des données, statistiques ou études existent-elles pour mesurer l’ampleur de ce phénomène, et quelles informations sont actuellement disponibles ou prévues ?
Par avance, je remercie le Conseil d’État pour ses prochaines réponses.
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Géraldine Dubuis | VER |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Kilian Duggan | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Théophile Schenker | VER |
| Jean-Louis Radice | V'L |
| Isabelle Freymond | IND |
| Sylvie Podio | VER |
| Hadrien Buclin | EP |
| Didier Lohri | VER |
| Vincent Bonvin | VER |
| Sylvie Pittet Blanchette | SOC |
| Martine Gerber | VER |
| Claire Attinger Doepper | SOC |
| Vincent Keller | EP |
| Marc Vuilleumier | EP |
| Jean Valentin de Saussure | VER |
| Felix Stürner | VER |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Yolanda Müller Chabloz | VER |
Documents
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourD’abord, laissez-moi vous rappeler mes intérêts : je suis municipale en charge de la culture, de la jeunesse et des affaires scolaires de la ville de Renens. Dans ce cadre, j’ai été approchée par des enseignantes ainsi que des membres de directions scolaires. En effet, un nombre important d’enfants et de jeunes sont confrontés à des traumatismes majeurs présentant des répercussions profondes et durables sur leur développement, leur bien-être et leur scolarité. Ces situations concernent aussi bien les enfants ayant vécu des violences, des maltraitances, des négligences graves ou des pertes soudaines que les enfants migrants exposés à des traumatismes multiples liés aux conflits armés, à l’exil, aux séparations familiales et à la précarité persistante à leur arrivée.
L’école devient alors un lieu central où ces souffrances s’expriment, souvent de manière indirecte, invisible ou mal comprise. La violence du stress post-traumatique réside dans le fait qu’il enferme l’enfant dans la répétition intérieure d’un événement qu’il n’a pas pu comprendre ni maîtriser. Le traumatisme ne reste pas cantonné au passé, il envahit le présent sous forme de souvenirs envahissants, de cauchemars, de réactions et de paniques ou de sensations corporelles intenses.
A l’école, ces manifestations peuvent se traduire par des troubles de l’attention, une anxiété intense, des comportements agressifs ou au contraire un retrait marqué, ainsi que des difficultés relationnelles avec les pairs et les adultes. Faute de repérage et de compréhension, ces comportements sont parfois interprétés comme de l’indiscipline, un manque de motivation ou une opposition volontaire. Cela peut conduire à des réponses éducatives inadaptées et à une stigmatisation involontaire, voire à des exclusions. Ainsi, cette interpellation souligne la nécessité urgente de renforcer la formation des enseignants et des équipes éducatives afin de leur permettre d’identifier les signes du stress post-traumatique, d’adapter leurs pratiques pédagogiques et de collaborer efficacement avec les professionnels de la santé mentale et du secteur médico-social. Une meilleure formation constitue un levier essentiel pour prévenir les incompréhensions, favoriser une école inclusive et sécurisante, et garantir à ces enfants un accompagnement respectueux de leur psychisme. Aussi, à ce titre, plusieurs questions ont été posées au Conseil d’Etat.
Retour à l'ordre du jourL’interpellation est renvoyée au Conseil d’Etat qui y répondra dans un délai de trois mois.