26_INT_101 - Interpellation Philippe Jobin et consorts - sur la sécheresse 2026 : au-delà des dérogations, quel pilotage financier d’un risque désormais récurrent ? (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 25 août 2026, point 12 de l'ordre du jour
Texte déposé
La sécheresse de l’été 2026 n’est pas un accident : c’est l’énième occurrence d’un phénomène devenu récurrent, après les épisodes de 2018 et de 2022. La traiter chaque fois comme une urgence exceptionnelle masque un fait qui concerne directement ce parlement : cette répétition a un coût, et ce coût n’est à ce jour ni chiffré ni provisionné. Il est absorbé, année après année, dans l’improvisation.
Le canton n’est pas resté inactif, il faut le reconnaître. Sur le plan administratif, la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires a arrêté le 20 juillet 2026 un train de dérogations fondées sur l’article 106 de l’ordonnance fédérale sur les paiements directs (cas de force majeure). Sur le plan financier, il a mis en place en 2025 un fonds de secours d’environ 500 000 francs pour les situations difficiles, y compris les événements climatiques. Ces mesures sont utiles.
Mais aucune ne compense une récolte perdue, ni ne transfère le risque de production. Les dérogations évitent une pénalité administrative, à coût presque nul pour l’État, précisément parce qu’elles ne compensent rien. Et le fonds de secours, financé par une manne fédérale non récurrente et calibré pour le cas individuel, serait épuisé par un seul sinistre collectif frappant des centaines d’exploitations le même été.
Or le risque de sécheresse est assurable : la Suisse Grêle comme la Mobilière le couvrent, et la Confédération réduit déjà, depuis 2025, jusqu’à 30 % les primes d’assurance récolte contre la sécheresse et le gel. Le principe d’un soutien public à la prime est donc posé, au niveau fédéral. La question n’est plus de savoir s’il faut encourager ce transfert de risque, mais pourquoi le contribuable cantonal demeure l’assureur de dernier ressort là où ce mécanisme, au coût connu et plafonné, existe déjà et pourrait être complété. L’assurance, toutefois, ne finance que le risque résiduel ; elle ne le supprime pas. Seul l’investissement structurel (stockage et retenues d’eau, irrigation, robustesse des sols) romprait le cycle des rustines annuelles.
C’est sur ce pilotage financier, et non sur des mesures de circonstance, que nous interrogeons le Conseil d’État. Nous avons l’honneur de lui poser les questions suivantes :
- Le Conseil d’État dispose-t-il d’une évaluation du coût économique de la sécheresse 2026 pour l’agriculture cantonale, à savoir les pertes de production par filière et le risque de destruction de capital productif en cas d’abattages contraints faute de fourrage cet hiver ?
- Quel est, pour le canton, le coût budgétaire cumulé des mesures d’urgence prises lors des épisodes de 2018, 2022 et 2026 ; ce coût est-il suivi et provisionné ; et la sécheresse, désormais récurrente, est-elle intégrée comme un risque financier identifié dans la planification pluriannuelle et le budget ?
- La Confédération réduisant déjà, depuis 2025, jusqu’à 30 % les primes d’assurance récolte contre la sécheresse et le gel, le Conseil d’État a-t-il évalué un complément cantonal à cette réduction fédérale, plafonné et budgété, donc au coût connu d’avance, plutôt que d’absorber au coup par coup des pertes non provisionnées ?
- Le Conseil d’État a-t-il comparé le coût cumulé de la gestion d’urgence répétée à celui d’un investissement structurel (stockage et retenues d’eau, irrigation, robustesse des sols, Plan Climat vaudois, à l’image du projet romand de pompage de l’eau du lac de Neuchâtel pour la Broye), et où en est le déploiement de tels projets en terre vaudoise ?
- En cas de conflit d’usage entre eau potable, milieux naturels et irrigation, selon quels critères et à quel coût le canton arbitrera-t-il la ressource lors des prochaines sécheresses ?
Nous remercions le Conseil d'État de ses réponses. Si toute aide est la bienvenue en temps de crise, il ne s'agit pas pour autant de multiplier les aides pour les multiplier, mais de savoir si le canton pilote un risque financier désormais structurel, ou s'il en découvre la facture chaque été.
Echichens, le 17 août 2026
Laurence Cretegny, Aliette Rey-Marion, Anne-Lise Rime, Loïc Bardet, Stéphane Jordan, Fabrice Tanner, Mathieu Balsiger, Maurice Neyroud, Olivier Petermann
Conclusion
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Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Anne-Lise Rime | PLR |
| Marc-Olivier Buffat | PLR |
| Pierre-Alain Favrod | UDC |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Olivier Petermann | PLR |
| Pierre-François Mottier | PLR |
| Romain Belotti | UDC |
| Thierry Schneiter | PLR |
| Isabelle Freymond | IND |
| Stéphane Balet | SOC |
| Laurence Cretegny | PLR |
| Fabrice Moscheni | UDC |
| Martine Gerber | VER |
| Loïc Bardet | PLR |
| Anna Perret | VER |
| Laurence Bassin | PLR |
| Aurélien Demaurex | V'L |
| Jean-Luc Bezençon | PLR |
| Bernard Nicod | PLR |
| Nicolas Bolay | UDC |
| Oscar Cherbuin | V'L |
| Cédric Weissert | UDC |
| Stéphane Jordan | UDC |
| Maurice Treboux | UDC |
| Denis Dumartheray | UDC |
| Florence Gross | PLR |
| Jean-François Thuillard | UDC |
| Jean-Claude Favre | V'L |
| Fabrice Tanner | UDC |
| Valentin Christe | UDC |
| José Durussel | UDC |
| Alain Cornamusaz | UDC |
| Géraldine Dubuis | VER |
| Alexandre Berthoud | PLR |
| John Desmeules | PLR |
| Maurice Neyroud | PLR |
| Philippe Germain | PLR |