Rapport social 2026
«L’impact des prestations sociales est le plus grand pour les personnes de 65 ans et plus»
Le nouveau rapport social vaudois dresse un état des lieux de la situation sociale dans le canton entre 2012 et 2022. Parmi ses principaux constats figure l'importance des prestations sociales pour préserver le niveau de vie des personnes âgées et prévenir la pauvreté.
Selon le rapport social vaudois, au cours de la période analysée, le niveau de vie médian de la population vaudoise a progressé de 4,5 %. Cette amélioration est particulièrement marquée chez les seniors, dont le niveau de vie médian a augmenté de 9 %, soit davantage que dans les autres catégories de ménages étudiées. «On constate une amélioration marquée du niveau de vie des seniors, mais on constate aussi le rôle essentiel que les prestations sociales jouent pour une autre partie des seniors, souligne Nathalie Blanchet, autrice du rapport social. Sans ces aides financières une vie digne ne serait pas possible».
Le rapport met également en évidence une baisse de la pauvreté dans le canton. Entre 2012 et 2022, la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est passée de 5 % à 3,9 %. Chez les personnes de 65 ans et plus, le taux de pauvreté s'établit à 1,6 % en 2022. Sans les prestations sociales, il atteindrait toutefois 11,6 %, ce qui illustre l'effet majeur des aides publiques sur les conditions de vie des seniors. «L’impact des prestations sociales est le plus grand pour les personnes de 65 ans et plus», explique Nathalie Blanchet. Selon elle, elles sont proportionnellement moins affectées par la pauvreté absolue que le reste de la population, principalement grâce aux subsides à l’assurance-maladie et aux prestations complémentaires à l’AVS.
En 2022, 32 % des personnes âgées de 65 à 79 ans et 40 % des personnes de 80 ans et plus bénéficiaient d'un subside à l’assurance-maladie, tandis que 15 % des rentières et rentiers AVS percevaient des prestations complémentaires.
Par ailleurs, les inégalités dans la répartition des ressources sont plus grandes chez les plus âgées : en 2022, le niveau de vie des 10% les plus aisées est au moins 5 fois plus important que celui des 10 % les plus pauvres (4 fois parmi les personnes de 25 à 64 ans).
Le non-recours aux prestations sociales
«Le non-recours aux prestations constitue un défi pour la cohésion sociale», souligne Nathalie Blanchet. En 2022, un quart des personnes éligibles aux subsides et, en 2020, près d'une personne sur quatre ayant droit aux prestations complémentaires AVS n’en demandaient pas. Les raisons principales du non-recours sont la méconnaissance des aides financières à disposition ou des démarches à entreprendre, la crainte de la stigmatisation ou encore la peur d’un déclassement social perçu.
Pour lutter contre le non-recours, une action concertée réunissant tous les acteurs de terrain sera nécessaire ces prochaines années. Cette démarche permettra d’identifier les différents leviers d’action pour améliorer le recours aux prestations.
«Les indicateurs de ce rapport social le montrent : lorsque la solidarité est organisée et assumée, elle réduit la pauvreté, sécurise les parcours de vie et donne à chacun la possibilité de participer pleinement à la société, dit Nathalie Blanchet. Il est possible d’agir pour que la naissance, la solitude, la maladie, le handicap, l’âge, le statut socio-économique ou un épisode malheureux ne déterminent pas le destin des habitantes et habitants de ce canton».
Selon le rapport social, la cohésion sociale qui en résulte repose sur des choix collectifs ; elle se construit par des politiques publiques qui soutiennent, protègent, émancipent et responsabilisent. Au gré des transformations à venir, qu’elles soient sociales, démographiques ou économiques, il s’agira d’en prendre soin tout en l’adaptant progressivement.