Votre identité

Une agricultrice qui sait cultiver ses intérêts

Laetitia Cattin apprécie particulièrement le travail avec les animaux. Elle aimerait à l’avenir pouvoir lier ses intérêts pour l’agriculture et pour l’éducation. Olivier Vogelsang

Laetitia Cattin s’est réorientée après sa matu gymnasiale pour obtenir un CFC d’agricultrice.

Laetitia Cattin s’est longtemps imaginée devenir enseignante et c’est avec cette idée en tête qu’elle est entrée à l’école de maturité. Pourtant, en deuxième année, la jeune fille s’est mise à douter de son choix et à envisager une alternative à son projet initial. Aujourd’hui âgée de 23 ans, elle raconte : « Depuis toute petite, je suis attirée par la nature et les animaux. Travailler dans une ferme, c’était pour moi un rêve d’enfant, comme pour d’autres devenir chanteuse.» Elevée dans la campagne vaudoise, Laetitia Cattin monte à cheval depuis l’âge de 12 ans et, à partir de la fin de l’école obligatoire, elle est allée donner un coup de main dans la ferme où elle montait. En dernière année de l’école de maturité, en visite chez une amie habitant dans une ferme, elle a eu « un déclic » qui a réactivé son rêve d’enfant. « J’ai fait un stage chez un agriculteur dans le Chablais et signé mon contrat d’apprentissage six mois avant d’obtenir ma matu », se souvient la jeune femme qui reconnaît avoir hésité à interrompre son gymnase. « J’étais saoulée par les études, mais mes parents m’ont encouragée à aller jusqu’au bout. »

Motivation à l’épreuve
Passer des bancs d’école à une activité aussi absorbante que l’agriculture n’a pas été simple pour Laetitia Cattin. « Les horaires, le travail physique, la vie loin de ma famille… Je m’y étais préparée, mais le saut de l’un à l’autre a été rude. » Elle qui, sa maturité gymnasiale en poche, aurait éventuellement pu entrer directement en deuxième année, a néanmoins choisi de partir de zéro « pour bien connaître la pratique ». Les soins à la vigne et au bétail ont occupé ses journées d’apprentie de première année, entre plaine et alpage dans une exploitation des Préalpes vaudoises. Une rupture de contrat ébranle la jeune femme qui, en attendant de trouver un autre domaine agricole où poursuivre son apprentissage, donne un coup de main dans une ferme de sa région pratiquant la thérapie par le cheval : « Je faisais les écuries et montais les chevaux en échange, tout en continuant de suivre les cours professionnels. » En deuxième année, engagée dans une ferme répartie sur deux sites, elle s’occupe  des moutons, des chèvres et des cochons, tout en découvrant la culture des herbes aromatiques. « Des liens se sont tissés avec la famille... A la fin de l’année, c’était dur de tout quitter du jour au lendemain, mais j’ai gardé de bons contacts. » Sa dernière année d’apprentissage s’est déroulée du côté d’Estavayer. Les grandes cultures ainsi que les vaches laitières ont monopolisé son attention après six mois de cours à plein temps à l’Ecole professionnelle de Moudon. Laetitia Cattin a obtenu son certificat fédéral de capacité (CFC) avec une moyenne de 5.2, et, comme présidente du conseil des délégués de classe, elle a été chargée du discours des promotions, avant d’être sollicitée pour devenir ambassadrice de la formation professionnelle (voir encadré).

Le CFC, tremplin vers la formation supérieure
Laetitia Cattin s’apprête à commencer la formation bachelor en agronomie à Zollikofen, à laquelle son CFC et sa maturité gymnasiale (au même titre qu’une maturité professionnelle), la préparent parfaitement. Elle a préféré repousser son admission d’un an pour travailler et mettre de l’argent de côté. Elle travaille actuellement en garderie et dans des unités d'accueil pour écoliers « pour voir autre chose », tout en mettant ses compétences en agriculture pour des remplacements. Liant ses deux intérêts pour l’éducation et la nature, elle a pour projet à long terme de gérer une ferme pédagogique pour les enfants en difficultés afin de leur permettre de s’épanouir avec les animaux et au millieu de la nature.

Corinne Giroud
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24Heures du 14 mai 2020

Ambassadrice de la formation professionnelle, fonction honorifique

Promouvoir la formation professionnelle, telle est la volonté du Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture. L’idée que «des jeunes parlent aux jeunes» est au cœur du dispositif, qui prévoit la disponibilité d’une quinzaine de professionnels pour des actions de communication dans le canton, notamment dans les écoles. Onze garçons et quatre filles ont été sélectionnés sur la base de leurs résultats en apprentissage ou aux SwissSkills. «Tous les domaines profession­nels sont représentés, commente Jean­Pierre Delacrétaz, directeur adjoint à l’Office de la formation professionnelle et continue. Leurs employeurs sont informés, et leurs noms sont à la disposition des établissements secondaires et des enseignants, qui peuvent les solliciter, par exemple pour les périodes d’approche du monde professionnel.

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