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Faire face à la pénurie dans les métiers du numérique : une étude montre le chemin à suivre

Présentée dans le cadre d’une séance publique à la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion à Yverdon, une étude approfondie sur la pénurie des métiers du numérique dans le Canton de Vaud met en lumière les défis et opportunités qui se présentent pour lutter contre le manque de personnes qualifiées. Réalisée par des experts sur mandat des départements de l'économie, de l'innovation, de l’emploi et du patrimoine (DEIEP) ainsi que de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF) de l’Etat de Vaud, cette étude fournit un aperçu détaillé de la situation actuelle. Sur cette base de travail solide, le Canton présente ses pistes d'action pour faire face aux enjeux actuels et futurs et échange sur ces questions avec les entreprises du secteur.

Frédéric Borloz et Isabelle Moret - présentation à Yverdon
Le conseiller d’État, Frédéric Borloz et la Conseillère d'Etat, Isabelle Moret, présentent, à la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion à Yverdon, une étude approfondie sur la pénurie des métiers du numérique dans le Canton de Vaud. Crédits : ARC JB Sieber

Le premier constat de l’étude est très positif et encourageant. L'offre de formation est en adéquation avec les profils recherchés. Le Canton de Vaud a réussi à aligner son offre de formation avec les besoins du marché du travail dans le secteur numérique et à suivre l’évolution rapide du domaine. On dénombre 93 cursus dans le digital pour 966 personnes formées par année dont 90% viennent de Suisse.  

Deuxième constat, la pénurie est avant tout quantitative. Il manque des personnes formées, et des femmes en particulier. L’étude constate également un déficit de candidats dans plusieurs filières du numérique ainsi qu’un manque de places d'apprentissage en école pour les informaticiens, ce qui limite la formation de nouveaux professionnels. 

Parmi les enseignements que le Canton tire de cette étude, un renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé, notamment dans le cadre du développement de la formation continue, apparait comme un élément central parmi les solutions identifiées. En parallèle, mener des campagnes de sensibilisation ciblant les jeunes pour leur présenter les avantages et perspectives des métiers du numérique tout comme encourager davantage les femmes à rejoindre des filières de formation professionnelle scientifique dès leur plus jeune âge sont également considérées comme des mesures pouvant agir comme un important effet de levier.

De manière générale, l’étude encourage la collaboration entre l'économie, l’enseignement et les partenaires de la formation pour créer un plan d'action concret. Des axes de travail, des mesures déjà engagées ou à venir ont également été évoqués par les deux départements présents. A commencer par le DEF :

  • Éducation numérique : ce programme majeur du Département est en cours de déploiement. Il vise à donner un socle de connaissances et de compétences numériques à tous les élèves. En ce sens, il promeut également les voies d’apprentissage qui mènent aux métiers du numérique.  
  • Promotion des matières MINT : le renforcement des mathématiques, des sciences, et des matières techniques (MINT) est essentiel pour préparer les jeunes aux carrières numériques. Un Salon MINT, ciblé sur les élèves de 5P à 8P, aura lieu au printemps 2024. Plusieurs autres mesures sont déjà engagées, ciblant notamment les filles, pour les sensibiliser à ces matières.  
  • Valorisation de la formation professionnelle : l'augmentation prévue de 200 places d'apprentissage pour devenir informaticienne et informaticien en école d'ici 2027 aidera à répondre à la demande. 

De son côté, le DEIEP a rappelé que les enjeux liés aux pénuries sont une priorité non seulement pour l'Etat et les milieux académiques, mais aussi pour les milieux économiques. Dès lors, des mesures complémentaires ont été évoquées :  

  • Adaptation de l'offre de formation avec l’aide des acteurs économiques : les programmes de formation doivent être adaptés avec les entreprises et les organisations économiques, en particulier au niveau de la formation continue, pour répondre aux nouveaux besoins de l'économie, en particulier dans le contexte de la transition numérique et énergétique. 
  • Requalification professionnelle des demandeurs d’emploi en développant les filières de reconversion vers les métiers dont l’économie a besoin, en collaboration avec la direction générale de l’emploi et du marché du travail (DGEM).   
  • Mise en place d’une veille prospective des secteurs économiques, des emplois et des métiers de “l’économie de demain”, en collaboration avec le service de la promotion économique et de l’innovation (SPEI).   

Face à la pénurie des métiers du numérique, il est crucial d'agir sur l'ensemble de la chaîne de formation, de l'école obligatoire aux Hautes écoles, en passant par les formations continues. Mettre l'accent sur l'engagement des femmes dans le secteur, qui ne représentent que 19% des étudiants formés par année dans le numérique, est essentiel. L'orientation vers la formation et l'apprentissage doit être encouragée. Seul un effort collectif entre l'Etat et les entreprises permettra de relever ce défi majeur des métiers du numérique.

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