Escrocs, ils harcèlent leurs victimes, le plus souvent âgées et amatrices de vin, depuis des centres téléphoniques en France ou en Tunisie. Les candides peuvent perdre plusieurs dizaines de milliers de francs. La Police cantonale enquête et invite à la prudence et au dépôt de plaintes pénales.
Tout commence par l'achat, sans jamais la moindre livraison, de quelques bouteilles de vins de Bordeaux de piètre qualité. L'affaire se termine par des appels à verser des avances aux prétendus avocats supposés défendre les victimes. Une bande très organisée est à l'œuvre depuis plusieurs mois sur le réseau téléphonique suisse.
La victime a acheté précédemment - parfois il y a plusieurs années - du vin suite à un démarchage téléphonique. Ces crus sont en général de piètre qualité et de prix surfaits. L'acheteur ne peut savoir que, depuis son premier achat, le fichier portant son nom et celui de centaines d'autres amateurs a été dérobé au fournisseur initial. Puis revendu à des sociétés de démarchage, parfois radiées des registres de commerce. Celles-ci peuvent être domiciliées en Suisse ou en France. Elles ont un centre de communication téléphonique en Tunisie. Des opératrices contactent depuis là leurs futures victimes en leur proposant à nouveau du vin. Parfois, elles assurent à leurs correspondants qu'ils sont les gagnants d'une pseudo loterie. Dans les deux cas les victimes sont invitées à faire des avances de frais via une société de paiements internationaux et un office postal. Arrivent ensuite des appels téléphoniques répétés et insistants.
Le stade suivant démontre que les escrocs agissent en bande. Il s'agit, en effet, de faire comprendre à la victime qu'elle a été trompée. Et de lui laisser croire que son nouvel interlocuteur défendra ses intérêts devant des instances judiciaires de Tunisie. Une fois encore le grugé est instamment prié de verser des indemnités qui vont se révéler toujours plus élevées. Harcèlement téléphonique et menaces, se succèderont à nouveau. De 550 francs pour des bouteilles de vins jamais livrées à plus de 50'000 francs lorsque la victime comprend que l'unique solution consiste à prévenir la police, la facture peut s'avérer très salée. Trop estime la Police cantonale vaudoise qui invite les personnes, âgées le plus souvent, à faire preuve de prudence, à ne jamais donner de numéro de cartes de crédit, et à déposer plainte pour chacune de ces arnaques.