Le projet
Porté par le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire (MCAH), le Naturéum et l’équipe de Stéphanie Ginalski, chercheuse et enseignante à l’UNIL, ce projet a pour but d’étudier les collections des deux musées sous différents angles. Les musées, avec une équipe de chercheurs congolais, identifient et documentent les collections de l’actuelle République Démocratique du Congo (RDC) acquises à l’époque coloniale, et l’équipe universitaire retrace la biographie des agentes et agents d’acquisition. Ce double regard permet de contextualiser la constitution et la circulation des collections congolaises en Suisse, particulièrement dans le canton de Vaud, dans la première moitié du 20ème siècle.
Agents d’acquisition très divers
Certes, la Suisse n’a pas eu de colonie en Afrique. Cependant, de nombreux Vaudois sont partis sur ce continent en tant que missionnaires, fonctionnaires coloniaux, commerçants ou entrepreneurs, parfois avec leurs épouses. Souvent cités comme agents d’acquisition de collections d’ethnographie, ces Vaudoises et ces Vaudois sont aussi à l’origine de collections géologiques, botaniques et zoologiques, qu’ils et elles ont donné à "leur" musée cantonal. Jusqu’à présent, la recherche de provenances s’est très peu penchée sur les spécimens de sciences naturelles, manque que ce projet contribue à combler.
Démarche participative et sciences citoyennes
Cette recherche vise à impliquer des personnes issues de la société civile, notamment la diaspora congolaise en Suisse, et des classes de trois gymnases lausannois, grâce à un partenariat avec des enseignantes et enseignants d’histoire et avec le site notrehistoire.ch. Les premiers résultats de documentation des collections seront mis en ligne et disponibles pour tous les publics. L’objectif est également de développer les compétences des gymnasiennes et gymnasiens en digital literacy et web editing.
Une démarche qui répond à la sollicitation de la diaspora africaine en Suisse
Ce projet répond à une demande formulée par le Conseil de la diaspora africaine de Suisse, en décembre 2024, de connaître les collections africaines conservé au MCAH et de pouvoir participer à la vie de ces collections. Il fait aussi suite à un premier projet de recherches de provenances qui a été soutenu par l’Office Fédéral de la Culture (2023- 2024) et qui a permis de statuer sur la provenance et les modalités d’acquisition de plusieurs ensembles.
Mieux comprendre le présent
À terme, ce projet permet tra de visibiliser le patrimoine congolais conservé dans les musées vaudois, d’intégrer les problématiques de politiques mémorielles et d’anticiper les éventuelles demandes de restitution. En outre, il offrira la possibilité de mieux connaître cette partie de l’histoire de la Suisse, en y impliquant la diaspora congolaise et des jeunes en formation.
L’histoire de ces collections vise également à éclairer la période actuelle, en interrogeant des enjeux contemporains comme les ressources minières ou protection de la biodiversité dans l’Afrique d’aujourd’hui.
Timing – recherche et valorisation des résultats
Le projet a démarré à la fin de l’année 2025, avec un travail de recherche et d’identification des archives afférentes. Des workshops réunissant les divers intervenantes et intervenants sont prévus dès avril 2026. La recherche participative se poursuivra jusqu’à fin 2027 et une valorisation des résultats est prévue sur le site notrehistoire.ch, ainsi que par une publication et une exposition en 2028.
Communiqué de presse (pdf, 168 Ko)
Plus d'information: Collections en partage: page du projet Interface sur unil.ch
Site internet: notrehistoire.ch
