La Direction générale de l’enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée (DGEO), en collaboration avec le Service d’éducation physique et du sport (SEPS), présente les résultats d’une étude sur les espaces sanitaires scolaires et les vestiaires sportifs. Face aux évolutions des attentes sociétales et aux enjeux de bien-être des élèves, cette recherche, menée par l’Institut Transform de la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR), vise à mieux comprendre comment ces espaces peuvent répondre aux exigences de sécurité, d’inclusivité, de durabilité et d’économicité.
L’ambition n’est pas uniquement de déterminer quels équipements sont nécessaires, mais surtout de comprendre comment ces espaces sont vécus par les personnes qui les utilisent ou les entretiennent au quotidien. Par cette démarche, le Canton de Vaud se positionne comme précurseur dans l’élaboration de recommandations concrètes pour les infrastructures scolaires.
Une enquête de terrain
Trente sites scolaires vaudois ont été étudiés, répartis entre villages (Corseaux, Gimel ou Cuarnens, entre autres), villes (dont Yverdon-les-Bains, Nyon et Lausanne) et établissements dits périurbains situés dans des secteurs à forte croissance démographique (par exemple Le Mont-sur-Lausanne ou Crissier).
La recherche repose sur trois sources complémentaires : l’expérience vécue des élèves, les témoignages et analyses du personnel d’exploitation (considéré comme des experts d’usage), et les analyses quantitatives de plans.
Des résultats qui dépassent la seule conformité aux normes
L’étude révèle que de nombreux élèves limitent ou évitent l’usage de certains équipements sanitaires et sportifs. Plus de 90 % déclarent ne pas se doucher après les cours d’éducation physique et près de trois élèves par classe, soit 15%, affirment éviter d’utiliser les toilettes de leur école. Cette recherche montre que la conception de ces espaces ne peut plus se limiter aux seules exigences techniques : elle doit également intégrer les questions d’intimité, de sécurité perçue et d’expérience des utilisatrices et utilisateurs.
Le croisement des données met en évidence cinq enjeux majeurs :
- les sensations d’intimité et de sécurité sont indispensables pour que les élèves utilisent ces lieux en confiance ;
- les aménagements qui permettent aux adultes de rester à proximité et d’assurer une surveillance passive rassurent et tendent à pacifier ces espaces ;
- la qualité de l’ambiance (lumière, matériaux, couleurs, climat spatial) influence directement le sentiment de confort et de sécurité ;
- réfléchir aux horaires et aux flux doit permettre d’éviter les situations de stress ou de surfréquentation ;
- des relations de confiance entre les élèves et le personnel d’exploitation contribuent à prévenir les incivilités et à favoriser le respect des lieux.
La recherche apporte une nouvelle perspective : offrir des espaces garantissant à la fois intimité et sécurité permet de dépasser les questions liées à la mixité ou à la séparation genrée des espaces. Ainsi, des solutions telles que les cabines fermées sur toute leur hauteur avec lavabo intégré ou les espaces individuels combinant place pour se changer et douche offrent des réponses universelles, adaptées à l’ensemble des utilisatrices et utilisateurs indépendamment du genre ou du handicap.
Les résultats montrent enfin qu’il n’est pas nécessaire de disposer de davantage de surfaces ou d’équipements, mais plutôt de mieux concevoir les espaces existants afin de répondre aux besoins des élèves tout en garantissant une maîtrise des coûts. L’objectif est de leur offrir des conditions favorables à l’apprentissage, à la concentration et à une bonne hygiène.
Un cadre de référence pour les futurs projets
Les recommandations constituent un cadre de réflexion adaptable aux spécificités de chaque établissement. Elles ne remplacent pas les normes actuelles, mais viennent ajouter un éclairage supplémentaire. Avec cette étude, le Canton peut accompagner les communes avec des propositions claires, pragmatiques et financièrement soutenables.
Enfin, cette étude constitue une base importante pour l’actualisation à venir des directives et recommandations du SEPS et de la DGEO afin d’assurer une cohérence des futures constructions à l’échelle cantonale.