Depuis 20 ans, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) mène une politique sociale engagée et innovante pour les jeunes via son programme d’insertion et de formation FORJAD qui est unique en Suisse. Pour sortir les 18 à 25 ans du revenu d’insertion ou pour éviter qu’ils y recourent, la DGCS les intègre dans FORJAD. L’objectif est de suivre une formation post obligatoire pour pouvoir s’insérer sur le marché du travail et devenir autonome financièrement au lieu d’être dépendant du revenu d’insertion sur une longue ou très longue durée.
Cette démarche est une réponse concrète au constat que 80% des bénéficiaires du revenu d’insertion à l’âge de 18 à 25 ans ne disposent pas de formation professionnelle achevée. Les raisons pour lesquelles ces personnes se trouvent en grande difficulté peuvent être multiples : un apprentissage interrompu, un échec scolaire, des difficultés à trouver un travail, un manque de confiance en soi, des problèmes de santé mentale, de famille, de logement ou de dettes.
Dans la première étape de FORJAD, les jeunes concernés sont suivis par des éducateurs. Ils renforcent leurs connaissances scolaires, identifient un projet professionnel et cherchent une place de formation post obligatoire. Au lieu du revenu d’insertion, ils touchent une bourse. A partir du moment où ils ont décroché un apprentissage, ils entrent dans la deuxième phase : celle durant laquelle ils suivent une formation professionnelle (durée 3 à 4 ans) et sont, en parallèle, accompagnés par des coachs. Au terme de leur formation, ils reçoivent une aide de placement afin de trouver leur premier emploi. Entre 2006 et 2026, plus de 6'000 jeunes de 18 à 25 ans ont bénéficié de cet appui.
« 20 ans après son lancement, FORJAD est un exemple de politique d’insertion réussie et d’un investissement d’argent public rentable. Le nombre de jeunes bénéficiaires au revenu d’insertion a clairement diminué. Chaque année, environ 500 jeunes sortent du revenu d’insertion pour entamer une formation ; environ 11 millions de francs sont ainsi économisés pour le revenu d’insertion.80% des diplômés FORJAD s’affranchissent durablement du revenu d’insertion », souligne Roger Nordmann, Conseiller d’Etat et chef du DSAS. Avant la mise en place du programme FORJAD, 70 millions de francs par an étaient dépensés pour plus de 3000 jeunes au revenu d’insertion. Depuis 2006, ce montant a pu être réduit de moitié.
Les gains sont aussi de nature humaine, sociétale et économique : ces jeunes en grande difficulté retrouvent des perspectives, évitent l’exclusion sociale, s’insèrent dans le marché du travail, contribuent à l’économie du canton et peuvent gagner leur vie.
Le budget annuel pour FORJAD s’élève à environ 32 millions de francs par année. FORJAD est mené en collaboration avec une soixantaine de partenaires subventionnés par la DGCS.
