La nuit de mercredi à jeudi, vers 03h00, un détenu est mort dans sa cellule du quartier de sécurité renforcée des Etablissements pénitentiaires de la Plaine de l'Orbe (EPO) après y avoir mis le feu. Le Juge d'instruction a ouvert une enquête pénale.
Mercredi 10 mars 2010, durant la soirée, un détenu du quartier de sécurité renforcée des EPO s'est montré particulièrement menaçant vis-à-vis du personnel, le menaçant de mort à plusieurs reprises. Peu avant 01h00, il a avisé les agents de détention, via l'interphone, qu'il était en train de mettre le feu à sa cellule. Les deux agents se sont immédiatement déplacés dans le quartier de sécurité renforcée où ils ont constaté la présence de fumée s'échappant de la cellule du détenu. Au moyen d'une lance à incendie ils ont pu circonscrire le sinistre qui a été maîtrisé quelques minutes plus tard. Toutefois une épaisse fumée, provenant du matelas calciné, envahissait la cellule et une partie du quartier cellulaire. L'intervention des agents pénitentiaires a été rendue difficile en raison de la configuration du quartier de sécurité renforcée qui comporte des cellules équipées d'une porte principale doublée par une grille de sécurité en raison de la dangerosité de ses détenus.
Voulant intervenir auprès du détenu incommodé par l'épaisse fumée, les surveillants et les intervenants sanitaires ont alors été violemment pris à partie et menacés de mort à plusieurs reprises. Ne pouvant intervenir en raison de ces menaces persistantes et de la dangerosité de l'individu, ils ont ventilé la cellule afin d'évacuer la fumée, tout en gardant l'intéressé sous surveillance. Finalement, vers 02h30, les agents ont pu pénétrer dans la cellule et malgré l'intervention d'un médecin et d'une équipe sanitaire, ainsi qu'une tentative de réanimation, le détenu est décédé une demi-heure plus tard.
La victime est un Suisse d'une trentaine d'année, condamné à une peine privative de liberté pour incendies intentionnels, violences et menaces contre les fonctionnaires, dommages à la propriété, menaces, lésions corporelles simples et brigandages. Sa peine avait été commuée en internement pour une durée indéterminée au sens de l'art. 64.1 du Code pénal suisse.
Cette affaire a nécessité l'intervention de trois agents pénitentiaires, des représentants de la direction du Service pénitentiaire (SPEN), du Service médical d'urgence et de réanimation (SMUR) avec un médecin et une ambulance, du Détachement d'action rapide et dissuasion (DARD) avec 5 gendarmes, puis pour l'enquête des inspecteurs de la police de sûreté et les spécialistes de l'identité judiciaire.
Une enquête pénale a été ouverte par le Juge d'instruction de l'arrondissement pénal du Nord vaudois afin d'établir les circonstances exactes de cette affaire ainsi que les causes du décès.