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22_RAP_44 - Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur le Postulat Anne-Laure Métraux-Botteron et consorts au nom de l'Intergroupe F - Pour une meilleure prise en charge psychologique du deuil périnatal (22_POS_3) et sur le Postulat Muriel Thalmann et consorts au nom de l'Intergroupe F - Pour la création d’une plateforme répertoriant toutes les prestations de soins pré- et post-natals (22_POS_12).

Séance du Grand Conseil du mardi 31 mars 2026, point 21 de l'ordre du jour

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
Mme Sylvie Podio (VER) — Rapporteuse

La commission s’est réunie le 11 avril 2025 pour traiter cet objet. Elle remercie M. Ischy, secrétaire de commission, pour les notes de séances. La première postulante, qui n’est plus membre du Grand Conseil, était représentée par une commissaire du même groupe politique. Cette dernière a indiqué que le rapport fournit globalement une réponse précise, claire et convenable au postulat. La seconde postulante remercie le Conseil d’Etat pour son rapport, qui répond de manière complète à la demande du postulat.

Lors de la discussion générale, il a été relevé que la prise en charge du deuil périnatal doit explicitement inclure les femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG). L’objectif central est de briser le tabou et de normaliser ces pertes, car une grossesse sur quatre ne débouche pas sur une naissance vivante. Sur le plan médical, des analyses génétiques sont proposées en cas de fausse couche à répétition ou lors de procréation médicalement assistée. L’accompagnement est personnalisé et peut inclure un suivi à domicile par un pédopsychiatre de liaison, avec orientation vers des spécialistes en ville. Le CHUV assure un suivi actif en contactant les familles pour garantir une orientation rapide vers les ressources nécessaires. 

En conclusion, la commission souligne les progrès considérables réalisés ces dernières années dans la prise en charge du deuil périnatal. Elle insiste également sur la nécessité de briser le tabou qui entoure cette réalité et de ne pas faire peser sur les femmes enceintes l’ensemble du poids de la sacralisation de la venue d’un enfant dans notre société. Elle recommande dès lors, à l’unanimité, au Grand Conseil d’accepter le rapport du Conseil d’Etat.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte. 

Mme Muriel Thalmann (SOC) —

Je remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse à mon postulat et pour la nouvelle page web mise en place en janvier 2024, qui permet de rechercher en ligne le répertoire des prestations de la Petite Enfance. Concernant les fausses couches, il est très difficile d’en connaître exactement les chiffres de la mortalité au cours de la grossesse, car un bon nombre surviennent avant que les femmes ne sachent qu’elles sont enceintes, mais on estime qu’elles touchent 15 à 20 % des grossesses connues. Les femmes se sentent encore largement culpabilisées, comme le montre un témoignage paru le 27 juin 2022 dans Le Temps : « On vit nos fausses couches dans la solitude, dans la honte, dans la culpabilité. On m’a beaucoup demandé si j’avais fait trop de sport, si j’avais trop travaillé, si j’avais porté des charges trop lourdes. Quant à la prise en charge médicale, elle n’est pas digne du XXIe siècle. Il faut attendre qu’une femme vive trois fausses couches pour que les causes puissent être recherchées. » Je me réjouis de voir que les couples sont désormais accompagnés, y compris lors d’une fausse couche. Il manque cependant encore une information plus générale, dispensée avant l’âge adulte, qui permettrait de déculpabiliser les femmes confrontées à cette épreuve. J’émets donc le vœu que le Conseil d’Etat mette en place une campagne d’information pour briser ce tabou.

Mme Rebecca Joly (VER) —

A mon tour de remercier le Conseil d’Etat, au nom de notre ancienne collègue, Anne-Laure Métraux-Botteron, qui avait déposé ce postulat. L’accompagnement des couples et des parents dans le cadre d’un deuil périnatal s’est vraiment développé ces dernières années, et c’est un processus en cours. Je rejoins ma collègue Thalmann sur la dimension plus large, sociétale, de cette question : si le dispositif médical en place et la formation des jeunes médecins permettent une meilleure sensibilité à ces questions, le tabou social reste prégnant. Une exposition du Musée de la Main sur le deuil périnatal avait rencontré un vif succès public, ce qui est encourageant, mais il faut aller plus loin.

Aujourd’hui, les femmes sont encore souvent culpabilisées ou manquent d’informations sur les fausses couches et sur le deuil périnatal en général. Les interruptions de grossesse non désirées restent taboues. Ces fameux trois premiers mois de silence, pendant lesquels on impose souvent aux femmes de ne pas parler de leur grossesse par crainte qu’elle s’interrompe, envoient un signal problématique : comme si le fait qu’une grossesse s’interrompe au premier trimestre ne devrait pas gêner le reste du monde. Ce signal doit changer. Cela nécessite un travail d’éducation et de sensibilisation dans les écoles, auprès de toutes les tranches d’âge et du grand public. Il y a encore beaucoup à faire.

Mme Sandra Pasquier (SOC) —

Je salue les avancées importantes réalisées, notamment la reconnaissance croissante du deuil périnatal comme un véritable enjeu de santé publique. C’est une étape essentielle. Les progrès dans la mise en place d’un accompagnement global et coordonné, de l’hôpital jusqu’au suivi à domicile, sont précieux pour les familles concernées. Les efforts pour briser un tabou encore bien trop présent sont également à saluer : parler du deuil périnatal le rend visible, ce qui soutient déjà celles et ceux qui le traversent. Enfin, l’engagement du CHUV, qui assure un suivi attentif et personnalisé des familles, mérite d’être souligné. Ces mesures témoignent d’une véritable volonté politique et institutionnelle d’accompagner les familles avec empathie et professionnalisme. Le Parti socialiste vous recommande à l’unanimité d’accepter le rapport du Conseil d’Etat.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

Le rapport du Conseil d’Etat est approuvé à l’unanimité. 

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