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25_REP_232 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Des Vert-e-s - Quand le silence nuit : mieux accompagner la ménopause au travail (25_INT_119).

Séance du Grand Conseil du mardi 12 mai 2026, point 22 de l'ordre du jour

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
Mme Nathalie Jaccard (VER) —

Je remercie le Conseil d’État pour sa réponse. Il reconnaît clairement que la ménopause peut avoir un impact significatif sur la vie professionnelle des femmes : c’est déjà un point important. Premièrement, s’il reconnaît l’enjeu, le Conseil d’État n’est pas prêt à en faire un axe stratégique spécifique. Intégrer cette question dans une approche globale de la santé au travail peut sembler cohérent, mais comporte un risque évident : diluer la problématique dans un programme général, sans mesures ciblées ni visibilité propre. Deuxièmement, aucun engagement concret n’est pris : ni calendrier précis, ni indicateur de suivi, ni objectif mesurable. Or, sans pilotage, il n’y aura ni évaluation ni progression possible. Troisièmement, la réponse confirme qu’aucune donnée spécifique n’est collectée sur l’impact de la ménopause dans le canton. Comment agir efficacement sans disposer d’éléments statistiques permettant d’objectiver la situation ? Enfin, s’agissant des consultations spécialisées, le Conseil d’État renvoie la responsabilité aux prestataires de soins. Pourtant, d’autres cantons romands ont pris des initiatives structurées. Le Canton de Vaud ne peut se contenter d’observer.

Or, la ménopause concerne une part importante des femmes actives – plus de 55’000 – souvent à un moment clé de leur carrière. Il ne s’agit pas d’un sujet secondaire. Ne pas agir de manière structurée revient à accepter que des compétences, de l’expérience et des talents se retirent silencieusement du marché du travail. Reconnaître est une première étape ; agir en est une autre. Nous attendons désormais des décisions. Dans ce sens, un postulat sera déposé très prochainement afin que ce dossier avance de manière plus structurée.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

Mme Muriel Thalmann (SOC) —

J’avoue être déçue par la réponse du Conseil d’État. Il reconnaît que la moitié de la population souffre, au fil de sa vie, soit de crampes menstruelles, soit de malaises liés à la grossesse, soit de troubles de la ménopause, voire des trois à différents moments. Ces problématiques restent cependant passées sous silence dans le monde professionnel ; les femmes prennent leurs responsabilités pour bénéficier de la même reconnaissance professionnelle et sociale que les hommes. La Société européenne de la ménopause et l’andropause (EMAS) a émis des recommandations à ce sujet : l’employeur peut offrir des lieux de travail frais et calmes, des horaires de travail flexibles ou la possibilité de rentrer chez soi plus tôt si l’on se sent mal. Pourquoi attendre ? Les mesures à prendre sont connues et l’EMAS a déjà émis ses recommandations.

Quelques exemples. Il convient de revoir le contrôle de la température et de la ventilation sur le lieu de travail : les environnements chauds et mal ventilés peuvent être difficiles pour les femmes ménopausées. Cela peut impliquer de déplacer l’espace de travail près d’une fenêtre, de pouvoir ouvrir une fenêtre, tirer les stores, optimiser la climatisation, disposer de vannes réglables sur le radiateur ou d’un ventilateur de bureau. Il peut être utile que la collaboratrice puisse expliquer la situation à ses collègues dans les espaces de travail partagés. Autre mesure : assurer l’accès à de l’eau potable froide, ce qui permet de gérer et de réduire l’intensité des bouffées de chaleur. Autre mesure encore : assurer l’accès aux toilettes. La proximité des toilettes est utile, en particulier en cas de saignements menstruels abondants pendant la ménopause. À cela s’ajoute le fait que l’âge et l’état ménopausique augmentent le risque d’incontinence urinaire.

Il suffit d’un peu de compréhension de la part des supérieurs ou des collègues pour que, lors d’une réunion ou d’une conférence, les femmes puissent ouvrir la discussion : « Désolée, Messieurs, mais je dois maintenant enlever mon blazer d’urgence et vous devez attendre un moment, le temps que cette satanée bouffée de chaleur passe. » Je remercie donc le Conseil d’État de mettre en œuvre ces mesures.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

Ce point de l’ordre du jour est traité. 

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