24_REP_225 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Sabine Glauser Krug - Personnes électrohypersensibles, sacrifiées au nom du progrès - quelles solutions? (24_INT_129).
Séance du Grand Conseil du mardi 13 janvier 2026, point 8 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourIl y a neuf ans, quand je suis arrivée dans ce Grand Conseil, j’ai rencontré des personnes électro-hypersensibles. On a parlé de zones blanches, et ce qu’elles m’ont répondu à ce moment-là, c’est qu’elles ne voulaient pas être reléguées dans des réserves. Aujourd’hui, ces zones blanches représentent leur dernière chance de vivre dignement et non de simplement survivre, comme elles le font actuellement. La notion de liberté s’arrêtant là où commence celle des autres est mise de côté au nom du progrès, une notion devenue hautement subjective, puisque l’on refuse d’en admettre les conséquences.
La réponse à cette interpellation est désolante. On estime que les zones blanches sont inutiles parce qu’il n’existerait apparemment aucune preuve d’un lien entre les champs électromagnétiques et l’électro-hypersensibilité. Soit dit en passant, on m’a présenté de nombreuses études qui montrent le contraire, mais je ne me prétends pas compétente pour juger de leur pertinence scientifique. Le problème que j’ai soulevé avec cette interpellation est que les zones blanches sont également essentielles pour la recherche, en plus de constituer un refuge pour les personnes électro-hypersensibles. On ne peut pas leur substituer des cages de Faraday, qui ne constituent pas un environnement naturel. Les zones blanches sont nécessaires pour la recherche comme milieu de comparaison.
Cette réponse montre surtout que le Conseil d’État préfère ignorer le problème. S’il n’y a plus d’endroits préservés, plus personne ne pourra établir de lien entre les symptômes et l’exposition aux rayonnements non ionisants. Aujourd’hui, certaines personnes disent : « Je me sens mal en général, et lorsque je ne suis plus exposée aux ondes électromagnétiques artificielles, je me sens mieux, voire bien, et je retrouve mes facultés de travailler et de gérer mes affaires. » Ce témoignage dérange, car il se confronte à la technologie de la connexion sans fil.
Certes, la réponse à cette interpellation souligne l’apport de BERENIS et de MedNIS en faveur des personnes électro-hypersensibles. Mais ce que je constate surtout, c’est qu’on cherche des solutions médicales sans remettre en question l’exposition aux rayonnements non ionisants. Or, en général, lorsqu’il y a une intolérance, la première chose que l’on examine est justement l’exposition, et l’on cherche à l’éviter autant que possible. Ici, il ne s’agit pas de renoncer à une technologie pour les personnes électro-hypersensibles, mais simplement de prévoir des lieux et des espaces restreints pour ces personnes et pour la recherche.
Je suis profondément déçue, extrêmement déçue et en colère. J’invite le Conseil d’État à adopter une approche respectueuse de toute la population, car on observe malheureusement une tendance générale à sacrifier les personnes les plus fragiles, avec une suspicion implicite selon laquelle elles le feraient volontairement.
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