26_INT_116 - Interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Les Vert.e.s - Data centers et ressources en eau : quelles garanties en période de sécheresse ?.
Séance du Grand Conseil du mardi 1er septembre 2026, point 2.3 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le développement rapide de l’intelligence artificielle, du stockage de données et des services numériques entraîne une croissance importante des besoins en infrastructures informatiques. Les data centers, indispensables au fonctionnement de ces technologies, sont des installations dont le fonctionnement peut également nécessiter des quantités importantes d’eau pour leur refroidissement.
Cette question mérite une attention particulière dans un contexte où les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs mettent déjà sous pression les ressources en eau. Le Canton souligne lui-même que les nappes phréatiques peuvent être sollicitées pour le refroidissement d’installations, notamment en été, et que les périodes de sécheresse peuvent faire apparaître simultanément des besoins importants pour l’approvisionnement de la population, l’agriculture et les activités industrielles. (État de Vaud, « Concessions de pompage à la nappe », Direction générale de l’environnement (DGE), rubrique Eaux souterraines).
Les besoins en eau des data centers dépendent fortement des technologies de refroidissement utilisées. Certains systèmes permettent de réduire, voire d’éviter, le recours à l’eau potable, notamment grâce à des circuits fermés ou à l’utilisation de ressources en eau non potable.
Une motion déposée récemment par Alberto Mocchi et consorts, 26_MOT_44 « Data centers : prendre des mesures contre la démesure ! », demande au Conseil d’État d’instaurer des critères d’admissibilité obligatoires pour les nouveaux centres de données et les extensions significatives de centres existants. Parmi ces critères figurent notamment la limitation de la consommation d’eau et des mesures de préservation des ressources hydriques. La présente interpellation se veut complémentaire à cette démarche. Elle ne porte pas sur l’ensemble des impacts énergétiques et environnementaux des data centers, mais se concentre sur une question particulière : la consommation d’eau et, plus spécifiquement, la disponibilité de l’eau lors des périodes de canicule, de sécheresse ou de stress hydrique.
Dans ces situations, la question n’est en effet plus uniquement celle de la consommation annuelle d’une infrastructure. Elle est aussi celle de sa consommation au moment où la ressource est la plus contrainte, alors que les besoins de la population, de l’agriculture et d’autres activités peuvent eux aussi augmenter.
La question de la priorité des usages se pose dès lors avec une acuité particulière. Une infrastructure industrielle peut-elle continuer à utiliser de l’eau potable pour son refroidissement alors que, dans le même temps, des restrictions d’utilisation de l’eau sont imposées à la population, à l’agriculture ou à d’autres activités économiques en raison de la sécheresse ? Cette problématique mérite également d’être prise en compte lors de l’implantation de nouvelles infrastructures. Les choix technologiques effectués lors de la conception d’un data center peuvent avoir des conséquences durant plusieurs décennies. Il paraît donc pertinent de connaître les besoins actuels et futurs de ces installations ainsi que les garanties prévues lorsque la disponibilité de l’eau devient critique.
Dès lors, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :
- En période de canicule et de sécheresse, quelles garanties existent pour que le développement des data centers ne compromette pas la disponibilité de l’eau nécessaire à l’approvisionnement de la population et aux usages prioritaires ?
- Quelle quantité d’eau pourrait être nécessaire au refroidissement de ces infrastructures lors des épisodes de forte chaleur, lorsque les besoins de la population et d’autres utilisateurs sont également susceptibles d’augmenter ?
- Les autorisations délivrées ou envisagées pour les data centers prévoient-elles des restrictions ou des mesures spécifiques en cas de sécheresse, de pénurie ou de situation de stress hydrique ?
- Existe-t-il, dans le canton de Vaud, une hiérarchie des usages de l’eau garantissant que l’approvisionnement de la population et les besoins essentiels soient prioritaires par rapport au refroidissement d’infrastructures numériques ou industrielles ?
- Le Conseil d’État envisage-t-il d’exiger, notamment pour les nouveaux data centers, le recours à des solutions permettant de limiter ou d’éviter l’utilisation d’eau potable pour le refroidissement, telles que les circuits fermés, les eaux recyclées, les eaux usées traitées ou d’autres ressources en eau non potable ?
- Le Canton dispose-t-il d’un mécanisme permettant de connaître les volumes d’eau consommés par les data centers et leur évolution, notamment lors des épisodes de canicule et de stress hydrique, et quelles mesures pourraient être prises si leur consommation devait entrer en concurrence avec des usages prioritaires ?
Nous remercions par avance le Conseil d'État pour ses prochaines réponses
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Claude Nicole Grin | VER |
| Rebecca Joly | VER |
| Céline Misiego | EP |
| Sylvie Podio | VER |
| Denis Corboz | SOC |
| Martine Gerber | VER |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Sébastien Kessler | SOC |
| Felix Stürner | VER |
| Nathalie Vez | VER |
| Joëlle Minacci | EP |
| Géraldine Dubuis | VER |
| Yolanda Müller Chabloz | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Ariane Morin | VER |
| Isabelle Freymond | IND |
| Muriel Thalmann | SOC |
| Valérie Zonca | VER |
| Stéphane Balet | SOC |
| Marc Vuilleumier | EP |
| Laurent Balsiger | SOC |
| Colin Wahli | VER |
| Alberto Mocchi | VER |
| Vincent Jaques | SOC |
| Théophile Schenker | VER |
| Pierre Zwahlen | VER |
| Pierre Fonjallaz | VER |