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24_LEG_234 - EMPD (1er débat) accordant au Conseil d'État un crédit d'investissement de CHF 62'860'000.- pour financer la construction d'un nouveau bâtiment pour la Haute école pédagogique aux Côtes de la Bourdonnette à Chavannes-près-Renens.

Séance du Grand Conseil du mardi 24 mars 2026, point 23 de l'ordre du jour

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Olivier Petermann (PLR) — Rapporteur

La commission s’est réunie à deux reprises, soit le mercredi 1er octobre et le mardi 2 décembre 2025, en présence de Mme la conseillère d’Etat, accompagnée des directeurs généraux et de chefs de services pour les départements impliqués dans ce projet. 

Le projet vise à répondre aux besoins croissants de la Haute école pédagogique du canton de Vaud (HEP), qui prévoit une augmentation de ses effectifs étudiants, atteignant 4000 en 2035 et 4100 en 2040. Le bâtiment de la Bourdonnette servira de solution provisoire pendant environ 10 ans avant le regroupement définitif des activités sur le site de la campagne des Cèdres prévu pour 2040. Les plans incluant les aménagements pour optimiser l’organisation des cours et réduire les déplacements entre les sites. 

La HEP connaît une forte croissance de ses effectifs, notamment grâce au succès du Bachelor secondaire 1 qui attire deux fois plus d’étudiants que prévu. Le cycle d’enseignement Bachelor et Master seront regroupés sur des sites distincts pour limiter les déplacements des étudiants. Les prévisions démographiques indiquent une légère hausse du nombre d’étudiants, mais les besoins en enseignant pour le secondaire 1, notamment en mathématiques et en allemand, restent élevés. L’enseignement numérique ne devrait pas remplacer les cours en présentiel, car les stages sur le terrain sont essentiels dans la formation des enseignants. 

Le rez-de-chaussée du bâtiment sera aménagé pour accueillir des activités économiques résidentielles, notamment un restaurant ouvert au public, néanmoins, aucun commerce n’y est prévu. Le bâtiment sera situé dans un parc ouvert au public dans une zone délimitée pour les étudiants. 

Le projet s’inscrit dans le cadre du développement global de l’agglomération Lausanne-Morges qui vise à coordonner le développement urbain et les infrastructures. Le métro m1 qui dessert la zone a atteint sa capacité maximale. Des travaux d’augmentation de capacité sont prévus, mais ne débuteront pas avant 2032, avec une mise en service estimée en 2032-2034. En attendant, des ajustements des horaires de cours seront mis en place pour réduire la pression sur les transports publics. Des projets d’amélioration des réseaux de bus et de mobilité douce sont en cours, notamment la prolongation des lignes 7 et 25, ainsi que la construction d’une passerelle reliant le quartier entre Dorigny et l’arrêt du métro m1 prévue pour 2029. Malgré ces efforts, des préoccupations subsistent quant à la saturation des infrastructures et transports dans l’Ouest lausannois, notamment en raison du développement urbain rapide dans la région. 

En conclusion, le projet de construction du bâtiment HEP aux côtes de la Bourdonnette est jugé essentiel pour répondre aux besoins croissants de la HEP et pour soutenir la formation des enseignants dans le canton de Vaud. Bien que des défis subsistent, notamment en matière de transport et d’accessibilité, la commission estime que le projet est nécessaire et recommande son adoption. Enfin, la commission recommande par 8 voix et 3 abstentions d’accepter l’entrée en matière.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion sur l’entrée en matière est ouverte.

Mme Cendrine Cachemaille (SOC) —

Comme vous avez certainement tous lu avec attention ce rapport de commission, vous avez pu remarquer que celui-ci est très concret, de même que la présentation du projet du Conseil d’Etat. Le point qui a particulièrement retenu l’attention des commissaires – ou en tout cas de certains – porte sur la mobilité dans cette région de l’Ouest lausannois qui se densifie d’année en année. En effet, de nombreux projets en cours – ou en réflexion plus ou moins aboutie – concernent ce périmètre particulier de la Bourdonnette et environ. Cet aspect a donc alerté les commissaires, et ce point doit être complété par la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR). La saturation du réseau routier – comme celle du m1 – doit nécessiter à moyen terme des aménagements et une réflexion sur son parcours pour éviter les croisements de routes et améliorer la sécurité, tout en augmentant son exploitation. La création discutée par les communes de nouvelles lignes de bus pour desservir cette zone ne semble pas pouvoir complètement répondre à la question de la mobilité. Le refus par la commune de Chavannes-près‑Renens de la jonction autoroutière vient encore un peu compliquer la réflexion sur un plan d’aménagement lié à la mobilité. De manière générale, les réflexions sur l’aménagement de tout ce secteur n’ont pas été menées jusqu’au bout. Par exemple, la Haute école de santé (HESAV) et le Centre coordonné de compétences cliniques (C4) auraient pu être construits dans la partie sud. De plus, ils se sont demandé pourquoi la passerelle ne serait pas souterraine entre la partie nord et sud du quartier. Par conséquent, les personnes vont devoir traverser la route limitée à 50 km à l’heure sur des passages piétons pour aller de la HESAV au C4 pour rejoindre la passerelle. Pour donner un autre exemple, l’augmentation des fréquences des transports publics n’est pas suffisante, car si ces bus sont bloqués dans la circulation routière aux heures de pointe, le problème persistera pour les habitants de l’Ouest lausannois. 

En d’autres termes, sans remettre en cause le projet tel que présenté et la nécessité de pouvoir construire un nouveau bâtiment pour la HEP à la Bourdonnette, le groupe socialiste regrette que lors de tels projets, qui joueront un rôle important sur la densification et l’augmentation de la mobilité, le Conseil d’Etat ne puisse amener un plan de mobilité pour une vision à court, moyen ou long terme plus solide. C’est pourquoi le groupe socialiste devrait accepter majoritairement l’entrée en matière, mais certains de ses membres s’abstiendront. 

M. Guy Gaudard (PLR) —

Nous nous retrouvons à nouveau face à un projet de décret proposé avec le désormais célèbre coût du projet basé sur le devis général à l’indice des prix de la construction de la région lémanique – « à la louche », comme d’habitude. On parle tout de même de 62 millions de francs ; ce n’est pas rien. Cette fois, les honoraires sont inclus dans le montant total des travaux – c’est une nouveauté. On acquiert des prestations unitaires avec honoraires intégrés dans des codes de frais de construction (CFC) « new look ». L’administration a-t-elle compris que notre Grand Conseil souhaite des récapitulatifs de coûts détaillés ?

Parfois, on peut se demander si les personnes en charge de la rédaction de ces exposés des motifs et projets de décrets ont les pieds sur terre ou sont dans le cloud ! Concernant les 8’323’000 francs de frais de mandataire, il nous est impossible de connaître les parts respectives des bureaux techniques. Tout est « en bloc » : sanitaire, électricité, ventilation, chauffage, architecte, ingénieur, etc. C’est ennuyeux ! En revanche, l’intervention artistique, elle, est estimée au franc près à 264’000 francs : les priorités que se fixe le Conseil d’Etat sont incroyables ! Le prix du projet au mètre carré de surface utile principale s’élève à 10’241 francs ; c’est cher. N’est-il pas possible de construire meilleur marché ?

Soulignons que nos remarques régulières contre l’engagement systématique de personnel pour la conduite des travaux, que nous jugeons régulièrement trop élevé, ne sont jamais entendues. En effet, à la page 17, l’addition des CDD indispensables pour mener à bien ce projet excède un million. Quand on aime, on ne compte pas, serait‑on tenté de dire ! 

Enfin, les toitures seront équipées de panneaux solaires, mais sans pouvoir connaître le prix de la production de ces installations ni savoir si l’énergie surproduite par ces panneaux sera stockée et, le cas échéant, à hauteur de quelle puissance utile ? Quelle sera la production globale produite par la totalité des panneaux photovoltaïques du site ? 

Enfin, je regrette qu’à notre époque, nous ne parvenions pas à construire des bâtiments à des prix qui ne soient pas indécents, car finalement une entreprise générale qui se verra confier les travaux – ou alors, miracle ! des acteurs locaux – qui, eux, seront identifiés par des CFC à trois chiffres, comme le font tous les professionnels et non par les CFC proposés à un chiffre par le Conseil d’Etat. 

M. Jacques-André Haury (V'L) —

Le groupe vert’libéral, à ce stade, n’est guère enthousiaste face à ce projet. En effet, il s’agit d’un bâtiment provisoire – c’est‑à‑dire dont on ne sait pas ce qu’il adviendra ultérieurement – d’un peu plus de 62 millions, même si je fais confiance à l’administration pour trouver les moyens d’occuper des locaux ! Néanmoins, on peut quand même se poser une question à laquelle je n’ai trouvé de réponse ni dans l’exposé des motifs et projet de décret ni dans le rapport de commission : où en est le plan d’affectation de la campagne des Cèdres. Fondamentalement, j’imagine qu’il s’agit aussi d’une procédure qui concerne le Conseil communal, avec des interventions de l’administration cantonale, sur laquelle j’espère que le Conseil d'Etat exerce son influence. Aussi, nous aimerions savoir quand le plan d’affectation de la campagne des Cèdres permettra de réaliser la HEP ou de l’étendre sur son propre site. Par conséquent, pendant les années d’attente, la HEP est‑elle vraiment incapable de rester dans ses locaux ainsi que ceux qu’elle loue ? Il me semble qu’il s’agit d’un élément tellement fondamental que j’ai de la peine à admettre qu’il ne soit pas détaillé dans le projet de décret.

M. Yannick Maury (VER) —

Le crédit d’investissement qui nous est soumis répond à la croissance de fréquentation de la HEP Vaud qui doit relever le défi d’une demande accrue en enseignantes et en enseignants, notamment liée à l’augmentation du nombre d’élèves dans notre canton et à l’attractivité de la formation dopée notamment par l’existence d’un Bachelor secondaire 1, comme rappelé par le rapporteur de commission. Cette prise en compte des besoins permet de ne pas fragiliser la qualité future de notre système éducatif, auquel mon groupe et moi tenons particulièrement. 

Aussi, ce projet apporte une réponse, puisqu’il permet de regrouper progressivement les activités, notamment grâce à une organisation par cycle sur chaque site, bien que cela constituera provisoirement de gros défis en termes de mobilité, notamment pour l’Ouest lausannois, il faut le reconnaître. Je ne vais pas m’étendre sur ce point, puisque les réserves ont été très bien exprimées tout à l’heure par Mme Cachemaille. Toutefois, relevons que ce projet justifiera aussi un prolongement des deux lignes de bus 7 et 25 – ce que nous saluons. 

Enfin, malgré des zones d’ombre qui questionnent, il s’agit d’un investissement nécessaire pour la formation et l’école vaudoise. Dans ces circonstances, je vous encourage malgré tout à accepter ce projet de décret.

Mme Graziella Schaller (V'L) —

En effet, la lecture de ce projet laisse en suspens de nombreuses questions, dont certaines rejoignent celles posées par mon collègue de parti, M. Haury. Je me suis véritablement essayée à rechercher dans la documentation et les stratégies et me suis demandé pourquoi – diable ! – la HEP devrait être aux Cèdres. Je n’ai pas trouvé la réponse à cette question. Encore aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi la HEP ne se trouve pas sur le campus universitaire, à Dorigny. Je continue donc à me demander d’où vient la conviction que la HEP doit se trouver aux Cèdres. 

Ensuite, vous savez certainement que beaucoup de gens s’interrogent sur l’avenir du gymnase Auguste Piccard. Il me semble d’ailleurs qu’une interpellation de mon collègue Gafner avait demandé où en étaient les réflexions concernant cette valse des gymnasiens. D’ailleurs, un mouvement dans le quartier sud de la ville s’oppose à ce déménagement. J’aimerais aussi qu’on nous explique ce qui va se passer avec ce gymnase. Les élèves qui viennent de l’ensemble du canton pour suivre le programme sport/musique études sont concernés. Il serait judicieux que le gymnase ne soit pas délocalisé et que la HEP soit regroupée sur le site de Dorigny. 

Enfin, je n’ai pas non plus trouvé de réponse sur le caractère transitoire. Ainsi, construire un bâtiment pour 62 millions, sans aucune idée de sa future affectation, suscite chez moi beaucoup de questions qui s’ajoutent à celles liées à la mobilité – qui ne snt pas négligeables non plus. J’espère que le débat nous apportera des réponses à ces questions que je ne suis probablement pas la seule à me poser. 

M. Hadrien Buclin (EP) —

J’abonde dans le sens des propos de Mme Schaller, car il s’avère que pas mal de personnes à Lausanne s’inquiètent de la volonté de potentiellement déplacer le gymnase Auguste Piccard au nord de la ville. En effet, cet établissement est accessible très rapidement depuis la gare pour des élèves qui viennent de tout le canton. Entre 15 et 20 ans, on ne peut quand même pas demander à des élèves un temps de parcours trop élevé. A cet égard et à juste titre, l’attachement au maintien d’un gymnase au sud de la ville de Lausanne, à proximité de la gare, est fort. Son déplacement suscite beaucoup d’incompréhension. A l’instar de Mme Schaller, j’attends aussi des explications à ce niveau. 

M. Oleg Gafner (VER) —

J’abonde dans le sens des propos de mes collègues Schaller et Buclin. J’ajoute une troisième question en complément des questions de Mme Schaller : quelle est la marge de manœuvre du Grand Conseil – en cas de vote de cet objet aujourd’hui – relative à la possibilité de remettre en question la décision du Conseil d’Etat de délocaliser le gymnase Auguste Piccard ? La construction de ce bâtiment temporaire pour la HEP préempte‑t‑elle les possibilités contestataires de ce plénum ? 

M. Jacques-André Haury (V'L) —

J’aimerais encore amener deux remarques. D’abord, on parle de l’augmentation du nombre d’enseignants en raison de celle du nombre d’élèves. Il faudra peut-être bientôt que cette notion soit révisée. En effet, on observe qu’aujourd’hui, dans les garderies, il est désormais question d’un excès de places disponibles. Par conséquent, peut-être que si les Vaudoises et les Vaudois et les immigrants font un peu moins d’enfants, il faudra arrêter de dire qu’il faut doubler le nombre d’enseignants. Parfois les prévisionnistes se trompent dans leurs statistiques. 

Par ailleurs, mesdames les conseillères d’Etat, accéder à une politique d’utilisation des espaces publics en vue de la construction d’établissements scolaires intéresserait le Grand Conseil. Cette politique vient du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF). Et, comme par hasard, que nous est‑il proposé ? Le travail d’un service que je qualifierais d’ancillaire, c’est-à-dire au service des autres : la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP). Que ce soit Mme la conseillère d’Etat – que j’aime bien, par ailleurs ! – qui défende ce crédit plutôt que le DEF révèle un dysfonctionnement et une absence de hiérarchie entre les départements et surtout entre les directions.

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Je vais essayer de répondre à toutes les questions. A M. Haury – que j’aime bien aussi – j’aimerais dire que cette planification existe, ce qui n’était pas le cas avant cette législature. Pour les gymnases et les écoles professionnelles, nous avons établi une planification à 2040, que nous avons montrée en tout cas à deux commissions, celle qui s’est penchée sur les constructions de gymnases et celles qui se sont penchées sur les études ou les constructions pour les écoles professionnelles. Nous connaissons les élèves qui vont entrer au gymnase ou en école professionnelle, puisqu’ils sont nés ! Un suivi est mis en place sur la base du nombre de naissances, enrichi par une estimation tenant notamment compte de l’immigration. La planification permet d’introduire les nouvelles constructions nécessaires. A cet égard, je vous rappelle que pendant cette législature, nous rattrapons un retard en matière de construction de gymnases et d’écoles professionnelles. 

En outre, nous intégrons le gymnase en quatre ans. A ceci s’ajoute la rénovation des bâtiments existants. Rénover en conservant les usagers à l’intérieur du bâtiment, ce que nous avons pu observer avec le gymnase de Chamblandes n’est pas tout à fait judicieux. Par conséquent, le Conseil d’Etat a décidé, par exemple, pour le gymnase de la Cité, que lors des rénovations, les cours n’y auraient plus lieu. En effet, cela ne s’avère agréable ni pour les élèves ni pour les enseignants. Aussi, une planification a été établie en fonction de l’assainissement nécessaire des bâtiments, la construction des nouveaux tant pour les gymnases que pour l’école professionnelle. Ce travail de planification a été effectué en collaboration entre nos deux départements, l’utilisateur et le constructeur et qui sera garant de la bonne utilisation des deniers publics, ce de la même manière qu’en matière de prisons, ce que vous avez notamment voté tout à l’heure. D’ailleurs, en matière de construction de prisons, un rattrapage est aussi en cours pour assurer plus de sécurité et une plus grande qualité de l’hébergement pour permettre une meilleure réinsertion. 

Je souhaite que cette planification concerne tous les bâtiments de l’administration. La stratégie immobilière de l’Etat de Vaud se destine à passer de la location à la propriété. Or, pour l’instant, nous louons encore beaucoup trop ; alors que l’Etat a l’avantage du temps, autant qu’il soit propriétaire. Ainsi, quand nous pouvons, nous essayons d’acheter ou nous essayons de construire sur des parcelles à disposition. La stratégie vise à observer ce que l’Etat peut acheter et, ensuite, à identifier où il peut déplacer tel ou tel service. Toutefois, à ceci s’ajoutent des impondérables, au niveau de la construction, des oppositions, des retards, comme pour la campagne des Cèdres où nous sommes actuellement confrontés à de nombreuses oppositions. Mais, soudain, des opportunités apparaissent. Par exemple, au début de législature, vous avez accordé au Conseil d’Etat la possibilité d’acheter le gymnase d’Etoy ou celui de Crissier. Cela nécessite de réorganiser tout ce que nous avions prévu. En d’autres termes, plusieurs trains partent en même temps ; la DGIP incarne la tour de contrôle entre ces différents trains pour essayer d’utiliser l’argent du contribuable de la meilleure façon possible. 

Vous l’aurez compris : cette stratégie existe. Nous possédons aussi une vision sur les principales locations les plus chères qui existent à l’Etat de Vaud. L’objectif est de résilier le plus vite possible les locations les plus chères pour pouvoir placer ces services dans les bâtiments dont nous sommes propriétaires. Notons aussi que les discussions ne sont pas toujours aisées avec les services qui rechignent à changer d’environnement. Néanmoins, nous nous essayons à une bonne coordination. La Commission des finances nous a d’ailleurs demandé, dans le cadre de l’une de ses observations, d’obtenir la liste des locations et notre stratégie. Nous vous la remettons volontiers. Monsieur Haury, vous avez parfaitement raison : il faut une politique à long terme, une vision à moyen et long terme sur les bâtiments de l’Etat, tout en demeurant suffisamment souples pour pouvoir s’adapter à la fois aux retards et aux opportunités. 

Quant aux questions qui relèvent de la technique, les projets que nous vous proposons essaient d’être succincts. Parfois, dans les commissions, on nous demande les CFC à trois chiffres ; nous les fournissons très volontiers, mais ils ne figurent jamais dans les projets de décret. De la même manière, les plans détaillés ne s’y trouvent pas non plus, mais ils sont toujours remis dans les commissions. En fonction des commissaires, les questions peuvent porter sur des éléments divers. Dans cette commission, on a vu ce qui a importé aux membres de la commission : les questions de transport. Nous avons organisé une autre séance en invitant la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) afin qu’elle réponde aux questions. Dans les projets de décret fournis à l’entier du Grand Conseil, nous nous limitons à un CFC à un chiffre, bien que nous puissions vous livrer le CFC à trois chiffres sur demande. 

Concernant les bâtiments dont il est question, que cela soit bien clair entre nous : le bâtiment n’est pas provisoire. Il s’agit bien d’un bâtiment définitif, mais qui sera utilisé provisoirement par la HEP. L’objectif consiste à regrouper toute la HEP dans la campagne des Cèdres. Actuellement, il s’agit de trois bâtiments principaux et de deux locations, ailleurs. Par conséquent, l’objectif consiste à regrouper le tout. Pourquoi ne pas regrouper le tout sur le Campus Santé ? Parce que la place y est insuffisante. 

Que va-t-on faire ensuite de ce bâtiment ? Cela dépend de l’avancement de nos trains. Ce site connaîtra clairement des besoins, notamment liés à la HESAV. A cet égard, dans le domaine des soins et de la santé en pénurie de main-d’œuvre, le Conseil d’Etat s’attache à former davantage. A terme, d’autres besoins seront aussi liés à l’UNIL. Aussi, sans pouvoir vous répondre précisément relativement à qui viendra après la HEP, d’autres utilisateurs proches – HESAV et UNIL – connaissent des besoins grandissants auxquels il faudra répondre. 

En conclusion, ne nourrissez aucune inquiétude sur le fait que ce bâtiment – de construction traditionnelle – continuera à être utilisé. Il me semble avoir répondu à l’entier des questions. Si ça n’est pas le cas, manifestez-vous !

M. Hadrien Buclin (EP) —

Je me manifeste volontiers et vous remercie pour vos réponses. Avec Mme Schaller et M. Gafner, nous nous inquiétions aussi de l’avenir du gymnase Auguste Piccard et du maintien d’en tout cas un gymnase au sud de la ville de Lausanne, sachant qu’il y en a déjà plusieurs au nord.

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Je pourrais vous envoyer notre planification pour les gymnases. Effectivement, il est prévu que les bâtiments d’Auguste Piccard ne soient plus utilisés par un gymnase. Mais nous avons une planification globale sur tous les gymnases existants. 

M. Jacques-André Haury (V'L) —

Madame la conseillère d’Etat, relativement à la hiérarchie des pouvoirs, à qui a incombé cette planification ? A l’administration ? Une planification que le Conseil d’Etat entérine et ensuite le Grand Conseil est obligé de construire les bâtiments où la planification les a prévus ? Cela me paraît un peu à l’envers. Ne pourrions‑nous pas plutôt commencer par demander l’avis du Parlement sur la planification, puis ensuite la réaliser ?

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Le Conseil d’Etat prévoit une planification élaborée en concertation par les deux départements concernés, c’est-à-dire l’utilisateur et son pendant constructeur. La planification sur les gymnases et les écoles professionnelles a été annoncée en conférence de presse il y a environ deux ans. Ensuite, pour chaque projet, nous devons demander l’assentiment du Grand Conseil qui nous fournira les moyens financiers. Et, si vous n’êtes pas d’accord, nous devrons adapter notre planification. Il n’y a actuellement pas de base légale qui dirait qu’il appartient au Grand Conseil d’avaliser une stratégie de planification en matière d’écoles professionnelles ou de gymnases. Cela fait partie des responsabilités du Conseil d’Etat d’effectuer une planification, dont je vous rappelle qu’elle n’existait pas auparavant. Et il semblait au Conseil d’Etat qu’une telle planification devait exister, parce qu’elle nous permet d’anticiper. Imaginez que pour les gymnases, cela prend 15 ans entre la première idée, la planification, etc. Compte tenu de cet aspect, vous avez tout intérêt à planifier suffisamment. Enfin, bien entendu, si vous ne nous accordez pas le crédit, comme toujours, le Grand Conseil constitue le premier pouvoir et nous nous adapterons.

M. Pierre-André Romanens (PLR) —

Ma question s’avère sans doute un peu plus terre-à-terre. Je déclare mes intérêts : je dirige une entreprise dans le domaine de la construction. Ainsi, je comprends parfaitement les demandes de crédit qui comprennent des études. Toutefois, je voudrais mettre l’accent sur un détail important : il me semble que nous étudions souvent des crédits relatifs à des études. Cela signifie que notre canton est très dynamique. Or, je voudrais vous rendre attentifs au fait que le canton de Vaud n’est pas le pays de Canaan. Nous devons être attentifs à ce que les entreprises locales soient associées, même s’il s’agit de marchés publics. 

Mme Graziella Schaller (V'L) —

J’aimerais revenir à une question posée par notre collègue Gafner : le fait d’accepter cette demande de crédit entérine‑t‑elle la fermeture du gymnase Auguste Picard ou cela restera‑t‑il deux choses indépendantes ? En outre, la planification des gymnases – dont j’apprends l’existence – m’interroge : pourquoi la réponse à l’interpellation Gafner n’a‑t‑elle pas encore été produite, alors qu’elle date d’octobre 2024 ? 

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Je ne vois pas de quelle interpellation Gafner vous parlez, mais en tout cas, elle n’a pas été attribuée à la DGIP, puisque cette dernière n’accuse aucun retard dans ses réponses aux interpellations – je vérifierai néanmoins. En outre, si vous cherchez sur Internet « Planification des gymnases 2040 », la première occurrence qui s’offre à vous est la stratégie 2040 et le document PDF du communiqué de la conférence de presse donnée le 9 septembre 2024, à Yverdon. 

Par ailleurs, dans chaque projet de décret qui a porté de près ou de loin à une école professionnelle ou un gymnase, figure l’extrait de planification qui justifie le fait que l’on demandait de l’argent pour ce gymnase. C’était encore le cas il y a 15 jours, lorsque nous avons parlé du gymnase de la Cité : les trois premières pages du projet de décret constituaient un extrait de cette planification des gymnases et expliquaient pourquoi on déménageait le gymnase de la Cité. 

Concernant le gymnase Auguste Piccard, il est prévu qu’il déménage en 2040. Pour l’instant, nous sommes toujours en train de négocier pour essayer de le mettre au nord de la ville, vers le stade de la Tuilière. Beaucoup d’informations figurent dans le document évoqué, je suis évidemment ravie si vous vous y intéressez. 

M. Hadrien Buclin (EP) —

Pour m’assurer que le message soit passé correctement, le souci lié au gymnase Auguste Piccard réside justement dans le projet de relocalisation au nord de la ville. En effet, le nord de la ville compte déjà plusieurs gymnases, celui du Bugnon, d’une certaine manière celui de la Cité, en tous les cas, au-dessus de la gare. Or, pour des personnes qui viennent des quatre coins du canton, parfois de loin, pour suivre le programme sport-études, se retrouver à la Tuilière peut être délicat. Par conséquent, nous vous invitons à considérer la possibilité de maintenir le gymnase Auguste Piccard sur son site des Cèdres, malgré l’extension de la HEP, si une cohabitation est possible, soit de chercher un autre lieu au sud de la ville. Je vous remercie d’en prendre note, en étant parfaitement conscient que cela est compliqué. Il s’agit d’une réelle inquiétude partagée par des habitants de la ville, par les enseignants et les élèves concernés. En outre, cela risque de susciter passablement de crispations sur ce dossier dans les mois et années à venir. 

M. Oleg Gafner (VER) —

J’aimerais d’abord amener une précision : l’interpellation évoquée tout à l’heure a bien été déposée en réaction à la publication de la stratégie, il est donc normal qu’elle date à peu près de la même période – elle a été attribuée au DEF. Je me permets de reposer la question de l’interdépendance entre cet objet voté aujourd’hui et la mise en œuvre de la suite de la stratégie du Conseil d’Etat, à savoir le déplacement du gymnase Auguste Piccard au nord de la ville. 

Enfin, je pose encore une question complémentaire : le Grand Conseil a‑t‑il encore aujourd’hui une marge de manœuvre ou est-ce que la seule solution qui lui reste finalement est celle que Mme la conseillère d’Etat a soufflé au député Haury, c’est-à-dire de déposer une motion pour que la stratégie passe devant le Grand Conseil pour approbation ?

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Dans la planification, le gymnase Auguste Piccard est prévu en 2040. Pourquoi du côté du stade de La Tuilière ? Parce il serait situé près de l’extension du métro m3. Bien entendu, si le m3 n’avance pas non plus – puisque vous avez reporté ce point qui était à l’ordre du jour – cela engendre un problème en cascade ! (Rires.) Aussi, si vous ne souhaitez pas le déménagement d’Auguste Piccard, il faut évidemment déposer quelque chose. Aujourd’hui, le projet de décret demande les moyens financiers de construire ce bâtiment sur le Campus Santé. En outre, il faut bien mettre la HEP quelque part. Cette première étape est nécessaire, que vous soyez favorables ou non au déménagement du gymnase Auguste Piccard, en 2040. Monsieur Gafner, si vous êtes opposé à cette planification, alors, effectivement, il faut intervenir d’un point de vue parlementaire. D’ici 2024, nous avons le temps. J’ai beaucoup de plaisir à vous montrer la stratégie globale, et je saisis bien que vous vouliez comprendre comment ce projet de décret s’y inscrit. Cet investissement de 62 millions porte sur la construction d’un nouveau bâtiment que nous allons attribuer dans un premier temps à la HEP. Les autres décisions seront ultérieures. 

Mme Céline Baux (UDC) —

La discussion est censée porter sur la HEP, or nous sommes en train de parler de déplacement d’élèves du nord au sud de la ville… j’hallucine ! La moitié des gens du canton de Vaud doivent faire deux heures, voire trois heures de trajet pour aller à l’école de santé à Saint‑Loup, les élèves du Pays d’Enhaut doivent encore aller au gymnase à Burier, ce qui prend une heure et quart de trajet : mais personne ne rouspète ! Excepté la mienne, aucune voix ne s’est élevée contre le déplacement de l’école de santé à Saint-Loup. 

Enfin, je suis absolument favorable à cette nouvelle construction de l’HEP, même si cela coûte cher et que les frais d’études commencent à déborder. Je considère que la discussion doit en rester là. 

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

L’entrée en matière est admise par 103 voix contre 7 et 11 abstentions.

Le projet de décret est adopté en premier débat avec 3 abstentions. 

M. Olivier Petermann (PLR) — Rapporteur

Je demande un deuxième débat immédiat.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

Le deuxième débat immédiat est admis à la majorité des trois quarts (92 voix contre 21 et 5 abstentions).

Deuxième débat

Le projet de décret est adopté en deuxième débat. 

La discussion générale est ouverte. 

M. Jerome De Benedictis (V'L) —

De nombreux doutes ont été émis sur ce projet. Il s’agit de millions de francs investis dans un bâtiment à vocation initialement provisoire. Bien entendu, je ne songeais pas au bâtiment, mais à sa vocation initiale ; je me réjouis que des planifications soient en cours et que certaines aient déjà été publiées. En revanche, je me réjouis moins d’une sorte de fuite en avant par rapport à ces dépenses et à ces investissements. Aujourd’hui, nous avons tenté de susciter a minima une réflexion sur les finances de l’Etat que les partis, dans des versions toutes différentes, ont à cœur de relever. Aujourd’hui, nous avons essayé de transcrire dans les faits ce que d’aucuns ont tendance à dire uniquement dans les journaux. Nous devons être beaucoup – beaucoup – plus vigilants dans notre manière de dépenser l’argent, dans celle de planifier ce que l’Etat possède et dans sa manière de fonctionner. ‘

Aujourd’hui, je regrette vivement que nous n’ayons pas pu profiter d’un temps de réflexion entre les deux débats. En effet, quand je vois la durée du premier débat, ce temps de réflexion aurait peut-être servi à l’un ou à l’autre d’entre nous de se questionner et d’approfondir cette thématique. Il me semble que c’est à cela que servent notre règlement et notre Loi sur le Grand Conseil qui prévoient deux débats. Aujourd’hui, je ne peux que regretter cette précipitation. Nous allons maintenant procéder au vote final. Et contrairement au crédit d’études qui rencontrait mon accord, je dois vous dire que j’ai un doute, ce y compris sur le fond.

Mme Isabelle Moret (C-DEIEP) — Conseillère d’Etat

Il s’agit de ne pas confondre budget de fonctionnement et d’investissement. Nous devons maîtriser les charges du budget de fonctionnement. Concernant nos investissements, regardez le bilan de l’Etat, ses dettes. Lorsque vous investissez pour construire un bâtiment dont vous avez besoin ou pour devenir propriétaire plutôt que locataire, vous faites un investissement à long terme. Par conséquent, vous devez regarder la situation au bilan. Puisque l’Etat n’emprunte quasiment pas, que pour l’instant les taux d’intérêt sont encore passablement bas, ce qui vous est proposé dans le cadre des investissements, consiste à transformer intelligemment l’un de vos actifs. On vous propose de devenir propriétaire, de construire un bâtiment dont on a besoin, ceci dans une perspective à long terme. Par conséquent, il s’agit de quelque chose de différent qu’une maîtrise des charges du budget de fonctionnement – aspect sur lequel je vous rejoins entièrement. L’Etat doit être propriétaire, il a une vision à long terme. 

En outre, il est nécessaire de pouvoir investir en matière de formation. Pourquoi ? L’une des conditions cadres essentielles pour développer l’économie et les emplois dans notre canton : la formation de pointe que nous dispensons, des apprentissages excellents, de bonnes écoles professionnelles, de bons gymnases, une université, l’EPFL, l’école cantonale d'art de Lausanne (ECAL), l’International Institute for Management Development (IMD), l’École hôtelière de Lausanne (EHL). Tout ceci participe à notre écosystème. Les entreprises qui viennent dans notre canton le disent : ici, nous pouvons trouver de la main-d’œuvre qualifiée. Aussi, investir dans la formation de nos jeunes s’avère important pour l’emploi, pour l’avenir du canton et, en premier lieu, pour nos jeunes. 

M. Didier Lohri (VER) —

Madame la conseillère d’Etat, je n’aborde pas mes questions fétiches, amortissements, etc. Néanmoins, suite à vos explications et à la problématique de ces dépenses, j’aimerais quand même rendre attentif le Grand Conseil à la chose suivante : à la page 20 de ce projet de décret, vous trouvez dans les charges de fonctionnement une charge d’intérêt de 34’550’000 francs. Vous prenez les 1’382’000 et 25 ans, vous avez donc 34’550’000 francs sur un amortissement de 62 millions, ce avec un amortissement linéaire. Il y a quand même un problème avec ce projet de décret « bateau ». C’est un problème traditionnel. Après avoir parlé des amortissements, je parle des intérêts. Admettez que cette somme peut nous interpeller et mériterait que le Conseil d’Etat accélère sa proposition sur la nouvelle version des amortissements et des intérêts. Je maintiens qu’il existe un problème avec les intérêts tels qu’ils sont présentés dans les projets de décret. Et on ne peut pas continuer comme ça, car c’est disproportionné par rapport aux finances cantonales. Pour ma part, je commence à bien rigoler quant aux projets qu’on nous présente avec la conformité de l’application de l’article 163 de la Constitution vaudoise. Je pense que l’on pourrait le supprimer, parce que l’affaire est réglée maintenant. Nous avons compris le système, mais je tiens quand même à trouver qu’il faut vous poser des questions sur ces amortissements et sur ces intérêts dans tous les projets de décret.

M. Pierre-André Romanens (PLR) —

Suite aux propos de mon estimé collègue Jérôme de Benedictis, je voudrais ajouter qu’à midi s’est tenue une séance avec le groupe Economie. Nous avons posé une question importante à la BCV sur la démographie. Au niveau de l’Europe, le canton de Vaud est bien positionné. La démographie ne va pas cesser de croître d’un jour à l’autre : ce sont plusieurs milliers d’habitants par année qui arrivent chez nous, pour une grande partie liée à l’immigration. Il faut le reconnaître, une réalité avec laquelle on doit vivre. Pour les 20, 30 prochaines années, cela ne va pas changer grand-chose, même s’il y a des crises économiques, même s’il y a de gros problèmes par rapport à des situations sur l’énergie et autres dans le monde. Le canton de Vaud va continuer à progresser. Renoncer à des investissements peut avoir des répercussions très lourdes. Prenez l’exemple du canton de Neuchâtel qui a peu ou pas investi dans les bâtiments scolaires. Aujourd’hui, il se retrouve avec des charges énormes d’entretien ou liées à la construction et à l’organisation de nouveaux bâtiments. 

Ainsi, une bonne gestion implique des investissements sages et réfléchis, à très long terme. A cet égard, je vous rappelle qu’en 2000, on a arrêté d’investir sur les routes pendant plusieurs années. Et après, quand on a dû recommencer à investir, les charges étaient devenues énormes pour le canton. 

Mme Graziella Schaller (V'L) —

J’aimerais réagir par rapport au fait que l’Etat soit propriétaire de ses bâtiments. Si je comprends la volonté d’être plutôt propriétaire, il serait quand même intéressant de savoir ce que coûtent réellement les bâtiments que l’Etat construit. Dans le cas présent, on parle de 62 millions, mais on ne compte pas du tout le prix du terrain. Les coûts des intérêts ont été aussi évoqués. Et finalement, globalement, il serait intéressant d’avoir la comparaison entre ce que coûtent réellement les projets construits par l’Etat versus les prix de location. C’est quelque chose dont nous avons rarement connaissance. 

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close. 

Le projet de décret est adopté définitivement par 102 voix contre 3 et 15 abstentions. 

 

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