24_LEG_252 - EMPD EMPD accordant au Conseil d'Etat un crédit d’ouvrage de CHF 3'575'000.- pour financer la réalisation de la requalification de la RC 11 et l’aménagement d’un itinéraire de mobilité douce sur le territoire de la Commune d’Eysins (1er débat).
Séance du Grand Conseil du mardi 27 mai 2025, point 3 de l'ordre du jour
Documents
- Texte adopté par CE - ExMot RC11_Eysins - publié
- Rapport de la commission - RC 11 Eysins (avec annexe)
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourLa commission s’est réunie le mardi 4 mars 2025 pour traiter cet objet. Un grand merci à notre secrétaire suppléant, M. Florian Ducommun, pour l’élaboration des notes de séance. Ce projet de décret sur le territoire de la commune d’Eysins s’inscrit dans deux stratégies importantes :
- l’une de la part des agglomérations, puisqu’il s’agit d’un ouvrage cofinancé avec des délais pour leur réalisation.
- La deuxième, le réseau structurant l’itinéraire cyclable de la stratégie cantonale de la promotion du vélo horizon 2035 qui n’intègre pas moins que quatre axes sur ce secteur.
L’itinéraire présenté dans ce décret constitue la brique manquante au milieu de ce dispositif pour offrir cette continuité de réseaux cyclables structurants. Eysins est aussi un pôle économique et urbain important, raison pour laquelle ce projet réunit les différents modes de transport dans un compromis afin d’intégrer cette multimodalité pour la route cantonale nommée RC11.
Après une bonne discussion générale – lors de laquelle aucun élément négatif n’a été soulevé, même pas d’emprise sur les surfaces d’assolement – la commission, à l’unanimité des membres présents, vous recommande d’accepter l’entrée en matière sur cet exposé des motifs et projet de décret et d’accepter les articles 1, 2 et 3.
La discussion sur l’entrée en matière est ouverte.
Je déclare mes intérêts : je suis membre de la Commission thématique des infrastructures liées aux transports et à la mobilité (CTITM) et par ailleurs présidente de la Commission Mobilité de Région de Nyon.
Le projet de décret qui nous est soumis est plus qu’une simple requalification d’un tronçon de route cantonale. Il a une longue histoire et une valeur symbolique de ce que la stratégie vélo permet de faire. Sans en retracer toutes les étapes, il faut rappeler que ce dossier a débuté en 2006. D’abord inclus dans le schéma directeur de l’agglomération nyonnaise, puis dans le projet d’agglomération du Grand Genève de troisième génération, le dossier s’est ensuite enlisé dans le projet de route de desserte urbaine autour de l’agglomération nyonnaise – projet de RDU qui a finalement été abandonné.
Le projet sur la commune d’Eysins était donc à l’arrêt, et c’est l’adoption de la stratégie vélo par notre Grand Conseil qui a donné l’impulsion de le réactiver au printemps 2024. La commune d’Eysins se trouve en effet au cœur de trois axes structurants, à l’Est, à l’Ouest et au Nord de l’agglomération nyonnaise. Si le projet de décret qui nous est soumis aujourd’hui ne concerne qu’un modeste tronçon de 1,1 km, il est une brique essentielle du futur réseau cyclable régional. Dans son édition du 5 juin 2024, le journal La Côte n’hésitait du reste pas à titrer « Eysins : pièce maîtresse du futur réseau régional de pistes cyclables ».
Cela étant, si ce projet de décret est effectivement une brique, une pièce maîtresse ou un maillon essentiel du développement du réseau cyclable régional, il ne structurera pas grand-chose sans les autres axes qu’il est censé connecter. Je formule donc le vœu que les trois axes structurants prévus depuis cet endroit mettent moins de temps à être réalisés que la requalification de ce tronçon, mais je garde espoir qu’avec le déploiement progressif de la stratégie vélo, cela ne demeure pas un vœu pieux. Dans l’intervalle, il convient de souligner la qualité du projet qui nous est soumis aujourd’hui, qui consiste en un véritable lifting du tronçon, puisque les travaux prévoient également la création de trottoirs, le changement complet du revêtement, la mise en conformité des arrêts de bus, de sorte à permettre une réelle multimodalité à cet endroit où tous les usagers – piétons, cyclistes, transports publics et transports motorisés – pourront se déplacer en toute sécurité. Le projet a par ailleurs été soutenu par les autorités communales d’Eysins – dont le syndic nous fait l’honneur d’être présent à la tribune cet après-midi – avec une importante participation financière pour les travaux en traversée de localité, ainsi que divers aménagements paysagers, mobiliers et même un nouvel éclairage public. Il est toutefois essentiel que les travaux démarrent cette année encore, afin de ne pas perdre les cofinancements fédéraux. Pour toutes ces raisons, je vous invite, à l’instar de l’unanimité de la commission, à soutenir ce projet de décret.
Avant toute chose, je déclare mes intérêts : je suis membre de la CTITM, président de la section vaudoise de l’Automobile Club de Suisse et, enfin, président de l’association faitière VaudRoutes.
Le projet est tellement bon, a été tellement bien présenté et recueille tellement d’éloges que je pourrais me contenter de dire que je reprends et fais mien l’entier des arguments présentés par mon excellente collègue, Mme Vez. Cela étant, je pense, effectivement, que ce dossier va au-delà d’une simple requalification, il y a une véritable mise en œuvre d’un principe ou d’un projet de multimodalité. Madame la conseillère d’Etat, vous souriez déjà. Je crois que ce débat sur la multimodalité versus l’intermodalité est en cours au sein de la CITTM, mais dans ce cas précis, nous avons véritablement un projet qui est cohérent, qui s’inscrit dans une réflexion globale sur la mobilité et qui tient compte des intérêts des différents usagères et usagers de la route. Au nom du groupe PLR, je vous invite donc à soutenir ce projet de décret, comme l’a fait votre commission.
Très brièvement, je remercie l’ensemble des actrices et acteurs qui se sont mobilisés depuis tant d’années pour faire aboutir ce projet qui, comme cela a été dit, n’est pas un simple projet, mais la matérialisation d’une vision – pour reprendre les mots de M. de Haller. Il est clair qu’il s’agit d’un projet de multimodalité, à savoir offrir la possibilité pour plusieurs modes de transport de se rendre d’un point A à un point B, étant entendu que c’est souvent l’absence d’infrastructures – principalement pour le vélo – qui empêche le choix de la mobilité douce. Le projet dont nous parlons a été pensé dans son ensemble, avec une forte implication des communes et de la région – je les en remercie.
Pour faire encore un dernier clin d’œil à M. de Haller, dans notre politique générale de mobilité, il ne s’agit pas d’opposer la multimodalité à l’intermodalité. La multimodalité, comme nous venons de le voir – est nécessaire pour offrir plusieurs alternatives, sur un même déplacement, aux différents modes qui doivent pouvoir cohabiter et partager l’espace. L’intermodalité consiste à permettre de changer de mode de transport durant le même trajet pour une seule personne. Ces deux modalités sont nécessaires et les deux matérialiseront notre vision de l’accessibilité dans les différentes régions de notre canton. Je vous remercie d’avoir réservé un très bon accueil à ce projet essentiel pour la région.
Excusez-moi de reprendre la parole après Mme la conseillère d’Etat. Je salue ce très bon projet qui se prêtait bien à cet endroit, parce que toutes les conditions étaient réunies. Néanmoins, cela ne veut pas dire que ce projet peut être répliqué dans l’ensemble du canton. Il y a des lieux dans lesquels cela ne marchera pas. Je voulais vous rendre attentifs : il ne faut pas croire que nous avons trouvé la solution absolue avec ce tronçon – nous ne pourrons pas le répliquer partout. Je tenais à partager cette petite réflexion avec vous.
La discussion est close.
L’entrée en matière est admise à l’unanimité.
Le projet de décret est adopté en premier débat à l’unanimité.
Compte tenu de cette belle unanimité, les enjeux pour les subventions fédérales, la stratégie des agglomérations, ainsi que pour débuter les travaux le plus rapidement possible, je vous propose un deuxième débat immédiat.
Retour à l'ordre du jourLe deuxième débat immédiat est accepté à la majorité des trois quarts (115 voix contre 4 et 7 abstentions).
Deuxième débat
Le projet de décret et adopté en deuxième débat et définitivement par 119 voix et 1 abstention.