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26_POS_15 - Postulat Graziella Schaller et consorts au nom du groupe thématique Santé - Agissons pour réduire les cancers dus aux HPV (papillomavirus humains) dans le Canton de Vaud.

Séance du Grand Conseil du mardi 31 mars 2026, point 23 de l'ordre du jour

Texte déposé

Les papillomavirus humains (HPV) sont répandus dans le monde entier.  
Ils constituent l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente. Environ 85 à 90% des femmes et des hommes en sont infectés au moins une fois dans leur vie. La plupart de ces infections ne présentent aucun signe de maladie et disparaissent sans laisser de séquelles. 

 

Toutefois, lorsque ces virus persistent dans l'organisme, certaines souches peuvent provoquer des verrues génitales ou des lésions précancéreuses et cancéreuses. Le pourcentage estimé d'association entre le HPV et le cancer du vagin est de 70%, de la vulve de 16 %, du pénis de 29%, de l’anus de 87%, de la bouche ou de la gorge, de 20 à 25 %. Les papillomavirus sont directement responsables des cancers du col de l’utérus (pourcentage estimé d'association entre le HPV et le cancer du col de l'utérus : 100%).  Et malheureusement, de tous les cancers liés au HPV, seul celui du col de l’utérus peut être détecté précocement par dépistage. En moyenne en Suisse, plus d'une personne par jour est atteinte d'un cancer lié à l'HPV et une personne en meurt tous les trois jours. 

 

Ces conséquences dramatiques pourraient être évitées grâce à la vaccination. Face à ce constat, la Commission fédérale pour les vaccinations recommande depuis avril 2024 un taux de couverture vaccinal de 90%, avec l'objectif d'éliminer les maladies et cancers liés aux HPV.
 

Malheureusement, le taux de vaccination vaudois est faible : 63% des filles et 51% des garçons (voir la réponse du Conseil d’Etat 22_REP_186 à l’interpellation « Vaccin “Papillomavirus humains HPV” : comment augmenter la couverture vaccinale chez les hommes ? »). Ce taux reconnu comme surévalué est très en-deçà des 90% nécessaires et recommandés par la Commission fédérale pour les vaccinations, pour protéger efficacement la population vaudoise et éliminer les cancers liés aux HPV. Les recommandations ne suffisent pas pour protéger la population vaudoise.

Pour atteindre le taux de couverture vaccinal HPV à 90% recommandés par les experts en santé publique, plusieurs mesures sont nécessaires, notamment :

  • Des informations renforcées aux familles sur l’importance, les effets, la sécurité et l’accès à la vaccination HPV.
  • Un renforcement de la vaccination scolaire, en ciblant particulièrement les jeunes garçons.
  • Un encouragement à la vaccination chez le médecin généraliste ou le pédiatre.
  • Un soutien pour une implémentation optimale de la nouvelle possibilité de vaccination HPV en pharmacie (possible actuellement seulement pour les femmes de plus de 27 ans). 
  • L’élargissement en pharmacie de la vaccination HPV recommandée « de rattrapage » (16-26 ans, hommes et femmes), dans le cadre de la convention entre la Société Vaudoise de Médecine (SVM) et la Société Vaudoise de Pharmacie (SVPh).
  • Un soutien à l’élargissement de l’offre de prévention et de vaccination du Checkpoint-Vaud de Lausanne à l’ensemble de la population à l’instar du Check-in Zollhaus à la gare de Zurich.

Par cette motion, nous invitons le Conseil d'État à élaborer les modifications législatives nécessaires à la mise en œuvre des mesures nécessaires pour atteindre un taux de vaccination volontaire de la population contre le HPV de 90% et ainsi permettre la réduction des cancers HPV dans le Canton de Vaud.

 

 

 

 

Références

 

  •  « Vaccination de base contre les HPV pour les garçons » OFSP-Bulletin 3/2024 du 15 janvier 2024, https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/cc/Kampagnen/Bulletin/2024/bu-3-24.pdf.download.pdf/BU_3_24_FR.pdf 
  • Procès-verbal de la 99ème réunion plénière de la Commission fédérale pour la vaccination du 10 avril 2024, https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/mt/i-und-b/ekif/protokolle-2024/protokoll-plenarsitzung-99-ekif.pdf.download.pdf/Proc%C3%A8s-verbal%20de%20la%2099%C3%A8me%20r%C3%A9union%20pl%C3%A9ni%C3%A8re%20du%2010.04.2024.pdf 
  • Communiqué de presse du Conseil de l’Europe du 21 juin 2024 : https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/06/21/council-adopts-recommendation-to-help-combat-vaccine-preventable-cancers/ 
  • Rapporté entre autres par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en novembre 2023, https://www.who.int/news/item/17-11-2023-investing-in-cervical-cancer-elimination-across-australia-and-the-indo-pacific 

Conclusion

Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Sébastien HumbertV'L
Carine CarvalhoSOC
Martine GerberVER
Romain BelottiUDC
Jean-Bernard ChevalleyUDC
Cédric EchenardSOC
Jean-Claude FavreV'L
Yves PaccaudSOC
Claude Nicole GrinVER
Blaise VionnetV'L
Vincent BonvinVER
Michael WyssaPLR
Sébastien CalaSOC
Laurent BalsigerSOC
Patricia Spack IsenrichSOC
Denis CorbozSOC
Circé FuchsV'L
Arnaud BouveratSOC
Valérie ZoncaVER
Muriel ThalmannSOC
Sergei AschwandenPLR
Yolanda Müller ChablozVER
Isabelle FreymondIND
Yannick MauryVER
Jerome De BenedictisV'L
Alexandre DémétriadèsSOC
Jean-Louis RadiceV'L
Marc VuilleumierEP
Eliane DesarzensSOC
Julien EggenbergerSOC
Florence Bettschart-NarbelPLR
Stéphane BaletSOC
Oleg GafnerVER
Oscar CherbuinV'L
Nathalie JaccardVER
Vincent KellerEP
Céline BauxUDC
Elodie LopezEP
Céline MisiegoEP
David VogelV'L
Thanh-My Tran-NhuSOC
Hadrien BuclinEP
Joëlle MinacciEP
Laurent MiévilleV'L
Laure JatonSOC
Jean Valentin de SaussureVER
Jacques-André HauryV'L
Cendrine CachemailleSOC
Géraldine DubuisVER
Didier LohriVER

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Gérard Mojon (PLR) — Rapporteur

A l’unanimité des membres présents, la Commission thématique de la santé publique (CTSAP) recommande au Grand Conseil d’accepter la motion Schaller transformée en postulat, avec l’accord de son auteure. Les papillomavirus humains (HPV) sont responsables de nombreux cancers. Afin de réduire significativement les infections, les autorités fédérales et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent une couverture vaccinale de 90% chez les adolescents des deux sexes d’ici 2030. La motionnaire déplore que cette vaccination soit souvent perçue comme une question prioritairement féminine, invisibilisant la vaccination des garçons, pourtant nécessaire. De plus, les vaccinations n’étant prises en charge que jusqu’à un certain âge et l’information étant insuffisante, elle souhaite élargir les possibilités de vaccination et d’information.

L’augmentation de la couverture vaccinale contre les HPV constitue un objectif reconnu par le gouvernement, qui admet la nécessité de renforcer une stratégie de communication plus ciblée et scientifiquement étayée. Le programme cantonal vaudois de vaccination en milieu scolaire est solidement structuré et son efficacité est reconnue. Par ailleurs, une modification de la législation fédérale adoptée en mars 2025 permettra, dès 2027, la mise en œuvre de l’évolution souhaitée par la motion en matière d’élargissement de la vaccination. Dans ce contexte, la conseillère d’Etat s’oppose à la motion, tout en se disant favorable à sa transformation en postulat.

Parmi les questions abordées en commission, il convient de relever les éléments suivants : les infections aux HPV sont très courantes, mais l’essentiel de ces infections disparaissent dans les deux ans et les statistiques manquent sur le taux de réactivation. La probabilité de développer un cancer est proportionnellement faible, mais comme la contamination initiale touche une large base de la population, encore trop de cas évoluent vers un cancer. La cible d’une couverture vaccinale de 90% pour les deux sexes est ambitieuse, et il n’est pas possible de déterminer le seuil en dessous duquel la vaccination n’aurait plus d’effet sur la circulation du virus. Au niveau de la limitation des couvertures d’assurance en fonction de l’âge, les évidences scientifiques indiquent qu’à partir de 27 ans, l’intérêt de la vaccination diminue, le nombre de partenaires sexuels diminuant également. C’est pourquoi la vaccination est recommandée entre 11 et 15 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. Après 27 ans, l’utilité de la vaccination s’avère faible et le coût est à la charge des personnes souhaitant se faire vacciner, et aucune modification n’est actuellement prévue en la matière. Les informations que je viens de vous transmettre reposent sur des données purement statistiques et n’ont été ni inventées par la commission, ni par le rapporteur.

Plusieurs commissaires reconnaissent l’importance d’accroître la couverture vaccinale de la population contre les HPV et se déclarent favorables au postulat, qui permettrait au Conseil d’Etat d’engager des actions sans attendre la modification légale. A la suite de la proposition formelle du président de séance et des engagements de la conseillère d’Etat, la motionnaire transforme sa motion en postulat. A l’unanimité, la commission recommande au Grand Conseil de renvoyer la motion transformée en postulat au Conseil d’Etat.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

Mme Graziella Schaller (V'L) —

Je remercie le rapporteur, M. Mojon, qui a pratiquement exprimé l’ensemble des éléments que je souhaitais également relever. Je me limiterai donc à quelques compléments. Ces virus sont extrêmement graves. Ils sont certes très répandus, mais tous les cas n’évoluent pas vers un cancer. Ce que l’on tend parfois à oublier, c’est que ces cancers concernent autant les hommes que les femmes. L’enjeu est donc également d’atteindre la population des jeunes hommes. A cet égard, des améliorations pourraient sans doute être apportées en matière d’information, notamment auprès des parents et de la population en général. Contrairement aux jeunes femmes qui consultent régulièrement un gynécologue, les jeunes hommes, dès qu’ils ne sont plus suivis par un pédiatre, consultent rarement un médecin.

Je tiens également à remercier le Conseil d’Etat pour son action. S’agissant des engagements pris en commission, il serait utile de connaître les mesures concrètes mises en œuvre pour renforcer l’information auprès des jeunes, des établissements scolaires et des parents, lesquels ne mesurent pas toujours pleinement l’importance de vacciner également les garçons. Madame la conseillère d’Etat, je souhaiterais également obtenir quelques précisions sur les effets de l’élargissement de ces actions à l’échelle du canton.

Par ailleurs, et comme l’a souligné M. Mojon, la vaccination en pharmacie n’est actuellement possible qu’à partir de 27 ans, et reste à la charge des personnes concernées. Si je suis bien informée, une modification de la Loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal) devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027, prévoyant une prise en charge de cette vaccination par l’assurance obligatoire des soins, ce qui supprimerait ainsi la charge financière pour les patients. Dans cette perspective, il me semblerait très pertinent de supprimer d’ores et déjà, au niveau du canton de Vaud, cette limite d’âge de 27 ans pour la vaccination en pharmacie. Cela constituerait, à mon sens, un progrès significatif.

Enfin, il convient de renforcer encore l’information auprès des jeunes afin que chacun se sente véritablement concerné. Comme cela a été relevé, la couverture vaccinale dans le canton de Vaud n’est pas mauvaise, mais elle demeure insuffisante au regard de l’objectif de 90 % fixé par certains pays qui ont réussi, dans une large mesure, à éradiquer ces virus. Des efforts supplémentaires sont donc nécessaires. La situation n’est pas défavorable dans le canton de Vaud, mais elle peut encore être améliorée, afin d’envoyer un signal clair : nous pouvons, nous aussi, agir concrètement pour accroître la couverture vaccinale.

M. Sébastien Cala (SOC) —

Comme l’ont relevé la motionnaire et le rapporteur, la vaccination contre les HPV représente un enjeu majeur de santé publique encore peu connu de la population. Il existe un réel potentiel d’amélioration du taux de couverture, qui reste globalement bas, particulièrement chez les hommes, malgré des campagnes en place depuis plusieurs années. Pour atteindre le taux de 90% attendu en 2030, il est nécessaire de renforcer la stratégie actuelle portée par le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS). Le groupe socialiste soutiendra le renvoi au Conseil d’Etat de la motion transformée en postulat.

Mme Rebecca Ruiz — Conseillère d’Etat

Quelques compléments méritent d’être apportés depuis la tenue du débat en commission, plusieurs démarches ayant été entreprises dans l’intervalle. Nous nous étions engagés à renforcer les actions d’information et de sensibilisation et à mobiliser davantage les professionnels de santé dans le suivi vaccinal. Une page web dédiée « Papillomavirus HPV – Etat de Vaud » est en ligne depuis novembre 2025 et centralise les informations sur la thématique des HPV. Un article interne à la Direction générale de la santé (DGS) intitulé « Le thème HPV, la vaccination à l’adolescence protège les futurs adultes » a également été publié pour informer le personnel. La Commission cantonale des maladies transmissibles a examiné la thématique, identifié des pistes d’action et discuté d’outils complémentaires. Un groupe de travail interdisciplinaire a été constitué et s’est réuni début 2026, réunissant des représentants de la DGS, la responsable des infirmières scolaires, les médecins scolaires responsables du canton et de la ville de Lausanne, une pédiatre en pratique privée, membre du groupement des pédiatres vaudois, une gynécologue en pratique privée, un pédiatre infectiologue du CHUV, un membre de la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) ainsi quele médecin cantonal adjoint des maladies transmissibles. Une pharmacienne rattachée au pôle de la pharmacienne cantonale, ainsi qu’un représentant de PROFA et un membre de l’Institut des humanités, ont par la suite rejoint le groupe. L’ensemble des travaux converge vers l’élaboration d’un concept de communication renouvelé, destiné à renforcer l’adhésion à la vaccination contre le HPV au moyen de messages adaptés aux jeunes ainsi qu’à leurs parents. Un concept de communication et des outils ad hoc sont en cours d’élaboration, tout comme les modalités de suivi de leur impact – aspect évidemment essentiel – ainsi que la coordination de leur diffusion et de leur mise en œuvre en vue de la rentrée scolaire 2027.

Par ailleurs, la fin des programmes cantonaux HPV se confirme, ce qui impliquera une prise en charge par l’assurance obligatoire des soins. Les discussions sont en cours au niveau fédéral. Les résultats de l’enquête de couverture vaccinale à laquelle le canton de Vaud a participé seront connus dans le courant du mois de mai.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close. 

Le Grand Conseil prend le postulat en considération à l’unanimité. 

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