26_HQU_95 - Question orale Patrick Simonin - Consultation projet d'horaire transports publics 2027 : cadence rail RER Orbe-Renens.
Séance du Grand Conseil du mardi 9 juin 2026, point 3.12 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le projet d'horaire 2027 nous apprend que la mise en service du RER Orbe-Renens se fera au rythme de 10 allers-retours quotidien. Cela correspond, en comparaison, à 4 fois moins de courses pour un RER à cadence 30' sur 20h de desserte. Ceci peut surprendre pour un projet initié en 2007 et dont les plans ont été déposés à l'OFT en 2016 déjà. Certes des recours ont fait perdre près de 4 ans au début du chantier mais la volonté raccorder cette ligne au réseau CFF est connue depuis près de 20 ans. Cette offre pourrait par ailleurs surprendre la Confédération qui met 96% des 100 millions d'investissements de ce projet et elle ne devrait pas encore être le déclic pour mobiliser les pendulaires et étudiants d'Orbe et sa Région.
J’ai ainsi l’honneur de poser la question suivante :
- A quel horizon (quel changement d'horaire) le Conseil d'Etat prévoit-il, ce que l'on peut espérer d'un RER, une cadence à la demi-heure du matin au soir entre Orbe et Renens ?
Transcriptions
Question orale Patrick Simonin – Consultation projet d’horaire transports publics 2027 : cadence rail RER Orbe-Renens (26_HQU_95)
Le projet d’horaire 2027 nous apprend que la mise en service du RER Orbe-Renens s’effectuera au rythme de dix allers-retours quotidiens. Cela correspond, en comparaison, à quatre fois moins de courses que pour un RER à cadence de 30 minutes sur 20 heures de desserte. Cette situation peut surprendre pour un projet initié en 2007 et dont les plans ont été déposés à l’Office fédéral des transports (OFT) dès 2016. Certes, des recours ont fait perdre près de quatre ans en début de chantier, mais la volonté de raccorder cette ligne au réseau CFF est connue depuis près de vingt ans.
Cette offre pourrait par ailleurs surprendre la Confédération, qui finance 96 % des 100 millions d’investissements de ce projet. Elle ne devrait pas encore constituer le déclic permettant de mobiliser les pendulaires et les étudiantes et étudiants de la région – ce qui suscite une certaine inquiétude au regard de la réponse préalable de Mme la conseillère d’Etat, selon laquelle la fréquentation doit d’abord croître pour que l’offre devienne plus conséquente.
J’ai dès lors l’honneur de poser la question suivante : à quel horizon et à quel changement d’horaire le Conseil d’Etat prévoit-il qu’une cadence à la demi-heure, du matin au soir, puisse être atteinte entre Orbe et Renens ?
Le développement du RER Vaud, colonne vertébrale des transports publics vaudois, constitue une priorité pour le Conseil d’Etat depuis vingt ans. Je ne rappellerai pas ici l’ensemble des étapes réalisées jusqu’à aujourd’hui pour connecter Grandson, Aigle, la Broye ou encore la Vallée de Joux au RER vaudois. Les premières réflexions visant à offrir des liaisons entre Orbe et Lausanne grâce à un nouveau raccordement à Chavornay remontent effectivement à 2007. Les premières planifications incluant ce projet d’offre datent quant à elles de fin 2014, lorsque le canton a remis à la Confédération une mesure demandant l’introduction de trains vers Lausanne aux heures de pointe, afin d’offrir une liaison sans changement vers le chef-lieu et de renforcer ainsi la capacité du transport ferroviaire entre Chavornay et Lausanne lors de l’achèvement des travaux de la gare de Lausanne, alors promis à l’horizon 2025.
Malheureusement, en raison de l’insuffisance de capacités dans le nœud ferroviaire Lausanne-Renens – totalement saturé – il n’est pas possible pour l’instant de faire circuler ces RER jusqu’à Lausanne. Le Canton de Vaud a cependant travaillé activement ces dernières années avec les CFF pour qu’au terme des travaux de construction du nouveau raccordement de Chavornay, les trains puissent tout de même circuler au-delà de Chavornay en direction de Lausanne. Nous avons saisi l’opportunité offerte par des capacités momentanément disponibles sur le réseau pour développer et mettre en place, dès l’horaire 2027, une nouvelle offre ferroviaire aux heures de pointe entre Orbe et Renens.
Concernant la cadence proposée, elle tient compte des contraintes d’exploitation sur un réseau surchargé. Pour assurer une stabilité d’exploitation et ne pas risquer de perturbations sur les autres lignes, les CFF ont recommandé au canton d’interrompre le service en matinée et dans l’après-midi. Ainsi, le projet d’horaire de la ligne R10, actuellement soumis à la consultation publique, prévoit dix allers-retours par jour – trois le matin, trois à midi et quatre le soir – du lundi au dimanche, pour la période horaire 2027-2028. La mise en service de la ligne du RER Vaud entre Orbe et Renens est prévue pour le printemps 2027, le temps de finaliser les travaux de la boucle ferroviaire entre Orbe et Chavornay. Cette offre de démarrage pourra être étoffée si la fréquentation le justifie, jusqu’à une cadence horaire intégrale.
Par ailleurs, il n’est pas possible d’offrir une cadence à la demi-heure sur la ligne R10 entre Chavornay et Lausanne en raison de la capacité de la ligne Bienne-Lausanne, fortement sollicitée par le trafic marchandises. Le second sillon Orbe-Lausanne entre notamment en conflit avec les liaisons InterCity Bienne-Genève, qui n’empruntent pas la gare de Lausanne, mais le bypass, dont le rétablissement est également plébiscité et soutenu par le Conseil d’Etat.
Monsieur le député, votre question orale illustre malheureusement que la mise à niveau des infrastructures ferroviaires romandes constitue une urgence absolue. Pour le dire simplement : on ne peut pas indéfiniment ajouter des trains sur le même nombre de voies. C’est pourquoi, à quelques jours de la présentation du prochain message ferroviaire, j’espère que le Conseil fédéral prendra conscience de cette urgence et optera pour une variante ambitieuse du développement des axes ferroviaires est-ouest, comme le demandent l’ensemble des cantons de la Suisse occidentale ainsi que les milieux économiques de la métropole lémanique.
Retour à l'ordre du jourJe remercie Mme la conseillère d’Etat pour ces informations et j’espère qu’elle dispose encore de quelques atouts en main, à la veille de notre soirée chibre, pour trouver quelques sillons supplémentaires d’ici au 5 avril 2027, date de démarrage de ce nouveau RER.