26_INT_115 - Interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom Les Vert.e.s - Former et soutenir les artistes à l’heure de l’intelligence artificielle : quelle politique pour le Canton de Vaud ?.
Séance du Grand Conseil du mardi 1er septembre 2026, point 2.2 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le Canton de Vaud consacre des moyens importants à la formation et au soutien des artistes et des professionnel·les de la culture. Il soutient notamment les écoles de musique, la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU), l’École de Jazz et de Musique Actuelle (EJMA), ainsi que de nombreuses institutions et structures actives dans les arts visuels, le théâtre, la littérature, l’audiovisuel et les arts numériques, comme notamment l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) et la Manufacture.
Cette politique traduit la volonté de contribuer à une vie culturelle riche et diversifiée, mais également de permettre à des personnes de développer des compétences artistiques et, pour celles et ceux qui en font leur profession, d’exercer leur métier dans de bonnes conditions.
Or, les métiers artistiques et culturels connaissent aujourd’hui des transformations importantes. Les évolutions technologiques modifient les pratiques de création, de production et de diffusion, mais également les modèles économiques et les compétences demandées aux professionnel·les.
Ces changements sont particulièrement visibles dans le domaine musical. Le Canton contribue notamment à former des musicien·nes professionnel·les à travers l’HEMU, dans les domaines du jazz et des musiques actuelles. Dans le même temps, certaines pratiques permettent aujourd’hui à des artistes de se produire sur scène avec des bandes, séquences ou accompagnements préenregistrés, réduisant, voire supprimant, le recours à des musicien·nes en live.
Ces pratiques peuvent relever de choix artistiques. Elles illustrent néanmoins un phénomène plus général : les nouvelles technologies peuvent modifier la répartition entre le travail humain et les outils techniques dans la production culturelle.
Cette situation concerne également de nombreux autres métiers : illustrateur·rices, graphistes, photographes, auteur·rices, traducteur·rices, compositeur·rices, professionnel·les de l’audiovisuel et bien d’autres.
Le développement rapide de l’intelligence artificielle générative constitue une nouvelle étape de ces changements.
Des outils permettent désormais de produire ou de modifier des images, des textes, de la musique, des voix, des photographies ou des vidéos à partir de simples instructions. Ils peuvent offrir de nouvelles possibilités aux artistes, faciliter l’expérimentation et favoriser l’émergence de nouvelles formes de création. Ils peuvent toutefois également modifier la demande pour certaines prestations, les modèles économiques et les conditions de rémunération des professionnel·les de la création.
Ces transformations soulèvent ainsi des questions quant à l’avenir de certaines professions artistiques et aux conditions dans lesquelles elles pourront continuer à être exercées.
Le Canton investit dans la formation et le soutien de ces professions. Il paraît dès lors pertinent de s’interroger sur l’adéquation des politiques publiques à un environnement culturel et professionnel dans lequel l’intelligence artificielle est appelée à prendre une place croissante.
Dès lors, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :
- Quelle analyse le Conseil d’État fait-il de l’impact actuel et prévisible de l’intelligence artificielle sur les métiers, l’emploi, les conditions de travail et la rémunération des artistes dans les différents domaines?
- Le Conseil d’État estime-t-il que les politiques actuelles de formation et de soutien aux artistes sont adaptées aux transformations induites par la montée en puissance de l’intelligence artificielle ?
- Dans quelle mesure les critères d’attribution des subventions cantonales prennent-ils actuellement en considération l’emploi, les conditions de travail et la rémunération des artistes ?
- Le Conseil d’État dispose-t-il d’une analyse des secteurs et des métiers artistiques qui pourraient être les plus fortement touchés par la substitution de la création humaine par des outils d’intelligence artificielle ?
- Quelles mesures le Conseil d’État envisage-t-il pour permettre aux artistes de développer les compétences nécessaires à l’utilisation de l’intelligence artificielle comme outil de création et de développement professionnel ?
- Dans le cadre de la révision de la Loi sur la vie culturelle et la création artistique, quelle place le Conseil d’État entend-il accorder aux conséquences de l’intelligence artificielle sur les conditions d’exercice, la rémunération et les perspectives professionnelles des artistes ?
- Plus largement, quelles mesures de politique publique le Conseil d’État envisage-t-il afin d’anticiper les conséquences de l’intelligence artificielle sur les professions artistiques et sur les débouchés des personnes formées dans les institutions soutenues par le Canton ?
Nous remercions par avance le Conseil d'État pour ses prochaines réponses
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Géraldine Dubuis | VER |
| Céline Misiego | EP |
| Vincent Jaques | SOC |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Théophile Schenker | VER |
| Didier Lohri | VER |
| Sébastien Kessler | SOC |
| Felix Stürner | VER |
| David Raedler | VER |
| Muriel Thalmann | SOC |
| Martine Gerber | VER |
| Yolanda Müller Chabloz | VER |
| Colin Wahli | VER |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Joëlle Minacci | EP |
| Valérie Zonca | VER |
| Sylvie Pittet Blanchette | SOC |
| Isabelle Freymond | IND |
| Rebecca Joly | VER |
| Denis Corboz | SOC |
| Sylvie Podio | VER |
| Virginie Pilault | SOC |
| Jean Valentin de Saussure | VER |