26_HQU_91 - Question orale Joëlle Minacci au nom d'Ensemble à gauche et POP - Répondre à l’urgence des hébergements d’urgence.
Séance du Grand Conseil du mardi 9 juin 2026, point 3.6 de l'ordre du jour
Texte déposé
Depuis l’évacuation de plusieurs squats en mai par la Ville de Lausanne, les hébergements d’urgence font face à une forte pression dû à la mise à la rue d’environ 150 personnes. Le Sleep-in a informé la Ville que l’association a dû refuser jusqu’à 50 personnes par soir. La disparition de ces squats montre que l’offre d’hébergement d’urgence est insuffisante et produit une situation d’urgence qui se reporte sur l’espace public. Les autorités communales et cantonales s’appuient de manière ambivalente sur les squats pour pallier le manque de places en hébergements d’urgence mais aussi de logements sociaux (ex. housing first), en même temps qu’elle tend à criminaliser ce genre de pratique, accentuant ainsi la précarité et la fragilité des situations tout comme celle des professionnels des hébergements d’urgence.
Vu la situation critique actuelle, comment le Conseil d’Etat entend-il soutenir la ville de Lausanne dans la recherche de solutions immédiates pour pallier le manque de lits ?
Transcriptions
Département de la santé et de l’action sociale
Question orale Joëlle Minacci au nom d’Ensemble à gauche et POP – Répondre à l’urgence des hébergements d’urgence (26_HQU_91)
Depuis l’évacuation de plusieurs squats en mai par la Ville de Lausanne, les hébergements d’urgence font face à une forte pression due à la mise à la rue d’environ 150 personnes. Le Sleep In a informé la Ville que l’association a dû refuser jusqu’à 50 personnes par soir. La disparition de ces squats révèle que l’offre d’hébergement d’urgence est insuffisante et produit une situation qui se reporte sur l’espace public.
Les autorités communales et cantonales s’appuient de manière ambivalente sur les squats pour pallier le manque de places en hébergement d’urgence, mais aussi de logements sociaux – tels que les Housing First – tout en tendant à criminaliser ce type de pratiques, accentuant ainsi la précarité et la fragilité des situations, de même que celle des professionnelles et professionnels des hébergements d’urgence.
Vu la situation critique actuelle, comment le Conseil d’Etat entend-il soutenir la Ville de Lausanne dans la recherche de solutions immédiates pour pallier le manque de lits ?
Le Conseil d’Etat est conscient de la pression actuellement exercée sur le dispositif d’hébergement d’urgence lausannois à la suite de l’évacuation récente de deux squats lors d’opérations de police. Cette situation s’est traduite par une augmentation du nombre de demandes d’hébergement et du nombre de refus enregistrés.
Le Conseil d’Etat rappelle que le dispositif cantonal d’hébergement d’urgence dispose actuellement de 294 places ouvertes à l’année, dont la majorité se situe à Lausanne, soit 239 places. Les 55 places restantes sont réparties entre Vevey (22 places), Nyon (10 places) et Yverdon-les-Bains (23 places). Par ailleurs, le canton continue d’investir de manière significative dans ce domaine : les moyens alloués aux dispositifs d’hébergement d’urgence ont été renforcés ces dernières années, avec une augmentation d’un million entre 2024 et 2026, passant de 5,8 à 6,8 millions de francs.
D’importants efforts sont en outre menés conjointement par le canton et les communes concernées afin de maintenir les prestations existantes, de relocaliser certaines structures appelées à quitter leurs locaux actuels et de garantir des conditions d’accueil dignes pour les personnes concernées. Les services cantonaux et communaux collaborent étroitement sur ces questions et entretiennent un dialogue régulier permettant de suivre l’évolution des besoins.
S’agissant plus particulièrement de la situation lausannoise, le Conseil d’Etat relève que, même si aucune demande spécifique de soutien ne lui a été adressée à ce jour par la Ville, il prendra contact avec elle par l’entremise de la Direction générale de la cohésion sociale, afin d’échanger sur les perspectives à moyen terme. Le Conseil d’Etat demeure attentif à la situation et à ses conséquences pour les personnes concernées.
Je remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse. J’entends qu’une adaptation du dispositif a été opérée ces dernières années et qu’il existe une volonté de maintenir les prestations existantes, notamment en raison d’enjeux liés aux locaux pour certaines d’entre elles. Cela dit, le manque de places demeure évident. J’aimerais dès lors savoir si une réflexion est en cours, entre le canton et les communes particulièrement concernées par le refus de personnes dans les hébergements d’urgence, sur l’adaptation du dispositif aux besoins du terrain.
Retour à l'ordre du jourComme je l’ai indiqué, nous allons poursuivre le dialogue déjà engagé. En janvier 2026, le taux d’occupation s’élevait à 97 % et, en mars 2026, il atteignait 102 %, sachant que le Sleep In dispose de davantage de lits physiques que de lits conventionnés, ce qui ménage une légère marge de manœuvre. La situation fait l’objet d’un suivi étroit.