26_POS_24 - Postulat Sébastien Cala et consorts au nom Sergei Aschwanden, Céline Baux, Yannick Maury, Elodie Lopez et Cloé Pointet - Activité physique sur ordonnance : un remède aux coûts de la santé ? (Développement et demande de renvoi à commission avec au moins 20 signatures).
Séance du Grand Conseil du mardi 2 juin 2026, point 7 de l'ordre du jour
Texte déposé
Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont plus à démontrer. Une pratique régulière permet de prévenir nombres de maladies (cardiovasculaires, diabètes, cancer), de réduire les symptômes de dépression ou d’anxiété et améliore les capacités de réflexion, d’apprentissage, d’autonomie des personnes âgées et le bien-être général.(1)
Selon l’Office fédéral de la statistique, si la population suisse est plutôt active physiquement en comparaison internationale, il reste tout de même 8% de la population adulte qui est considérée comme totalement « sédentaire » (-30min d’activité physique par semaine) et 24% qui ne pratique pas suffisamment d’activités physiques (2). Ces chiffres sont encore plus inquiétants selon l’Office fédéral du sport dont la dernière étude annonce 16% de la population qui ne pratique jamais d’activité physique et sportive (3).
Si la tendance est globalement positive ces dernières années, il n’en reste pas moins que la population sédentaire ou pas suffisamment active représente encore un pourcentage élevé de la population et ces personnes sont plus sujettes à développer des maladies. Il est démontré que changer des habitudes de vie n’est pas aisé, surtout dans un domaine où la reprise d’une activité physique après des années sédentaire nécessite généralement un accompagnement. En Suisse et plus précisément dans le Canton de Vaud, un projet avait été initié grâce notamment à des fonds fédéraux pour accompagner certaines personnes sédentaires et présentant des co-morbidités : Pas à Pas. Il se poursuit aujourd’hui grâce à des fonds cantonaux (4). Ce programme, qui a porté des résultats très positifs (5), s’adresse essentiellement à des cas complexes, nécessitant un accompagnement renforcé multidisciplinaire.
Dans les pays voisins, notamment dans certaines régions françaises, l’activité physique sur prescription médicale va au-delà encore du modèle de Pas à Pas, touchant à un public plus large. C’est notamment le cas en Nouvelle-Aquitaine qui a développé un modèle qui intègre aussi la prescription d’activité physique sur une base de prévention et pas uniquement pour des personnes présentant déjà des co-morbidités. Pour ce faire, le concept s’appuie sur des structures agrées sur l’ensemble du territoire, regroupant des acteurs autant publics, privés qu’associatifs (6).
L’organisation du système de santé étant bien différente entre la Suisse et la France, le projet ne peut être simplement implémenté sur sol vaudois. Il est toutefois intéressant de s’en inspirer. Un projet pilote sur une durée de 4 ans, à l’échelle d’un réseau de santé pourrait par exemple permettre une première évaluation des bénéfices populationnels d’un tel modèle sur le plan de la prévention de la santé.
C’est pourquoi les soussignées et soussignés ont l’honneur de demander au Conseil d’Etat de :
D'analyser la mis en oeuvre d'un projet pilote permettant la prescription médicale d’activités physiques à l’échelle d’un réseau de santé ou du Canton, s’adressant à un public large et en s’appuyant sur un tissu d’acteurs publics, parapublics, privés et associatifs du domaine de la santé, du sport et de l’activité physique adaptée.
(1) Malm Christer, Jakobsson Johan & Isaksson Andreas, « Physical Activity ans Sports – Real Health Benefits : A review with Insight into the Public Health of Sweden ». Sports, n°7(5), 2019.
(2) STORNI Marco & al., Enquête suisse sur la santé 2022, Neuchâtel : OFS, 2023.
(3) LAMPRECHT Markus, al. Sport Schweiz 2020. Sportaktivität und Sportinteresse der Schweizer Bevölkerung, Macolin : OFSPO, 2020.
(4) Toutes les informations sur le projet sont disponibles ici : www.pas-a-pas.ch/la-prestation/ (Consulté le 20 avril 2026)
(5) 81.4% des bénéficiaires ont intégrés de l’activité physique dans leurs loisirs. Source : Greppin-Bécherraz Camille & al., « Evaluation du projet « Pas à Pas + », Promotion Santé Suisse, 2023.
(6) Toutes les informations à propos de ce projet initié en 2019 sont disponibles ici : www.peps-na.fr (Consulté le 24 avril 2026).
Conclusion
Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Ariane Morin | VER |
| Théophile Schenker | VER |
| Claire Attinger Doepper | SOC |
| Sandra Pasquier | SOC |
| Monique Ryf | SOC |
| Marc Vuilleumier | EP |
| Muriel Thalmann | SOC |
| Séverine Graff | SOC |
| Yves Paccaud | SOC |
| Cendrine Cachemaille | SOC |
| Sébastien Humbert | V'L |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Blaise Vionnet | V'L |
| David Raedler | VER |
| Hadrien Buclin | EP |
| Felix Stürner | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Céline Baux | UDC |
| Sergei Aschwanden | PLR |
| Cloé Pointet | V'L |
| Kilian Duggan | VER |
| Nathalie Jaccard | VER |
| Michael Wyssa | PLR |
| Cédric Echenard | SOC |
| Alberto Mocchi | VER |
| Circé Fuchs | V'L |
| Oleg Gafner | VER |
| Virginie Pilault | SOC |
| Laurent Balsiger | SOC |
| Denis Corboz | SOC |
| Elodie Lopez | EP |
| Géraldine Dubuis | VER |
| Thanh-My Tran-Nhu | SOC |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Alexandre Rydlo | SOC |
Documents
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourCe postulat soulève une question simple mais fondamentale : l’activité physique fait‑elle davantage partie de la politique de santé ? En effet, il est communément reconnu que la sédentarité constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies chroniques, maladies cardiovasculaires, diabète, cancer, mais également troubles psychiques et pertes d’autonomie avec l’âge. A l’inverse, les bénéfices d’une activité physique régulière sont largement démontrés, tant sur le plan de la santé physique que mentale. Ce postulat a le mérite de s’appuyer sur des expériences concrètes plutôt que sur de simples intentions. Dans notre canton, le projet Pas à Pas, développé par Unisanté, accompagne déjà des personnes sédentaires souffrant de diverses comorbidités vers une reprise progressive de l’activité physique. Les résultats observés sont très encourageants, tant en matière d’adhésion des participantes et participants que d’amélioration de leur qualité de vie et de leur état de santé. Ce programme montre que, lorsque l’accompagnement est adapté et structuré, les personnes concernées modifient leurs habitudes de vie de manière durable : un élément fondamental. Le postulat cite également l’exemple de la Nouvelle-Aquitaine, où un dispositif d’activité physique prescrite a été développé à plus grande échelle. Cette expérience démontre qu’il est possible de créer des passerelles efficaces entre le monde médical, les collectivités publiques et les acteurs de l’activité physique et du sport afin de favoriser durablement l’activité physique comme outil de prévention et de santé.
Ainsi, le présent postulat présente précisément l’intérêt suivant : il ne demande pas la mise en place immédiate d’un nouveau dispositif, mais plutôt la réalisation et l’évaluation d’un projet pilote permettant de s’inspirer des expériences précitées. Une fois ce projet réalisé, nous serons en mesure d’évaluer la pertinence d’un modèle de ce type à l’échelle d’un réseau de santé ou plus globalement du contexte vaudois. Aussi, l’enjeu s’avère double. D’une part, améliorer la santé de la population en agissant avant l’apparition et l’aggravation des maladies. D’autre part, examiner si un tel investissement peut contribuer à moyen ou à long terme à freiner la progression des coûts de la santé en réduisant certaines prises en charge médicales évitables.
Par ailleurs, un aspect mérite également d’être exploré dans le cadre de cette étude : la possibilité de développer ce projet pilote en partenariat avec des assureurs maladie. Plusieurs caisses proposent déjà, par le biais des assurances complémentaires, des contributions pour des abonnements sportifs, des cours de fitness ou des programmes favorisant l’activité physique. Cela montre que les assureurs reconnaissent eux-mêmes la valeur préventive de l’exercice physique. Il serait donc pertinent d’examiner comment ces partenaires pourraient être associés à un projet pilote à l’échelle d’un réseau de santé.
En définitive, ce postulat propose d’étudier sérieusement une approche fondée sur la prévention, l’évaluation scientifique, la collaboration entre les acteurs afin que l’activité physique ne soit pas qu’un outil de bien-être, mais aussi un véritable levier de prévention de la santé.
Retour à l'ordre du jourLe postulat, cosigné par au moins 20 membres, est renvoyé à l’examen d’une commission.