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26_POS_25 - Postulat Pierre-André Romanens et consorts au nom au nom du groupe PLR - Destruction des nids de frelons asiatiques: l’État doit-il épauler les propriétaires. (Développement et demande de prise en considération immédiate).

Séance du Grand Conseil du mardi 2 juin 2026, point 10 de l'ordre du jour

Texte déposé

 

La présence croissante sur le territoire vaudois d’espèce exotique envahissante, telles que le frelon asiatique, suscite de vives préoccupations sur les plans environnemental, économique et sanitaire.

Cet insecte représente une menace importante pour la biodiversité, notamment pour les populations d’abeilles, mais également pour l’agriculture, les cultures fruitières et, plus largement, pour la qualité de vie de la population. Sa présence implique des interventions souvent complexes et coûteuses, en particulier pour les propriétaires privés, et les apiculteurs concernés.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire d’évaluer l’adéquation des mesures actuellement mises en œuvre au niveau cantonal.

Le présent postulat demande ainsi au Conseil d’État d’examiner les éléments suivants :

Information et sensibilisation

  • L’information actuellement mise à disposition du public, des propriétaires, et des apiculteurs est-elle suffisante, accessible et adaptée aux enjeux liés à cette espèce invasive ? 
  • Le Conseil d’État envisage-t-il de renforcer les outils d’information et de communication, notamment au moyen de supports pratiques, de formations ou d’outils numériques de signalement ? 

Soutien financier et accompagnement

  • Dans quelle mesure les dispositifs actuels prennent-ils en compte les coûts assumés par les propriétaires et exploitants pour la lutte contre cette espèce, notamment en matière de destruction des nids et de prévention ? 
  • Une participation cantonale aux frais liés aux interventions spécialisées, contre le frelon asiatique, pourrait-elle être étudiée ? 

 

Conclusion

Au vu de ce qui précède, le présent postulat invite le Conseil d’État à présenter un rapport permettant d’évaluer :

  • l’adéquation des mesures d’information actuellement en place ; 
  • les possibilités de renforcement du soutien financier aux personnes concernées ; 
  • l’opportunité de mettre en œuvre des dispositifs cantonaux complémentaires en matière de coordination et de stratégie ; 
  • ainsi que les actions susceptibles de renforcer la prévention et la lutte contre cette espèce invasive. 

Conclusion

Prise en considération immédiate

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Olivier PetermannPLR
Blaise VionnetV'L
Jacques-André HauryV'L
Laurent BalsigerSOC
Yolanda Müller ChablozVER
Nathalie VezVER
Alberto MocchiVER
Carole DuboisPLR
Laurence BassinPLR
Sébastien HumbertV'L
Théophile SchenkerVER
Jean-Rémy ChevalleyPLR
Jean-François ThuillardUDC
Romain BelottiUDC
John DesmeulesPLR
Yannick MauryVER
Jean-François CachinPLR
Gérard MojonPLR
Jean-Marc UdriotPLR
Carole SchelkerPLR
Olivier AgassisUDC
Cédric WeissertUDC
Bernard NicodPLR
Pierre ZwahlenVER
Jean-Franco PaillardPLR
Grégory BovayPLR
Maurice NeyroudPLR
Marion WahlenPLR
Oleg GafnerVER
Jean-Luc BezençonPLR
Jean-Louis RadiceV'L
Nicolas BolayUDC
Florence GrossPLR
Monique HofstetterPLR
Alexandre BerthoudPLR
Fabrice TannerUDC
Michael WyssaPLR
Nathalie JaccardVER
Anne-Lise RimePLR
Yann GlayreUDC
Cédric EchenardSOC
Marc-Olivier BuffatPLR
Circé FuchsV'L
Didier LohriVER
Pierre KaelinPLR
David VogelV'L
Pierre-François MottierPLR
Nicolas SuterPLR
Loïc BardetPLR
Aurélien DemaurexV'L
Jean-Daniel CarrardPLR
Sergei AschwandenPLR
Isabelle FreymondIND
Philippe GermainPLR
Cendrine CachemailleSOC
Maurice GayPLR
Sandra PasquierSOC
Jean-Bernard ChevalleyUDC
Georges ZündPLR

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Pierre-André Romanens (PLR) —

Je tiens d’abord à remercier les 59 députés et députées qui ont signé par deux fois ce postulat. Il est vrai que je l’ai retiré mardi dernier, souhaitant privilégier un renvoi direct au Conseil d’Etat. Cette demande vient – je l’espère – utilement compléter les différents dépôts déjà effectués dans un but assez proche. En effet, nous vivons aujourd’hui une période de profond questionnement face à la prolifération d’espèces invasives qui s’installent progressivement dans notre région. Certaines ne peuvent s’intégrer sans perturber l’équilibre de la faune présente depuis des siècles. D’autres, en revanche, arrivent au gré des mouvements des marchandises et des déplacements des personnes, puis trouvent chez nous un climat propice à leur développement. 

Le cas du frelon asiatique est particulièrement préoccupant. La rapidité de sa prolifération ne laisse pas le temps à notre faune locale de retrouver un équilibre naturel ou de développer des mécanismes de défense face à ce nouveau prédateur. Ainsi, limiter sa progression revient à donner une chance à notre fragile biodiversité. 

Par ce postulat, nous interpellons le Conseil d’Etat afin de savoir s’il estime en faire suffisamment en matière d’information, de prévention et d’accompagnement des propriétaires qui doivent souvent assumer seuls les coûts liés à la destruction des nids. Certes, plusieurs communes consentent déjà des efforts importants, mais qu’en est-il de l’engagement de l’Etat de Vaud ? Les apiculteurs, les arboriculteurs, mais également l’ensemble des acteurs concernés par la préservation de notre environnement attendent des mesures concrètes et un engagement efficace du Conseil d’Etat. Ainsi, au vu de la gravité de la situation et de l’urgence d’agir, je me permets de vous proposer un renvoi direct de ce postulat au Conseil d’Etat. Enfin, je vous donne ma parole de combattre avec vigueur ce félon venant d’Asie afin qu’il ne devienne jamais le roi des frelons ! 

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

Mme Patricia Spack Isenrich (SOC) —

Le frelon asiatique est généralement découvert par des habitants qui s’adressent d’abord à leur commune – j’en profite pour déclarer mes intérêts comme syndique de la commune de Bussigny. Ainsi, même lorsque la compétence appartient à d’autres acteurs, les administrations communales doivent répondre aux demandes, informer la population et orienter les personnes concernées. Le texte demande d’examiner l’information, la sensibilisation et les outils de signalement. Pour les communes, une politique cantonale de prévention efficace peut réduire les interventions futures, les coûts administratifs et les risques pour la population. Une analyse cantonale s’avère ainsi nécessaire pour clarifier les responsabilités, harmoniser les pratiques et éviter que les coûts de cette lutte ne reposent de manière inégale sur les communes et les propriétaires privés. Ainsi, le groupe socialiste soutient sans réserve le renvoi direct de ce postulat au Conseil d’Etat.

M. Vassilis Venizelos (C-DJES) — Conseiller d’Etat

Le Conseil d’Etat comprend les préoccupations exprimées par ce postulat. Il est vrai que la progression du frelon asiatique représente un véritable enjeu, non seulement du point de vue de la biodiversité, du point de vue sécuritaire, mais aussi sanitaire. Il convient de rappeler que le frelon est reconnu dans le droit fédéral comme une espèce exotique envahissante et la Loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPNP), que vous avez votée à l’unanimité en début de législature, rappelle que la responsabilité de destruction des nids revient aux propriétaires et que la coordination de la lutte contre ces nids et leur prolifération est confiée aux communes, bien qu’il existe subsidiairement une responsabilité du canton. 

Néanmoins, la responsabilité de la lutte contre les frelons asiatiques relève de compétences communales. C’est ainsi que cela s’inscrit dans le droit cantonal. Je relève qu’il s’agit d’un postulat : votre volonté ne consiste ainsi pas à modifier ce principe ni la loi. Ce principe s’avère d’ailleurs parfaitement cohérent dans la mesure où, par souci d’efficacité, il faut pouvoir disposer localement d’acteurs prêts à agir rapidement. A cet égard, une centralisation de la lutte au niveau cantonal manquerait cet objectif. C’est notamment pour cette raison que la loi attribue cette responsabilité aux communes.

Toutefois, le Conseil d’Etat reconnaît le caractère exceptionnel de la situation, les risques pour l’apiculture et la biodiversité, ainsi que les enjeux sanitaires et sécuritaires. C’est pourquoi, au printemps 2026, il a adopté un arrêté qui fixe d’une part, une obligation pour toute personne qui observe un nid de le signaler et, d’autre part, une obligation pour les propriétaires de détruire les nids primaires dès leur apparition au printemps. Ces nids se développent en fin d’année et grandissent au printemps : c’est à ce moment qu’il convient d’intervenir prioritairement. Les nids secondaires font quant à eux l’objet d’une action déployée un peu plus tard, en juin et juillet.

Par ailleurs, le canton propose un soutien financier sous la forme d’un forfait de 400 francs pour la destruction de certains nids secondaires présentant un intérêt public important – notamment ceux situés à proximité d’écoles ou de places de jeux. Ce soutien financier accompagne les communes dans leur lutte. Il convient de rappeler que la recherche et la destruction des nids primaires constituent la méthode la plus efficace pour lutter contre la reproduction du frelon. Il faut agir très en amont et très rapidement, ce qui justifie que cette compétence soit confiée aux communes.

Sur le terrain, la population s’avère réceptive : ce dispositif fonctionne. Les coûts d’intervention, à la charge des propriétaires des parcelles concernées, demeurent relativement faibles. Le canton délivre également des formations aux communes et à leurs services pour les accompagner dans cette lutte. Il soutient financièrement en outre la Fédération vaudoise d’apiculture dans les achats de matériel de détection et de destruction. A cet égard, cette année, une campagne de piégeage a été autorisée et soutenue. Parallèlement, le Conseil d’Etat travaille sur un crédit d’investissement destiné à financer la lutte contre les organismes exotiques envahissants, et notamment contre le frelon asiatique. Ainsi, vous constaterez que le canton ne reste pas inactif, même si la compétence première revient aux communes.

Enfin, en guise de conclusion, je tiens à préciser les limites de cette action. Il faut le reconnaître : le frelon asiatique est aujourd’hui établi et ne s’arrête pas aux frontières – le dispositif du G7 de renforcement des contrôles aux frontières n’aura aucun impact sur sa diffusion. A ce titre, certains Etats, comme la France, et certains cantons suisses ont renoncé à prévoir des mesures de lutte contre le frelon asiatique. La densité cantonale est aujourd’hui de l’ordre de 0,4 nid par km2, mais dans l’agglomération lausannoise, on observe des densités de l’ordre de 5 à 10 nids par km². Or, tous les spécialistes reconnaissent qu’au-delà de 1 nid par km², toute action devient vaine. Une action massive, visant à détruire 80 à 90 % des nids, non seulement sur le territoire cantonal mais à l’échelle du continent européen, serait nécessaire pour enrayer la propagation du frelon asiatique.

A l’évidence, nous ne devons pas renoncer à agir, même si ces chiffres peuvent paraître décourageants. Il convient en revanche de concentrer les moyens où ils sont pertinents : c’est tout l’enjeu de la stratégie déployée par le canton et le Conseil d’Etat. Nous répondrons volontiers à ce postulat par le biais d’un rapport rappelant les différentes mesures mises en œuvre pour lutter contre le frelon asiatique.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

Dans son développement écrit, l’auteur demande le renvoi direct au Conseil d’Etat.

Le postulat, pris en considération, est renvoyé au Conseil d’Etat à l’unanimité.

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