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Section de recherche

22_POS_70 - Postulat Thanh-My Tran-Nhu et consorts au nom Groupe socialiste - Encourager les modes de distributions d'aliments riches en protéines végétales de production vaudoise.

Séance du Grand Conseil du mardi 2 juin 2026, point 14 de l'ordre du jour

Texte déposé

A teneur de l'art. 54 al. 1 de la Loi sur l'agriculture (LAgr), la Confédération peut allouer des contributions à des cultures particulières afin d'assurer la capacité de production et le fonctionnement de certaines chaînes de transformation en vue d'un approvisionnement approprié à la population et d'assurer un approvisionnement approprié en fourrages pour animaux de rente. A cet effet, elle en fixe les conditions dans le cadre de l'Ordonnance sur les contributions à des cultures particulières (OCCP).

 

En date du 2 novembre 2022, le Conseil fédéral a ajouté à la liste des cultures bénéficiaires celles des pois chiches et des lentilles destinées à l'alimentation humaine.

 

Sur le plan cantonal, des aides financières sont prévues pour encourager une agriculture respectueuse de l'environnement (art. 56 et ss LVLAgr).

 

Si l'on peut saluer les diverses subventions prévues pour le développement de l'offre d'aliments riches en protéines végétales de production suisse, l'on peut se questionner sur ses modes de distribution.

 

En effet, aujourd'hui, les agriculteurs-trices favorisant la production d'aliments riches en protéines végétales peinent à écouler leur marchandise. Cette difficulté s'explique notamment par la libre concurrence des marchés. Tant auprès des grandes enseignes privées qu'auprès des institutions étatiques, les agriculteurs‑trices doivent durement négocier les contrats d'approvisionnement, lorsqu''ils arrivent à en conclure.

 

L’on ignore par ailleurs si des soutiens, se traduisant par l'élaboration de budgets dédiés à l'achat de ces cultures et par la promotion d'une communication accrue auprès de la population, existent.

 

Par ce postulat, nous souhaitons que le Conseil d'Etat étudie l’opportunité d’établir un état des lieux des mesures de soutien visant à promouvoir les produits provenant du sol vaudois, en particulier celles qui favorisent les modes de distributions des aliments riches en protéines végétales.

 

Conclusion

Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Sébastien CalaSOC
Jean TschoppSOC
Alexandre DémétriadèsSOC
Céline MisiegoEP
Muriel ThalmannSOC
Yannick MauryVER
Claire Attinger DoepperSOC
Valérie ZoncaVER
Blaise VionnetV'L
Felix StürnerVER
Valérie InduniSOC
Monique RyfSOC
Romain PilloudSOC
Hadrien BuclinEP
Sébastien PedroliSOC
Sylvain FreymondUDC
Elodie LopezEP
Sylvie PodioVER
Carine CarvalhoSOC
Cédric RotenSOC
David VogelV'L
Isabelle FreymondIND
Kilian DugganVER
Pierre-André RomanensPLR
David RaedlerVER
Oriane SarrasinSOC
Yolanda Müller ChablozVER
Claude Nicole GrinVER
Géraldine DubuisVER
Cendrine CachemailleSOC
Laurence CretegnyPLR
Sandra PasquierSOC
Julien EggenbergerSOC
Théophile SchenkerVER
Alberto MocchiVER

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Olivier Petermann (PLR) — Rapporteur de majorité

La commission s’est réunie le 16 mars 2023. La postulante témoigne de la difficulté des producteurs de protéines végétales destinées à l’alimentation humaine à écouler leur production en raison notamment du presque libre marché instaurant une rude concurrence entre production locale et étrangère. Ces difficultés se constatent au moment de la négociation avec les grandes enseignes commerciales, ainsi qu’avec les acteurs de l’État pour l’approvisionnement de cantines tenues par l’État, par exemple. Ainsi, si le soutien au développement de la culture de ce type de produits semble fonctionner, il n’en va pas de même pour l’écoulement de ceux-ci. La postulante demande donc un état des lieux sur les soutiens existants, soit pour l’achat par l’État de ses productions, soit par un soutien à la promotion des produits.

En préambule, Mme la conseillère d’État rappelle que le Canton n’a aucune prise sur la base légale fédérale permettant de soutenir, avec des contributions, la culture de lentilles et de pois chiches. Elle évoque ensuite la deuxième phase du volet agricole du Plan climat vaudois (PCV), en cours de définition. La première étape de cet important projet inclut des soutiens particuliers pour la production de soja et de luzerne, surtout dédiés à l’alimentation animale. Le responsable du domaine de l’économie rurale ajoute que, dans le canton, des soutiens relativement importants pour l’accès au marché des produits agricoles vaudois existent déjà. Le Règlement sur la promotion de l’économie agricole permet, sous certaines conditions, de soutenir les promotions des ventes pour des projets collectifs uniquement. Il peut s’agir de groupements de producteurs, d’organisations agricoles ou d’interprofessions, mais non d’un seul producteur qui solliciterait un soutien. 

Lors de la discussion générale, la postulante prend note de l’existence des mesures de coaching et de soutien à la promotion. Elle souhaiterait entendre le département sur la question des cantines gérées par l’État. Le Canton ne pourrait-il pas envisager des soutiens spécifiques pour l’achat en priorité des produits dont il est question dans le postulat ? Mme la conseillère d’État indique qu’il s’agit d’un sujet important auquel son département va s’atteler avec le Bureau de la durabilité, en charge de coordonner la stratégie de la restauration collective. À un niveau plus général, le devoir d’exemplarité de l’État exige que celui-ci s’approvisionne autant que possible de produits locaux. Or, le prix est déterminant, étant donné le prix maximal fixé à 8,50 francs par repas dans les cantines du post-obligatoire, par exemple.

Il est remarqué que le système des prestations écologiques requises – sur lequel le canton n’a aucune prise – a été instauré dans le but de pallier la quasi-absence de taxes d’importation. Le problème réside non dans le soutien à la promotion de ces produits, mais du côté des consommateurs. Tant qu’ils n’auront pas changé leurs habitudes alimentaires, il sera difficile d’écouler la marchandise.

Au sujet des actions visant à soutenir la culture et l’écoulement des produits, il est précisé que, si des soutiens supplémentaires à la production sont envisageables dans le PCV et que la promotion pourrait être renforcée afin d’aller davantage vers les consommateurs, en l’absence de bases légales, l’État ne pourra pas se substituer aux producteurs pour la négociation avec la grande distribution. 

Concernant une éventuelle subvention de la commercialisation des protéines végétales produites localement, un commissaire rappelle que le subventionnement de la vente d’un seul produit va à l’encontre des bases légales en vigueur.

La commission adresse tout de même un vœu au Conseil d’État : qu’un accent soit mis sur la promotion des protéines végétales issues de la production vaudoise. Par conséquent, par 4 voix contre 3, la commission recommande au Grand Conseil de ne pas prendre en considération ce postulat.

Mme Céline Misiego (EP) — Rapporteuse de minorité

Le postulat souligne les difficultés des productrices et producteurs de protéines végétales destinées à l’alimentation humaine à écouler leur production. Ces problèmes découlent notamment d’une rude concurrence entre la production locale et étrangère dans un marché presque libre, ainsi que de défis lors des négociations avec les grandes enseignes commerciales et les services de l’État, notamment pour l’approvisionnement des cantines publiques.

Bien que le Conseil fédéral ait élargi la liste des cultures bénéficiant de contributions en y ajoutant les pois chiches et les lentilles et que des mesures de coaching aient été mises en place, ces efforts ne suffisent pas à résoudre les problèmes de commercialisation.

Une piste importante consiste à prioriser l’achat de protéines végétales locales pour les cantines publiques gérées par l’État. Cette mesure permettrait au Canton de Vaud de combler son retard par rapport à d’autres cantons ayant déjà développé leur programme en matière d’approvisionnement public durable, comme l’a reconnu Mme la conseillère d’État.

Par ailleurs, le PCV, dans sa deuxième phase axée sur l’agriculture, pourrait inclure des soutiens supplémentaires pour stimuler la production. La promotion des produits locaux auprès des consommatrices et consommateurs doit également être renforcée. À cet égard, Vaud Promotion, qui élabore un nouveau programme pour promouvoir les produits agricoles et viticoles du canton, constitue un levier stratégique. Le Conseil d’État est encouragé à relayer l’importance d’une meilleure valorisation de ces produits locaux auprès du grand public, en combinant les efforts de soutien à la production et à la consommation locale. La minorité de la commission vous recommande de prendre en considération ce postulat.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

Mme Thanh-My Tran-Nhu (SOC) —

Je remercie le rapporteur et la rapporteuse pour leur texte respectif. Je me permets de rappeler les contours de mon postulat : il vise uniquement à établir un état des lieux des mesures qui favorisent les modes de distribution des aliments riches en protéines végétales – et non leur promotion. L’offre est déjà existante et riche ; c’est l’écoulement qui pose des problèmes.

En commission, Mme la conseillère d’État n’a fait état que de deux formes de soutien. La première ne concerne que des soutiens à des projets collectifs : les agricultrices et agriculteurs doivent se réunir sous forme de groupements ou d’organisations. La seconde est un projet intercantonal qui se traduit par du coaching. Cela me paraît bien maigre pour affirmer que l’on entend favoriser la distribution de ces aliments.

Ne pas renvoyer le postulat au Conseil d’État revient non seulement à envoyer un très mauvais signal en faveur d’une agriculture diversifiée, mais également à renoncer à apporter un soutien aux agricultrices et agriculteurs auxquelles et auxquels on ne peut décemment pas demander de casser les prix de vente de leurs produits. Il ne sert à rien de prévoir des aides financières pour l’offre quand on peine à écouler la marchandise. Or, le Canton joue un rôle primordial en tant qu’acheteur de denrées alimentaires.

Un état des lieux permettra de faire le point sur la situation de manière sérieuse et concrète et, le cas échéant, de mettre en œuvre des mesures de soutien adéquates. Cette demande ne me paraît pas contraignante : je ne sollicite pas la mise en place de mesures concrètes, mais une analyse fine afin de savoir dans quelle direction il convient d’aller.

Tout le monde s’accorde sur la nécessité d’encourager la consommation locale et durable. Il est donc absurde d’importer des conteneurs de légumineuses de l’autre bout du monde, alors que nos agricultrices et agriculteurs sont en mesure de nous fournir en produits de qualité. Je vous invite à soutenir mon postulat.

M. Mathieu Balsiger (PLR) —

Le groupe PLR à l’unanimité soutiendra le rapport de majorité et refusera ce postulat. Nous partageons largement le constat posé par la postulante. Certes, la culture vaudoise de protéines végétales rencontre des difficultés pour écouler sa production, et il est souhaitable de mieux valoriser les produits agricoles locaux. Toutefois, la question posée n’est pas de savoir si les lentilles, les pois chiches ou d’autres protéines végétales méritent d’être soutenus. La question est de savoir si ce postulat apporte une solution supplémentaire. La réponse est négative. Les travaux de commission ont montré que de nombreux instruments existent déjà. Le Canton soutient la promotion des ventes par le Règlement sur la promotion de l’économie agricole. Des dispositifs de coaching et d’accompagnement existent, notamment par des Star’Terre. Des réflexions sont également menées dans le cadre du Plan climat vaudois pour renforcer certaines productions.

Par ailleurs, le département a confirmé qu’un nouveau programme de promotion des produits agricoles et viticoles était en cours d’élaboration et qu’une attention particulière pourrait être portée aux protéines végétales locales.

Le véritable problème identifié durant les débats ne porte pas sur les aides publiques, mais sur le marché et la demande. Tant que les habitudes n’évoluent pas, il sera difficile d’écouler ces produits. L’État ne peut pas se substituer aux consommateurs ni négocier à la place des producteurs avec la grande distribution. Les bases légales ne le permettent pas. Pour toutes ces raisons, le groupe PLR vous invite à suivre la majorité de la commission et à ne pas prendre en considération ce postulat.

Mme Valérie Zonca (VER) —

Pour les producteurs de protéines végétales, la concurrence avec les produits étrangers est forte. Si ces protéines végétales ou protéagineux sont encore une production de niche en comparaison avec d’autres types de productions, elles connaissent un essor important partout en Suisse et dans le canton de Vaud. De quelques initiatives, nous sommes passés en seulement quelques années à plusieurs dizaines d’exploitations agricoles de ces produits. Les initiatives locales se sont développées en terre vaudoise et constituent des exemples de la transformation innovante de l’agriculture, ces dix dernières années. Nous avons ainsi la chance d’avoir des lentilles, des pois chiches et du quinoa sur sol vaudois. Nous avons beaucoup parlé de souveraineté alimentaire et d’alimentation durable et, encore une fois, ce postulat concerne ces thématiques.

J’aimerais souligner, comme je l’avais d’ailleurs fait en commission, le rôle important que peut jouer Vaud Promotion pour faire connaître et valoriser ces produits, et contribuer à trouver des solutions pour leur distribution, notamment auprès des hôtels et des restaurants locaux. Ces produits locaux sont excellents pour la santé et durables. En effet, ils nécessitent moins d’eau, de fourrage et se situent également tout à fait dans la ligne du PCV. À ce titre, je serais curieuse de connaître l’évolution depuis 2023 et les discussions autour de ce postulat, au sein de Vaud Promotion, au regard de la promotion de ces produits, notamment via le programme de promotion des produits agricoles, mentionné dans le rapport. En ce sens, je vous encourage donc vivement à soutenir ce postulat.

M. Stéphane Jordan (UDC) —

Si l’intitulé du postulat évoque le soutien à la distribution de produits à base de protéines végétales pour l’alimentation humaine, la discussion lors de la séance de commission s’est rapidement élargie à l’ensemble des maillons de la chaîne – de la production à la consommation – en énumérant les encouragements déjà mis en place à ces différents niveaux et en effleurant également l’alimentation du bétail. Des soutiens importants existent déjà ; il n’est toutefois pas possible d’influencer et de diriger un marché – et, avec lui, les consommatrices et consommateurs – uniquement par le biais d’idéaux et de moyens financiers.

Les débats ont également laissé percevoir une volonté de s’inviter dans nos assiettes, voire d’en influencer le contenu. Cela ne correspond bien entendu ni à notre manière d’appréhender le marché ni à nos valeurs. Au vu de ces éléments, le groupe UDC propose, si ce n’est à l’unanimité, du moins à une large majorité, de classer ce postulat.

Mme Elodie Lopez (EP) —

Le groupe Ensemble à Gauche et POP soutiendra la prise en considération de ce postulat. 

Ce postulat porte sur les protéines végétales produites dans notre canton. De la même manière que nous avons soutenu le vin vaudois, qui doit parfois l’être pour affronter la concurrence des marchés étrangers, nous pourrions prendre en exemple la production de noisettes. Des productrices et producteurs de noisettes de notre canton n’arrivent pas à écouler leur production – non pas en raison de l’absence de demande, mais parce qu’ils ne disposent pas des voies d’accès au marché et aux consommatrices et consommateurs.

J’ai entendu M. Balsiger affirmer que cela retourne de la responsabilité des consommatrices et des consommateurs et que l’État n’a pas à intervenir dans ce domaine. C’est inexact, et vous le savez très bien, chères et chers collègues investis dans l’entrepreneuriat : la demande se crée. Sans quoi, il n’existerait ni départements de marketing dans les universités ou les entreprises cherchant à écouler leurs produits ni campagnes publicitaires.

Quand j’entends que ce postulat vise à s’inviter dans nos assiettes, je réponds que telle n’est pas la logique du texte. Je crois fermement que nous disposons, en tant qu’État, de leviers pour faciliter l’accès aux produits de notre canton par de multiples moyens. Notre collègue Zonca a évoqué Vaud Promotion. Durant la pandémie de Covid-19, des actions ont été menées pour encourager, au moyen de bons, la consommation de produits vaudois. Il ne s’agit pas de dicter aux gens ce qu’ils doivent ou ne doivent pas manger, mais simplement de créer des ponts entre consommatrices et consommateurs d’un côté, et productrices et producteurs, de l’autre.

Pour toutes ces raisons, le groupe Ensemble à Gauche et POP vous invite vivement à renvoyer ce postulat au Conseil d’État, afin de dégager une voie permettant de soutenir nos productrices et producteurs, nos agricultrices et agriculteurs, ainsi que les produits de notre terroir.

M. Loïc Bardet (PLR) —

Comme ce matin, je déclare mes intérêts : je travaille pour la défense professionnelle agricole.

Sur le fond, je peux comprendre les vœux de la postulante. Toutefois, comme l’a relevé notamment mon collègue Balsiger, se pose la problématique du marché. Encourager un mode de production sans marché suffisant peut engendrer d’importants problèmes. De surcroît, il n’incombe pas à l’État de se substituer aux acteurs du marché.

Par ailleurs, comme certains de mes préopinants l’ont relevé, le problème lié à la production de protéines végétales vaudoises ne tient pas seulement, à la concurrence internationale, mais aussi à la concurrence avec les protéines animales. Il ne nous sera pas possible de modifier rapidement les règles en matière de protection aux frontières, et il ne faudrait pas encourager la production et la distribution de protéines végétales au détriment de la production animale vaudoise.

Comme relevé lors de débats sur plusieurs objets dans ce Parlement, au début de cette législature, nous avons examiné le PCV. Concernant l’agriculture, le projet de décret relevait un manque de bovins dans le canton par rapport à la matière organique dans les sols. Si le développement d’une filière de protéines végétales porté par l’État devait concurrencer, voire faire disparaître certains marchés de protéines animales, cela porterait préjudice à notre agriculture.

Je me méfie donc des résultats que pourrait produire ce postulat. Pour cette raison, comme l’ensemble de mon groupe, je vous appelle à soutenir le rapport de majorité.

Mme Oriane Sarrasin (SOC) —

Le groupe socialiste vous recommande de renvoyer ce postulat au Conseil d’État. De nombreux éléments ont été relevés, que je ne vais pas répéter, mais je vais apporter quelques éléments de réponse à des interventions précédentes. Tout d’abord, notre collègue Balsiger a évoqué les habitudes des consommateurs et consommatrices : elles ne sont pas immuables et ont énormément évolué en matière d’alimentation. On ne peut pas simplement dire qu’actuellement, il faudrait un petit coup de pouce et qu’on ne va pas le faire. La promotion ? C’est faire découvrir. A ce titre, je vais partager l’une de mes expériences : depuis 20 ans, je suis cuisinière bénévole dans des camps de vacances. Des enfants qui n’ont jamais vu une lentille demandent un deuxième service selon la manière dont elles sont cuisinées. 

Il a été évoqué que ce n’est pas le rôle de l’État de s’inviter dans nos assiettes. Toutefois, que l’État s’invite dans nos verres semble acceptable. J’ai voté en faveur de cela, la semaine dernière. Je ne vois pas pourquoi les lentilles ou autres ne seraient pas traitées comme le vin.

Finalement, en réponse à notre collègue Bardet. Il s’agit d’un postulat. Je n’imagine pas une déferlante de pois chiches telle que plus personne ne mangera de steak de bœuf. Nous ne nous situons pas sur les mêmes plans. Nous parlons de promouvoir des aliments non pas de supprimer les vaches du canton ; même par motion, ce serait impossible ! Renvoyer un postulat pour comprendre comment mieux promouvoir ces produits locaux relève de la même réflexion que concernant le vin, la semaine dernière.

M. Hadrien Buclin (EP) —

Il est soutenu qu’influencer le contenu de l’assiette ne serait pas conforme à nos pratiques, à nos habitudes, à nos valeurs. Ma collègue Elodie Lopez l’a déjà très bien relevé, mais il existe depuis des décennies en Suisse des incursions contraires, déjà très fortes, dans l’assiette des consommatrices et consommateurs. Ces incursions émanent de grands intérêts économiques par des investissements massifs dans la publicité. Si ces investissements sont aussi considérables, c’est bien parce qu’ils exercent une influence et qu’ils sont rentables. On peut penser à quelques grands acteurs de la restauration rapide en provenance des États-Unis, qui cherchent à influencer les habitudes de consommation.

Il y a également des choix politiques visant à influencer nos assiettes. Ainsi, au niveau fédéral, une subvention est accordée à l’association Proviande par la Confédération. Il s’agit donc d’une aide publique, financée par nos impôts, consacrée à la promotion de la viande. Nous ne sommes pas, en réalité, dans un marché où les consommatrices et consommateurs choisiraient sans aucune influence extérieure. Ainsi, cet argument ne saurait être mobilisé uniquement lorsqu’il est question de protéines végétales. Dès lors que l’on subventionne l’association Proviande, il est tout aussi légitime de favoriser la production de protéines végétales.

Quant à l’inquiétude de M. Bardet, la priorité est bien de réduire l’importation de viande de faible qualité, chargée d’antibiotiques et d’autres substances. C’est sur ce terrain que se joue également la bataille, en favorisant la production de protéines végétales en Suisse, qui participerait d’une autonomie alimentaire.

Sur le fond, même si ce n’est pas l’intention directe du postulat, je n’hésite pas à le dire : il faut aller vers une réduction de la consommation de viande en Suisse. Nous dépassons les 40 kilos par personne et par année – c’est trop. Il faut produire moins, mais mieux. De ce point de vue, favoriser une production indigène de qualité est cohérent. Un double intérêt plaide pour produire moins, mais mieux. D’abord, un intérêt pour la santé : les recommandations de l’OMS se situent autour de 20 à 25 kilos par personne et par année, faute de quoi les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires augmentent. Ensuite, un intérêt pour l’environnement : une production excessive de viande n’est pas soutenable du point de vue des émissions de méthane.

A titre personnel, je ne dissimule pas ma faveur pour la promotion d’alternatives et de protéines végétales, même si je reconnais que telle n’est pas l’intention directe de ce postulat, qui vise bien à soutenir une production indigène face à la concurrence étrangère. Voilà pour quelques éléments de réponse, mais aussi pour rappeler certains aspects de fond qui me semblent parfois trop occultés.

M. Denis Corboz (SOC) —

Je suis d’accord sur un point : ce postulat souffre d’un vrai défaut, car il vient de la gauche. Cela bloque immédiatement le débat. On trouve aussitôt une multitude d’arguments pour nous expliquer que ce n’est pas ainsi qu’il faudrait procéder, mais autrement. Je l’ai moi-même éprouvé avec des postulats que j’ai déposés et qui auraient pu l’être par la droite : ce sont à peu près les mêmes arguments que l’on me renvoyait.

Si les agricultrices et agriculteurs nous regardent aujourd’hui – le temps n’étant pas extraordinaire, il se peut qu’ils suivent en ligne les débats de ce plénum – ils seront peut-être surpris de constater que les députées et députés issus du monde agricole ne soutiennent pas quelque chose qui irait dans leur sens. Vous les côtoyez plus que moi ; je me réjouis qu’ils vous interpellent lors de vos prochaines rencontres et vous posent la question : ce postulat ne va-t-il pas quand même dans la bonne direction ?

Je relève par ailleurs une incohérence – je m’en tiens ici à l’UDC. Aujourd’hui, une lettre ouverte signée par plus de 20’000 personnes réclame notamment à la Migros qu’elle vende du lait équitable. Il s’agit bien là d’un forçage de l’offre : on veut contraindre les grands distributeurs à proposer du lait équitable et, par conséquent, orienter la consommation. Telle est la logique de base. On ne laisse pas le marché décider librement – « les gens veulent du lait qui ne soit pas équitable, les gens veulent des fraises en février, il faut respecter le marché » – on formule une exigence. Or, sur la photo accompagnant cette lettre ouverte pour le lait équitable, on aperçoit M. Gaillard, conseiller national socialiste, ainsi que M. Nicolet, conseiller national UDC. Un UDC et un socialiste proposent ensemble un forçage du marché à l’égard des grands distributeurs. Je ne trouve pas cela tout à fait cohérent avec ce que nous visons aujourd’hui dans ce plénum.

Par souci de cohérence et en rappelant – comme déjà dit – qu’il s’agit d’un simple postulat qui ne casse pas trois pattes à un canard, j’invite le plénum à le renvoyer au Conseil d’État. Étudier l’opportunité d’établir un état des lieux et des mesures de soutien est une démarche raisonnable. Je me réjouis d’avance, d’ailleurs, que des agricultrices et agriculteurs me demandent pourquoi certaines parties de ce plénum n’ont pas soutenu ce simple postulat.

M. Philippe Jobin (UDC) —

Ce postulat n’est pas simple, monsieur Corboz ; il est bien. Depuis deux heures et demie ou trois heures, nous discutons d’agriculture. Je suis content que l’on mette mon métier en avant avec toutes ses difficultés. Cela fait 15 ans que nous le disons. Je vais partager avec vous une expérience. J’ai proposé un produit – devinez lequel ! – à une importante entité de l’État, en étant assez compétitif quant aux prix. Finalement, c’est une maison allemande qui a emporté le marché face à nous, malheureusement. C’est quand même fantastique… on éprouve alors beaucoup de choses…

Je ressens beaucoup de sympathie pour ce postulat. Toutefois, un aspect me dérange, je ne vous le cache pas. Je m’exprime en tant que syndic. Nous servons des repas dans les cantines du post-obligatoire en particulier, où nous sommes fortement contraints par les prix. Pour produire de la qualité, il faut payer les prestations, notamment écologiques, les salaires, les transformateurs et la mise sur le marché. Tout cela coûte beaucoup plus cher sur sol helvétique. Le repas d’un enfant à 8,50 francs – que la gauche a demandé – n’est pas envisageable pour certaines familles, qui ne peuvent pas aller au-delà, ce que je comprends fort bien. Il faudrait demander à l’État un sérieux coup de main pour promouvoir ces produits et accéder à des marchés. Nous ne sommes pas concurrentiels face aux marchés en France, en Italie – encore moins – ni en Pologne – je n’en discute même pas. Seuls des produits de ce type arrivent sur nos marchés. Finalement, nous nourrissons nos bambins le mieux possible, mais nous mettons simultanément des cautèles pour avoir des tarifs praticables. Je serais le premier à signer une motion pour modifier la Loi sur l’agriculture vaudoise en vue d’un soutien direct aux produits qui arrivent sur les étals et d’une obligation, pour les grandes surfaces, de consacrer un minimum d’étals aux produits du terroir. Avec Vaud+, il y a beaucoup de difficultés à percer des marchés de ce type, mais je suis volontiers votre homme. Ce postulat n’est pas petit, monsieur Corboz ; il est bien. Je ne sais pas ce que je voterai ; vous verrez.

M. Maurice Gay (PLR) —

J’ai une remarque à l’adresse de mon collègue, M. Corboz. Je ne peux que l’encourager à rencontrer des agricultrices et agriculteurs ainsi que des viticulteurs et viticulteurs de la région, car aujourd’hui, ils sont en plein pic de travail. C’est précisément dans des conditions météorologiques comme celles d’aujourd’hui qu’ils ont le plus à faire. Ce n’est pas parce qu’il pleut qu’ils chôment. C’est un jour difficile pour eux, et ils seront peut-être déçus d’entendre qu’on leur prête le loisir d’écouter nos débats.

J’aimerais également rappeler, en lien avec ce postulat, l’épisode du Covid-19 en 2020, lorsque nous siégions à l’EPFL. Dans nombre de restaurants, la question n’était pas de choisir entre des produits végétaux et de la viande : les produits à base de viande étaient purement et simplement interdits. C’est pourquoi je vous encourage à refuser ce postulat.

M. Andreas Wüthrich (V'L) —

J’ai quelque peine à saisir le sens de ce postulat, mais je découvre que ce plénum compte de nombreux agronomes. J’aimerais alors leur poser une question : connaissez-vous les difficultés que pose la culture de protéagineux en Suisse, notamment dans les régions de collines ou de montagne ? Pour ma part, je me suis essayé à la production de cultures protéiques destinées à l’affouragement animal – ce n’est pas chose aisée.

Il faut également considérer que la production de volailles et d’œufs, ainsi que la production porcine ne permettent pas de couvrir, en Suisse, les besoins en protéines que nous consommons : nous devons les importer. Si l’on favorisait déjà la production indigène de ces protéines pour l’alimentation animale – même avec une diminution de la consommation de viande – il y aurait amplement matière à progresser. Je ne comprends pas pourquoi l’État devrait promouvoir la vente directe de produits alimentaires protéagineux que nous parvenons à peine à produire. C’est pourquoi je ne vois pas l’utilité de soutenir ce postulat.

Mme Elodie Lopez (EP) —

Je remercie M. Bardet d’avoir fait preuve d’une telle transparence quant aux motivations qui le conduisent à ne pas soutenir ce postulat. La première – la crainte de s’immiscer dans les filières et dans le marché – est, comme il a été dit et, comme il convient de le répéter, infondée. Il ne s’agit pas d’ouvrir de nouveaux marchés. Je rappelle – et je remercie Mme Sarrasin pour cette précision – que ce postulat vise uniquement à comprendre comment favoriser la rencontre entre des produits locaux et leurs consommateurs. Il ne s’agit pas d’une question de demande. 

Il suffit de consulter les données de la Confédération ou d’observer les tendances actuelles en matière de consommation alimentaire : des statistiques et des études attestent d’une demande pour les protéines végétales. Dans les rayons de la grande distribution, les produits ultra-transformés – d’origine étrangère pour la plupart – occupent des espaces considérables pour répondre à cette demande. La demande existe. Il s’agit simplement de trouver le chemin permettant aux producteurs et aux consommateurs de se rencontrer. Rien d’autre.

Ce qui me paraît particulièrement intéressant dans ce postulat, c’est que, ne prescrivant aucune mesure, mais proposant uniquement d’étudier des pistes de promotion, il ouvre la voie à une démarche applicable à d’autres produits. On évoquait tout à l’heure les noisettes, produites dans le canton de Vaud, mais qui peinent à trouver des débouchés. Je pense également à vous, monsieur Jobin, et aux variétés de pommes. Une étude de ce type permettrait d’appliquer ces mêmes logiques à la promotion d’autres produits du canton pour lesquels la demande existe, mais où le chemin entre producteurs et consommateurs reste à tracer.

La principale objection soulevée par notre collègue Bardet tient à la crainte que cette démarche fasse concurrence aux produits carnés. Mais, monsieur Bardet, en suivant votre raisonnement, il faudrait également cesser de promouvoir la fondue, la raclette, le papet vaudois et les œufs vaudois – voire le lait, qui est végétarien et protéiné – car ils entrent aussi en concurrence avec les produits carnés. Cet argument ne tient pas manifestement.

J’ajouterai encore le lien avec la promotion des brasseries et de la bière artisanale, qui ferait concurrence au vin : ce Grand Conseil a déjà voté des objets visant à mettre en place des outils de promotion de ces produits. Par souci de cohérence – et dans la perspective d’une souveraineté alimentaire et d’une promotion des produits du canton – il convient de tenir la ligne. C’est pourquoi je vous invite vivement à renvoyer ce postulat au Conseil d’État.

Mme Thanh-My Tran-Nhu (SOC) —

Je souhaite rassurer M. Jordan : je ne cherche nullement à influencer les habitudes alimentaires de qui que ce soit. Je suis moi-même grande consommatrice de viande et je n’affectionne pas les lentilles. Il m’arrive néanmoins de voir au-delà de ma propre assiette et d’écouter les préoccupations des agricultrices et agriculteurs qui peinent à écouler leur marchandise. À l’attention de M. Bardet : si vous prenez connaissance des conclusions de mon postulat, vous constaterez que je n’exclus pas les aliments d’origine animale.

Monsieur Wüthrich, je ne suis pas agronome, mais il me semble que les lentilles présentent des avantages économiques – bien que je réitère ne pas les apprécier. Leur rendement est relativement stable, car elles s’adaptent bien à nos conditions climatiques et les risques de mauvaise récolte sont moindres. Elles ne nécessitent en outre pas d’engrais et restituent même des nutriments, tel l’azote au bénéfice des cultures suivantes, ce qui représente une économie non négligeable pour un agriculteur.

Je comprends l’argument selon lequel plusieurs politiques publiques existent déjà, notamment en matière de promotion des produits locaux. Toutefois, mon postulat ne porte pas sur les objectifs généraux de ces politiques ni sur les achats publics. Il vise un point plus précis : les débouchés réels et les circuits de distribution des protéines végétales produites dans notre canton. Aujourd’hui, malgré les soutiens à la production, de nombreux agriculteurs et agricultrices peinent encore à écouler leurs marchandises dans des conditions stables et prévisibles. C’est précisément cette articulation entre soutien à la production et réalité du marché que je souhaite documenter. L’enjeu est de disposer d’un état des lieux factuel. Il n’y a pas de redondance avec les mesures existantes.

M. Loïc Bardet (PLR) —

Je tiens à rassurer notre collègue Buclin : Proviande n’est pas la seule organisation à bénéficier d’aides de la Confédération pour la promotion des ventes. Le rapport agricole indique que, sur les 66 millions destinés à la promotion des produits de l’agriculture suisse, les 5 millions sont prévus pour la promotion de la viande suisse. La majorité des montants restants est donc allouée à d’autres productions, notamment les légumes, les céréales et les oléagineux. Je vous invite donc à ne pas affirmer que seule la viande bénéficie de soutiens de la Confédération.

Pour le reste, je vous prie de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Les mécanismes du marché sont tels que l’introduction d’une nouvelle production peut créer des déséquilibres. Et c’est un fait : toujours plus de manifestations renoncent à proposer de la viande, ce qui soulève d’autres problématiques. C’est là une question plus large qui n’a pas vocation à être débattue dans ce plénum. Je vous demande simplement de ne pas m’attribuer des propos que je n’ai pas tenus.

Mme Ariane Morin (VER) —

Permettez-moi de résumer brièvement les positions exprimées de ce côté de l’hémicycle et, si vous me passez l’expression, de dissiper la « peur du pois chiche » qui s’est manifestée cet après-midi au Grand Conseil. Il vaut la peine de relire le postulat qui, selon une nouvelle métaphore, est aussi anodin qu’une tisane. Je cite : « Par ce postulat, nous souhaitons que le Conseil d'Etat étudie l’opportunité d’établir un état des lieux des mesures de soutien visant à promouvoir les produits provenant du sol vaudois, en particulier celles qui favorisent les modes de distributions des aliments riches en protéines végétales. »

Je m’étonne de la virulence de certains propos opposés à ce texte pourtant totalement inoffensif – moins offensif qu’un plat de lentilles trop cuites ! Il s’agit simplement de demander au Conseil d’État d’étudier l’opportunité d’établir un état des lieux – purement descriptif – des mesures de soutien visant à promouvoir ces produits. Nous mettons, pour ainsi dire, la ceinture, les bretelles et le parachute. Les dangers évoqués par certains n’ont aucune chance de se matérialiser. C’est pourquoi je vous invite à briser les tabous, à vaincre votre peur du pois chiche et à soutenir le renvoi de ce postulat au Conseil d’État.

Mme Valérie Dittli (C-DADN) — Conseillère d’Etat

Le postulat demande simplement un état des lieux, et il est parfois utile de demander cela. Il ne demande pas la promotion des produits concernés, si j’ai bien lu.

Je vous ai entendue, madame la députée Tran-Nhu, et j’admets volontiers que la réponse fournie à l’époque était un peu faible – vous avez d’ailleurs utilisé ce terme. 

Cela dit, depuis lors – car cela date – nous avons déposé le projet sur la restauration collective que vous avez accepté. Ce projet était assorti d’une charte dans laquelle nous avons ancré le principe selon lequel nous souhaitons éviter les clivages dans les lieux sensibles entre assiette végétarienne et contenant de la viande. Nous n’avons donc pas interdit la viande. En revanche, nous avons inscrit le principe suivant : dans un délai de trois ans après l’adoption de cette charte par les établissements de restauration collective, nous visons 50 % de menus végétariens.

Par ailleurs, l’objectif de la restauration collective est précisément de créer de la demande. Si tous nos établissements d’État génèrent une demande un peu au-delà de la situation actuelle, nous soutiendrons avant tout l’agriculture locale, car le volume est considérable : selon les périmètres retenus et le cercle le plus large, nous comptons 18 millions de repas par année. C’est cela que vous avez accepté, et nous sommes en train de le mettre en œuvre. Nous avons donc agi concrètement en faveur du soutien aux légumineuses et plus généralement aux protéines végétales. C’est une réalisation tangible à l’échelon cantonal.

Pour information complémentaire, et parce que cela me paraît utile à votre débat : dans le cadre de la Politique fédérale agricole 2030, notre Canton soutient, au sein du groupe d’accompagnement chargé d’élaborer cette politique agricole, une contribution à l’hectare pour les protéines végétales destinées à l’alimentation humaine. Ce soutien à l’hectare permettra précisément d’atténuer le désavantage dont souffrent ces productions par rapport aux autres protéines. Il s’agit probablement – et c’est aussi l’avis de plusieurs acteurs du secteur, dont l’Union suisse des paysans, qui soutient cette variante – de la solution la plus simple, plutôt que de rouvrir des conventions internationales dont la complexité est notoire et le succès incertain. Il s’agit d’agir ici, en Suisse, sur le terrain, avec une contribution à l’hectare. Le Canton soutient cette approche avec, me semble-t-il, quasiment tous les autres cantons producteurs.

Voilà où nous en sommes ; nous avançons. Établir un état des lieux aujourd’hui n’est pas une mauvaise idée, car les producteurs de protéines végétales bénéficient de peu de protection et ont donc simplement besoin d’un soutien supplémentaire. Je tiens également à souligner qu’il ne faut pas créer de clivages – et, surtout, il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Le soutien doit donc être ciblé et cohérent. La contribution à l’hectare reste la variante la plus simple pour soutenir cette production. C’est dans cet esprit que je procèderai volontiers à l’état des lieux demandé.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close. 

Le Grand Conseil prend le postulat en considération par 66 voix contre 59 et 6 abstentions. 

M. Loïc Bardet (PLR) —

Je demande un vote nominal.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

Cette demande est appuyée par au moins 20 membres. 

Celles et ceux qui prennent en considération le postulat votent oui ; celles et ceux qui le refusent votent non ; les abstentions sont possibles.

Au vote nominal, le Grand Conseil refuse la prise en considération du postulat par 69 voix contre 66.

*insérer vote nominal

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